Tourisme en Polynésie : Fréquentation record de plus de 281 000 touristes, un marché hexagonal en forte croissance

À droite, Vaihere Lissant et Bud Gilroy, respectivement Directrice générale et président du CA de Tahiti Tourisme ©Grégoire Le Bacon / Tahiti Tourisme / Outremers360

Tourisme en Polynésie : Fréquentation record de plus de 281 000 touristes, un marché hexagonal en forte croissance

Bud Gilroy, président du Conseil d’administration, et Vaihere Lissant, directrice générale de Tahiti Tourisme, ont réuni mardi à Paris les partenaires de l’industrie touristique polynésienne et les professionnels hexagonaux du voyage, un rendez-vous biennal permettant de renforcer la visibilité de la destination qui a « le vent en poupe » sur le marché français. Car outre une fréquentation record de 281 227 touristes en 2025, le marché hexagonal affiche une hausse de 42% depuis 2019. 

Record en 2023, 2024 et désormais 2025. Avec un total de 281 227 touristes accueillis l’an passé, la destination « Tahiti et ses îles » a ainsi franchi le seuil symbolique d’un touriste par habitant. Cette hausse de 6,6% par rapport à 2024 s’observe sur tous les marchés émetteurs, sauf la Nouvelle-Zélande. 

Mais c’est le marché hexagonal qui affiche la hausse la plus importante sur ces dernières années : +42% entre 2019 et 2025, ou 60 400 passagers à 85 600. La France est donc devenue un pilier de la croissance touristique de la Polynésie française, même si les touristes nord-américains restent majoritaires. Réciproquement, la destination « a le vent en poupe » auprès des voyageurs de l’Hexagone, ont confirmé la quarantaine de tour-opérateurs et trentaines d’agences françaises présentes ce mardi.

Pour la destination, le touriste en provenance de France hexagonale est en cohérence avec la stratégie de tourisme durable et inclusif promue par les autorités locales, assurent les responsables de Tahiti Tourisme. En moyenne, un touriste français dépense 2 835 euros lors de son séjour sur place, hors billets d’avion. Il y reste 23 jours et apprécie la diversité des hébergements entre hôtels (27%), hébergements gratuits pour les touristes affinitaires (23%), meublés de tourisme (12%) et croisières (3%). Le voyageur hexagonal apprécie autant les paysages que la culture, l’histoire et les traditions. 

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Côté croisières, là encore, tous les indicateurs sont à la hausse. La destination s’appuie à la fois sur ses navires résidents, permanents ou saisonniers, et sur les visiteurs occasionnels s’inscrivant dans un parcours plus étendu. Sur les 97 marques de croisières dans le monde, 33 ont croisé les eaux polynésiennes ces 18 derniers mois, parmi lesquelles les quatre bateaux qui tournent à l’année en Polynésie (Paul Gauguin, Star Breeze, Aranui 5 et Panorama). 

En 2026, l’inventaire croisière est déjà en hausse de 30% par rapport à 2025, tandis que 2027 est aussi en hausse de 50%. La Polynésie va aussi accueillir plusieurs compagnies et navires qui resteront à l’année ou opèreront saisonnièrement : l’Evrima (Ritz Carlton, 298 passagers) de janvier à mars 2027, le Jacques Cartier (Ponant, 184 passagers) d’octobre 2026 à février 2027), le Silversea Whisper (382 passagers) d’octobre 2026 à avril 2027, le Windspirit (148 passagers) à partir de 2027 à l’année, l’Aranoa (198 passagers) à partir de 2027 et le Na Hiro e Pae (199 passagers).

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Particularité du tourisme de croisière en Polynésie : un positionnement « croisière de luxe » en premier lieu. Tahiti Tourisme privilégie en effet les petites et moyennes unités puisque 90% des navires qui sillonnent les eaux polynésiennes font moins de 500 passagers. La Polynésie privilégie aussi les croisières en « tête de ligne » : c’est-à-dire que les passagers embarquent au port de Papeete, entraînant ainsi l’ensemble de l’industrie touristique, du transport aérien à l’hébergement marchand avant l’embarquement. 

Enfin sur l’aérien, la Polynésie dispose de plus d’un million de sièges avec l’ensemble des compagnies qui la desservent, avec un taux de remplissage en moyenne de 80%.

Une fois tous les deux ans, Tahiti Tourisme réunit à Paris ses partenaires locaux (prestataires, hôteliers, compagnies aériennes) et hexagonaux (agences et tour-opérateurs) ©Outremers360

Pour 2026, Bud Gilroy et Vaihere Lissant sont prudents dans leurs projections -une prudence déjà observée ces dernières années- et tablent sur une croissance de 2 à 4%. Une prudence en raison notamment de la baisse de capacité hôtelière, puisque cinq hôtels ferment cette année pour rénovation, soit 487 clés en moins, pondérés par l'ouverture de trois hôtels (238 clés), soit une baisse nette de 162 clés. L'office pointe aussi le contexte mondial instable et la guerre qui vient d’éclater au Moyen-Orient. Si pour l'heure la Polynésie n'est pas impactée, sur le temps long, ce conflit aura des conséquences sur les prix -des billets d'avion notamment- et le comportement des voyageurs. 

Tahiti Tourisme mise donc sur « l’image de marque » d’une destination « stable, sécurisée, éloignée des conflits, refuge » pour attirer les voyageurs qui, en cas de conflit au Moyen-Orient, seront susceptibles d'éviter les destinations de la zone voire au-delà, comme les Maldives ou les Seychelles, qui nécessitent un passage par les hubs de Dubaï et Doha.

L’office va aussi consolider ses marchés primaires tout en renforçant sa diversification, aidée par l’ouverture en décembre de la ligne Papeete-Sydney, à raison de deux vols par semaine. Pour la première année d’exploitation, Tahiti Tourisme et Air Tahiti Nui prévoient entre 33 et 35 000 passagers australiens, contre 7 à 8 000 actuellement avec l’escale à Auckland. Cette vers Sydney permettra aussi une seconde entrée en Asie après Tokyo, mais plus au sud.

Autres objectifs de l’office : tabler encore sur la diversité des îles et de l’offre, lisser la saisonnalité et rester agile et continuer à promouvoir et mettre son œuvre sa stratégie de tourisme durable et inclusif. Pour ce faire, Tahiti Tourisme a élaboré, en lien avec les acteurs publics, privés et la société civile -l’acceptabilité sociétale est souvent mise en avant par l’office- son plan tourisme durable 2030.

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Ce plan, débuté en 2022 et appuyé par cinq études, a commencé sa mise en œuvre en 2025 et établit 110 actions réparties en quatre axes : management durable, durabilité socio-économique, durabilité culturelle et durabilité environnementale. Sur ce dernier, Tahiti Tourisme entend bien communiquer sur l’aire marine protégée Tainui Atea, conclusion de 30 ans de protection de la ZEE polynésienne par les différents gouvernement, argument de vente supplémentaire pour la destination.

Réparties sur cinq ans, 21% de ces 110 actions sont déjà réalisées, assurent les responsables de Tahiti Tourisme. Quant aux retours des visiteurs, Bud Gilroy et Vaihere Lissant se réjouissent : la destination affiche des records de notation auprès des études de marché, à la fois sur la beauté des paysages et la qualité de l’accueil. Deux « forces » solides sur lesquelles la destination s’appuie.