Le Premier ministre vient d’annoncer les engagements officiels du gouvernement à la Nouvelle-Calédonie, attendus depuis ce mercredi par la mission transpartisane venue à Paris négocier des aides nouvelles pour l’archipel. Parmi celles-ci, Sébastien Lecornu annonce « entre 400 et 460 millions d'euros de soutien renforcé en loi de finances initiale, surtout sous forme de subventions ».
Présente à Paris depuis lundi, et conduite par le nouveau président du gouvernement collégial calédonien Milakulo Tukumuli, la mission transpartisane souhaite obtenir de l’État une aide pour boucler l’année 2026, une autre pour démarrer 2027 et un soutien sur l’ensemble de l’année prochaine, qui ne soit pas sous forme de prêt, l’archipel étant déjà endetté depuis la crise covid.
Dans son communiqué, le Premier ministre a aussi annoncé « 11 millions d'euros pour couvrir les besoins de fin d'année 2026 (inscrits au projet de loi de finances de gestion pour 2026, ndlr) » et « 50 millions d'euros pour démarrer l'année 2027, débloqués avec le vote de ce même texte ». « Un tableau de suivi sera publié. Il sera mis à jour régulièrement par l'État, pour toutes ces mesures et pour les chantiers de relance », ajoute le communiqué du chef du gouvernement.
La mission transpartisane a été reçue ce mercredi à Matignon, pendant près de 3 heures. Cette dernière attendait les engagements officiels du Premier ministre. Ce jeudi, elle est attendue au Ministère des Outre-mer pour une séance de travail avec Naïma Moutchou.
Sébastien Lecornu appelle aussi à « repérer les blocages déjà bien connus ». « Il faut identifier les ajustements institutionnels ou pratiques utiles au bon fonctionnement du territoire et à son développement économique. Certains ne peuvent plus attendre ». Le communiqué n’évoque toutefois pas de « contrat de responsabilité » entre la Nouvelle-Calédonie et l’État, demandé par la mission transpartisane. Ce contrat engagerai l’archipel à poursuivre ses réformes structurelles, moyennant le soutien de l’État.
Pour Sébastien Lecornu, « des avancées restent possibles dans le cadre de l'Accord de Nouméa ». « Toutes les difficultés du territoire ne peuvent pas attendre un nouvel accord global, sans date fixée », citant l’ouverture partielle du corps électoral en amont des élections provinciales comme un exemple d’« avancées possibles ».
Une « mission du Premier ministre » prochainement sur le territoire
« Quand un ajustement fait consensus, qu'il est connu depuis longtemps et utile aux institutions, il doit être mis en place sans attendre » a-t-il ajouté, annonçant une prochaine « mission du Premier ministre », accueillie par le Haut-commissaire de la République. « Il devra faire des propositions avec les acteurs du territoire ».
Sébastien Lecornu assure aussi que « le Gouvernement reste fidèle au pacte de refondation économique ». « Avec les acteurs calédoniens, il veut engager les réformes nécessaires dans les prochains mois. Notre responsabilité est claire : donner aux trois provinces, au congrès et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie les moyens d'agir ».
Le Premier ministre souhaite également « ne pas rester dans le statu-quo », « car le statu quo crée du désordre, à court terme, sur le plan social, économique et politique. La méthode du Gouvernement a permis d'avancer par des mesures concrètes. Ces mesures sont au service des Calédoniennes et des Calédoniens. Elles préservent aussi la stabilité du territoire ».

