L’année 2025, proclamée Année de la Mer, a constitué une étape déterminante pour l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). L’Institut s’est fortement investi lors de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC3) et a pris part à la COP30 (Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques) au Brésil, réaffirmant ainsi son rôle d’acteur scientifique de référence au service de la protection de l’Océan. Le rapport annuel 2025 de l’Ifremer revient en détail sur cette mobilisation et présente le bilan des opérations conduites dans le cadre de l’UNOC3. Outremers 360 s’est penché sur les initiatives menées dans les territoires ultramarins.
Du 10 au 22 novembre, l’Ifremer était présent à la COP30 Climat au Brésil, représenté par François Houllier, président-directeur général, et Fabian Blanchard, délégué Outre-mer de Guyane. Cette séquence a offert à l’Institut l’opportunité de renforcer la portée du Congrès international One Ocean Science, co‑organisé en juin avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en amont de l’UNOC3. À cette occasion, un appel puissant a été adressé aux chefs d’État et de gouvernement : agir sans délai pour l’Océan, en s’appuyant sur les résultats de la recherche scientifique. En partenariat avec la collectivité territoriale de Guyane, l’Ifremer a également posé les premiers jalons d’un observatoire amazonien dédié à la pêche et à l’adaptation au changement climatique, ouvrant la voie à une structuration durable des connaissances et des politiques publiques dans cette région.
En Guadeloupe et en Martinique, des analyses menées par l’Ifremer et l’université des Antilles ont révélé deux familles de bactéries non pathogènes responsables d’un phénomène particulier, où les eaux des mangroves se colorent parfois en rose. Des échouements de sargasses combinés à une température et une salinité élevées des eaux pourraient favoriser le développement de ces micro-organismes.
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Du 21 au 29 août, l’Ifremer a conduit, en partenariat avec la fondation OceanX, la campagne MAYOTTE‑OX‑2025 au large de ce territoire, à bord du navire océanographique OceanXplorer. Quinze scientifiques issus de l’Hexagone et de Mayotte — Ifremer, Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Institut de Physique du Globe de Paris, Université de Mayotte, Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Mayotte — ont participé à cette mission. « Les données collectées permettront d’améliorer les connaissances sur la structure profonde du système volcanique de Mayotte et contribueront ainsi au bon dimensionnement de sa surveillance », souligne le rapport.

À la fin du mois d’août 2025, les partenaires du projet MaHeWa (Marine HeatWaves) se sont réunis pour la première fois au centre Ifremer Pacifique de Vairao, à Tahiti. Cette rencontre a permis de partager les avancées scientifiques sur les risques liés aux canicules marines dans le Pacifique et d’échanger avec les gestionnaires des milieux marins sur les solutions d’adaptation envisageables. Les canicules marines, épisodes de réchauffement extrême de l’océan, constituent une menace majeure pour les écosystèmes et les sociétés insulaires du Pacifique. Sous l’effet du dérèglement climatique, leur intensité et leur fréquence sont appelées à s’accentuer. Le projet MaHeWa vise à approfondir la compréhension de ces phénomènes dans les territoires français d’Outre‑mer du Pacifique, afin de mieux anticiper leurs impacts et d’accompagner l’élaboration de stratégies d’adaptation.
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Par ailleurs, « du 1er au 3 septembre 2025, l’Ifremer et le laboratoire Santé et services des écosystèmes polynésiens (Secopol) ont organisé à Tahiti la seconde édition du Tropical Rock Oyster International Workshop », ajoute l’Institut. Cet atelier international, consacré à l’ostréiculture tropicale, a rassemblé des représentants de la recherche, des administrations et des entreprises issus de plus de dix pays et territoires, avec pour objectif de consolider les coopérations internationales, de partager les connaissances les plus récentes et de soutenir l’émergence de pratiques durables au sein d’une filière en pleine structuration.
En collaboration avec le Service géologique de Nouvelle Calédonie et l’université de Bordeaux, des scientifiques de l’Ifremer et de l’Institut universitaire d’études marines (université de Brest) ont produit une cartographie haute-résolution des sédiments des lagons sud-ouest et sud-est de Nouvelle-Calédonie. Cet outil est indispensable à la caractérisation des habitats marins, à la compréhension du fonctionnement de ces écosystèmes et de leur évolution dans le temps. La recherche se base sur des données acquises durant plus de vingt ans lors de trois campagnes maritimes. « La combinaison de données acoustiques et sédimentaires a permis de décrire précisément la répartition et la nature des dépôts dans les lagons », précise l’Ifremer.

L’année 2025 marque aussi l’achèvement de la première phase du Plan d’action Outre‑mer (PAOM). Ce dispositif a permis de consolider la présence et la visibilité de l’Ifremer dans les territoires ultramarins, tout en renforçant les coopérations entre les implantations locales et hexagonales. Dans sa première étape, le PAOM s’est traduit par 43 projets communs, par le co‑encadrement d’étudiants et par l’émergence de réseaux thématiques à forte valeur ajoutée, parmi lesquels le groupe de travail sur l’halieutique en Outre‑mer, désormais intégré dans la convention avec la Direction générale des Affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture (DGAMPA).
« Le PAOM a également facilité la coopération avec l’Institut Cawthron en Nouvelle-Zélande, autour de l’aquaculture, des micro-algues et de l’environnement côtier. Le PAOM a aussi contribué à la mise en place du PEPR BRIDGES pour une gestion durable des ressources marines dans l’océan Indien occidental (2023-2034) », relève l’Ifremer. En 2025, BRIDGES, copiloté par le CNRS, l’Ifremer et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), a mis en place des projets ciblés ainsi que des instances de gouvernance. Des écoles interdisciplinaires ont été organisées, notamment à La Réunion et aux Comores, afin de stimuler le partage des compétences et des savoirs des différents acteurs.
PM
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