Un rapport de la Chambre territoriale des Comptes (CTC), publié lundi et portant sur les cinq dernières années, a critiqué la politique culturelle en Polynésie française et pointé les « défaillances » de gestion de ses sites classés à l'UNESCO.
Deux biens de cette collectivité ultramarine sont inscrits au patrimoine mondial : le marae (site sacré polynésien) Taputapuatea, sur l'île de Raiatea, depuis 2017 ; et l'ensemble de l'archipel des Marquises, inscrit depuis 2024 comme bien mixte, à la fois naturel et culturel.
La Chambre constate « l'absence de fonctionnement des instances de gestion technique et administrative » de ces biens, qui sont pourtant une fierté pour les Polynésiens et présentent un fort attrait pour le tourisme, principal secteur d'activité local.
Le marae Taputapuatea a été un carrefour religieux, intellectuel, culturel et politique de l'ensemble du triangle polynésien. Quelque 28 000 visiteurs s'y rendent chaque année. Pourtant, la Chambre constate que les panneaux sont vieillissants, et qu'aucune garantie n'est apportée sur la conformité historique des informations données par les guides.
Elle regrette que le plan 2017-2022 de gestion du site n'ait quasiment pas été mis en œuvre, ni évalué, ni renouvelé. Et que le comité de gestion ne se soit pas réuni entre 2019... et 2024.
Quant à l'archipel des Marquises, le rapport considère que la Direction de la Culture et du Patrimoine (DCP) est depuis l'inscription peu active, « faute de moyens dédiés et de subdivision dans l'archipel ». Le rapport fait état « d'un pilotage encore incomplet, d'une coordination insuffisante entre les acteurs institutionnels, de moyens humains limités et d'irrégularités juridiques ».
La CTC recommande donc de « définir et mettre en œuvre sans délai un plan d'actions pour les deux biens inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO ». Elle préconise de mettre fin à une « politique de guichet », constatant que la DCP « traite les demandes de subventions au fil de l'eau, dans la limite des crédits délégués (...) sans évaluation des incidences des soutiens financiers apportés ».
La Chambre recommande également à la Polynésie française de se doter dès 2027 d'un schéma directeur relatif à la politique culturelle et d'élaborer une programmation pluriannuelle en fonctionnement et en investissement.
Avec AFP

