Martinique : France Travail dresse l'état des lieux des besoins en main-d'œuvre en 2026

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Martinique : France Travail dresse l'état des lieux des besoins en main-d'œuvre en 2026

Malgré un léger repli, les intentions d’embauche sur l’île restent 34 % supérieures à leur niveau de 2019. Si le secteur des services domine, les difficultés de recrutement poussent France Travail à intensifier la formation et l'immersion professionnelle. Précisions avec notre partenaire RCI Martinique.

 

Ce mercredi 6 mai, France Travail a publié son enquête annuelle sur les Besoins en Main-d'œuvre (BMO).

Avec 12 700 offres d’emploi prévues cette année, la Martinique affiche une solidité remarquable. Bien que le volume global marque un léger recul par rapport à 2025, la tendance de fond reste positive sur le long terme.

Une dynamique de recrutement solide

Charles Jaulin, directeur de France Travail Martinique, voit dans ces chiffres un indicateur de pilotage essentiel pour l'emploi local : « Cette enquête annuelle nous sert à la fois de baromètre et de boussole pour orienter nos interventions. Avec près de 13 000 perspectives de recrutement, nous disposons d'une base solide qui témoigne d'une vraie résilience. Si l'on observe une légère inflexion due au contexte de crise globale, la baisse est moins marquée ici que dans l'Hexagone. Nous retrouvons un dynamisme comparable à l'avant-COVID, avec des besoins croissants dans la santé et l'action sociale pour répondre au vieillissement de la population.»

Le défi des compétences et de l'attractivité

Le secteur des services reste le moteur principal de l'île, concentrant 65 % des besoins, notamment dans l'aide à la personne, la restauration et le tourisme.

Cependant, le paradoxe persiste : un recrutement sur deux est jugé complexe. Les employeurs pointent principalement deux obstacles : le manque de candidats (85 %) et l'inadéquation des profils (84 %).

Pour Sébastien Gintz, président du groupement touristique Iléa et directeur de l’hôtel Bakoua, l’enjeu repose sur la montée en gamme de la formation locale. Il souligne l’apport des cursus en alternance : « Des écoles comme Vatel, Skillfor ou l'EGC proposent désormais des bachelors et des masters en Martinique, fournissant des profils administratifs qualifiés. Aujourd'hui, notre effectif se compose de salariés fixes à l'année et d'une part importante de jeunes en alternance qui se passionnent pour le tourisme. C'est un secteur clé de notre PIB où l'humain reste irremplaçable ; la bonne nouvelle, c'est que l'intelligence artificielle ne pourra jamais substituer l'accueil et le service en hôtellerie-restauration.»

Par RCI Martinique