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Polynésie : Un pastis tahitien élu meilleur pastis du monde à Londres

Par ~3 min lecture
Polynésie : Un pastis tahitien élu meilleur pastis du monde à Londres
©Facebook Va'eva'e Tahitian Moonshiner / Olivier Duret

Élaboré par la distillerie Va’eva’e de Taha’a et produit à hauteur de seulement 1 500 bouteilles toutes vendues localement, le Tahitian Pastis a remporté le titre de meilleur pastis du monde lors des World Drinks Awards, organisés début juin à Londres. Une reconnaissance prestigieuse pour cette création 100 % polynésienne, née après 80 essais et élaborée à partir d’alcool de canne à sucre bio et de plantes soigneusement sélectionnées. Le producteur Olivier Duret, qui ne cache pas sa « fierté » face à ce prix inattendu, a aussi remporté en mai une médaille d’or internationale pour le gin Va’eva’e. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti. 

Coup dur pour les Marseillais. Lors des World Drinks Awards, concours international qui récompense chaque année les meilleures boissons du monde dans plusieurs catégories, qui se sont tenus le 2 juin au Waldorf Hilton à Londres, le titre du meilleur pastis du monde a été décerné à un pastis polynésien.

Son créateur, Olivier Duret, à la tête de la distillerie Va’eva’e, indique avoir fait « 80 essais différents » avant de pouvoir trouver le goût unique de Tahitian Pastis. « Nous, on produit uniquement pour vendre en Polynésie, on n’exporte pas. Mais ce n’est pas parce qu’on n’exporte pas qu’on fait des mauvais produits ici, et il faut parfois le faire savoir », explique Olivier Duret. « Et le faire savoir, ça peut passer par ce genre de concours », ajoute-t-il. « Aujourd’hui on est extrêmement fiers. »

Agriculteur de formation, Olivier Duret a fait le lien entre l’univers des spiritueux et la Polynésie lorsqu’il a rejoint, en 2010, le groupe Brapac avec pour mission de développer son activité d’embouteillage. Avant de se lancer dans le pastis, l’agriculteur s’est d’abord illustré dans l’univers du rhum en étant à l’origine de Mana’o. 

Il a ensuite poursuivi son exploration des spiritueux avec le gin, récompensé lui aussi par une médaille d’or en mai dernier par le même comité. Puis est venu le pastis, à la demande « des copains », précise-t-il. « On était une bande d’amis qui adorions jouer au poker. Puis on s’est rendu compte qu’on dépensait plus d’argent dans l’alcool que dans le jeu », raconte Olivier Duret.

« Ce ne sont pas des arômes qu’on mélange mais des plantes qu’on distille »

Quel est le secret pour que ce pastis ait dépassé les références du sud de la France ? Selon Olivier Duret, de nombreux pastis du marché reposent davantage sur des assemblages d’arômes que sur une redistillation de plantes entières. « Nous ce qu’on fait, c’est qu’on utilise notre alcool de canne à sucre bio, donc on est déjà sur une base de rhum », souligne Olivier Duret, qui précise y ajouter des plantes importées puisque « les plantes anisées ne poussent pas ici ». 

On y retrouve de la badiane ou l’anis étoilé, le fenouil, l’anis vert, « un peu de réglisse et un peu de cannelle », détaille encore le producteur. Olivier Duret s’approvisionne également en cannelle locale auprès d’un producteur de son entourage.

En parallèle, des canneliers ont été plantés afin de sécuriser cet approvisionnement. Encore trop jeunes pour produire, ils devraient entrer en production dans les prochains mois et obtenir à terme la certification bio. Ces cinq aromates vont ensuite être redistillés avec le rhum. « Donc ce ne sont pas des arômes qu’on mélange mais des plantes qu’on distille et ça donne une richesse aromatique tout à fait différente », note le distillateur.

Le pastis est présenté sous une forme de boisson « très claire », explique encore l’agriculteur. « C’est le choix, on n’ajoute rien : pas de colorant et pas de conservateur. Tout est naturel. »

1 500 bouteilles de pastis par an

En termes de production, « globalement », la distillerie Va’eva’e, située sur l’île de Taha’a, tourne à 10 000 bouteilles par an, indique le producteur dont 1500 pour le pastis. « On espère aussi que ce concours nous aide à développer », précise-t-il encore, expliquant « continuer à planter de la canne à sucre parce qu’il nous faut de la matière première de base pour faire tout ça »« On a noué des partenariats avec des entreprises françaises principalement pour les graines avec des herboristes très pointus parce qu’il faut aussi des bonnes plantes pour faire des bons produits ».

Les amateurs de pastis -et de spiritueux en général- peuvent se rendre à la distillerie et sa petite boutique à Taha’a. Olivier Duret y organise régulièrement des visites afin de faire découvrir les coulisses de la production et son savoir-faire au quotidien. À Arue, il est également possible de déguster ses créations au bar Matavai, où elles figurent à la carte grâce à une collaboration nouée de longue date avec l’établissement.

Alexandra Perrini pour Radio 1 Tahiti