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Polynésie : Un sursis pour le gouvernement de Moetai Brotherson

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Polynésie : Un sursis pour le gouvernement de Moetai Brotherson
©Assemblée de la Polynésie française

Ce vendredi a marqué la fin du délai de dépôt d’une motion de renvoi contre le gouvernement de Moetai Brotherson. Aucun groupe d’opposition ne semble passer à l’action, ce qui veut dire que le collectif budgétaire rejeté par deux fois devrait être réputé adopté samedi soir. Mais en attendant le prochain épisode du combat politique, c’est un bras de fer juridique qui se prépare : le président de l’Assemblée Tony Géros va demander officiellement au Haut-commissaire de déférer la procédure devant le Conseil d’État. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Pas de dépôt et pas d’accord, du moins pour l’instant… Les cinq jours de délai entamés lundi matin, avec la notification aux élus de l’engagement de la responsabilité du gouvernement sur son « collectif 2 », arrivent à terme ce vendredi, et ne devraient pas se solder par une motion de renvoi. 

Plutôt que sur un accord politique pour renverser Moetai Brotherson, c’est sur des actions juridiques qu’ont porté les échanges entre les groupes d’opposition ces derniers jours. Plusieurs juristes, mais visiblement pas ceux du gouvernement, estiment que le délai de 10 jours, tel qu’interprété par le Conseil d’État dans une jurisprudence de 2006, n’a pas été respecté dans l’engagement de responsabilité du gouvernement. 

Le président de l’Assemblée territoriale, Tony Géros -également vice-président du parti indépendantiste Tavini Huiraatira-, qui évoquait déjà ce potentiel vice lundi, a confirmé à plusieurs médias qu’il allait demander au Haut-commissariat de déférer l’ensemble de la procédure devant le Conseil d’État. Si c’était le cas, et si l’exécutif tenait à défendre sa position, il faudrait attendre plusieurs mois avant de savoir si le collectif 2, qui doit être réputé adopté ce vendredi soir, n’est pas invalidé.

Lire aussi : Polynésie: Le Président Moetai Brotherson engage la responsabilité de son gouvernement pour faire passer le collectif budgétaire

Dans le même temps, les groupes d’opposition, indépendantistes comme autonomistes, ne semblent pas avoir écarté l’idée de renverser le gouvernement, sans qu’aucun accord n’ait pour l’instant été annoncé sur un nom de remplaçant à Moetai Brotherson et un modus operandi. 

Ces intrigues parlementaires semblent en lasser certains : comme l’a évoqué TNTV et confirmé Tahiti Infos, Tevahiarii Teraiarue a quitté le groupe Tavini huira’atira, qui ne compte plus que 21 membres dont Oscar Temaru, pour rejoindre A Fano Tià -soutient du gouvernement-, qui en compte désormais 16. D’autres rumeurs de basculement parcourent les couloirs de l’Assemblée territoriale.

Pour rappel, après avoir obtenu une majorité confortable de 37 élus à l’Assemblée lors des territoriales de mai 2023, le parti indépendantiste Tavini Huira’atira s’est lentement mais surement fissuré entre sa mouvance historique, incarnée par le président de l’Assemblée Tony Geros, et son aile plus « progressiste », menée par Moetai Brotherson. 

Au lendemain de l’échec indépendantiste aux municipales, une quinzaine d’élus indépendantistes, proches de Moetai Brotherson, se sont séparés du groupe pour en former un nouveau, privant ainsi l’Assemblée et le gouvernement d’une majorité. 

Radio 1 Tahiti