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L’Assemblée nationale rejette la loi visant à lever la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures en Outre-mer

L’Assemblée nationale a rejeté, ce jeudi, la proposition de loi visant à lever en Outre-mer l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures, défendue par les députés de Guyane Jean-Victor Castor.

« Ce n’est pas un abandon des territoires d’Outre-mer, c’est une continuité des rapports coloniaux, d’une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon et pas bon pour nous », a déclaré le député Jean-Victor Castor à l’issue des débats sur ce texte, rejeté dès l’examen du premier amendement de suppression. 

La semaine dernière, la commission des affaires économiques avait déjà rejeté ce texte adopté au Sénat le 30 janvier dernier, contre l’avis du gouvernement. « J’appelle les Guyanais à la désobéissance civile » a aussi lancé le rapporteur Jean-Victor Castor. « On ne peut plus croire aucun gouvernement (…). Les Guyanais et les habitants d’Outre-mer n’ont pas à protéger la nature plus que vous ».

Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, cette proposition de loi « revient sur 10 ans de progrès environnementaux pour lesquels nous nous sommes collectivement battus ». L’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures en France date de 2017, et l’adoption de la loi Hulot.

Lire aussi : Hydrocarbures : élus et socio-professionnels guyanais unis avant le vote à l’Assemblée nationale

Des recherches d’hydrocarbures en Guyane avaient déjà eu lieu avant l’entrée en vigueur de la loi Hulot. Elles avaient été notamment menées par le groupe TotalEnergies, qui a exploré « cinq puits d’appréciation qui ont tous été négatifs », avait rappelé Patrick Pouyanné lors de l’assemblée générale du groupe en mai dernier.

Mais les récentes exploitations off-shore au Guyana et au Suriname -dont le bassin d’hydrocarbures serait séparé de celui de la Guyane- ont relancé le débat sur le département amazonien. Pour Jean-Victor Castor, « Total n’a jamais vraiment exploré le potentiel pétrolier de la Guyane ».

« L’unique forage réalisé en 2018 s’est appuyé sur des données sismiques de 2011, rachetées par l’entreprise, sans campagne d’exploration » a-t-il déclaré, critiquant des « forages avec des connaissances extrêmement limitées du sous-sols » et assurant aussi que TotalEnergies « n’était pas le titulaire principal du permis « Guyane maritime » » qui encadrait alors ces recherches.

« Un seul forage fondé sur des données anciennes ne permet en aucun cas de conclure à l’absence de ressources exploitables en Guyane », a-t-il ajouté.