Alors que l’Assemblée nationale doit s’exprimer jeudi sur une proposition de loi visant à lever l’interdiction d’exploration et de recherche d’hydrocarbures en Outre-mer, le dirigeant du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné s’est montré catégorique quant aux « chances de succès » de tels explorations déjà menées par le passé.
« Objectivement, je pense que les chances de succès sont extrêmement faibles et donc nous n'insistons pas sur ce dossier » a déclaré le PDG de TotalEnergies lors de l’Assemblée générale du groupe, le 29 mai dernier.
Avant la loi Hulot de 2017, le groupe français avait déjà mené des recherches, a rappelé le patron de Total. « Vous avez un bassin sédimentaire qui couvre le Guyana et le Suriname, à l'ouest, et qui est un tout. Et puis, vous avez un deuxième bassin qui est le bassin de la Guyane française. Ils sont totalement indépendants l'un de l'autre. Il n'y a pas de continuité » assure encore Patrick Pouyanné.
« Ce n'est pas parce qu'on a trouvé au Guyana-Suriname qu'on peut trouver en Guyane française » a-t-il ajouté. Le bassin qui concerne la Guyane est lié à celui du Brésil, « sur le bassin de l'embouchure du fleuve Amazone ». « Sur ce bassin, on a fait une découverte dans les années 2010-2011 ; un puit qui n'est pas extraordinaire, pour être honnête ».
Une découverte qui avait « encouragé » le groupe à entreprendre « cinq puits d’appréciation qui ont tous été négatifs ». « Ça n'aurait pas été en France, on se serait arrêté bien avant » a insisté Patrick Pouyanné. « On est même allé faire un puit d'exploration en se rapprochant de la frontière vers le Suriname » dont le résultat était « complètement négatif », a-t-il aussi rappelé. Ce puits fut par ailleurs le dernier exploré en France avant la loi Hulot de 2017, interdisant toute nouvelle exploration d’hydrocarbures.
Selon Patrick Pouyanné, le groupe attend tout de même « les informations » de son homologue brésilien Petrobras qui effectue des explorations côté Brésil. Mais le patron du groupe TotalEnergies se montre formel : « je suis désolé, il n'y a pas de complot contre la Guyane française de notre part. Je serais le plus heureux de pouvoir trouver et développer du pétrole en France, même s'il y a une loi qui nous interdit de le faire ».
« Quand il y a une prohibition, on veut croire qu’on nous interdit de chercher » estime encore le patron TotalEnergies qui assure que son groupe ne reprendrai pas de recherches d’hydrocarbures « parce qu'on en a dépensé beaucoup d'argent » sur les six derniers puits d’exploration qui valaient « 50 à 70 millions d'euros » chacun. « C'est beaucoup d'argent qu'on a investi en Guyane pour, malheureusement, ne pas confirmer la première découverte ».
Adoptée en première lecture au Sénat, malgré l’opposition du gouvernement, la proposition de loi qui vise à lever l’interdiction d’exploration et de recherche d’hydrocarbures en Outre-mer a été défendue par le sénateur de Guyane, Georges Patient. À l’Assemblée, elle est poussée par les députés, de Guyane également, Davy Rimane et Jean-Victor Castor (GDR) et a déjà reçu un vote de rejet en commission des affaires économiques.

