L’absence d’environ 15 000 électeurs de la liste électorale spéciale provinciale de 2026 par rapport à celle de 2018 alimente l’idée selon laquelle il y aurait eu des radiations "excessives". Faux, répond le haut-commissariat dans un communiqué ce vendredi 15 mai, indiquant que cela est principalement le résultat de décès, et qu’il y a, aujourd’hui, plus de 16 000 électeurs supplémentaires sur la liste électorale spéciale provinciale. Explications avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
À la suite de l’annonce, jeudi 7 mai, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, de la tenue des élections le 28 juin, ainsi que de la volonté de l’État d’ouvrir la liste électorale spéciale provinciale (Lesp) aux natifs et aux conjoints de citoyens, l’Éveil océanien s’était inquiété, dans un communiqué publié le lendemain, de ce que le parti percevait comme "une anomalie particulièrement inquiétante" concernant la Lesp. "Nous avons constaté qu’environ 16 000 électeurs de 2018 ne figurent plus sur la liste de 2026", déclare l’EO, évoquant des radiations qui auraient "pu être excessives ou insuffisamment vérifiées".

Depuis, d’autres représentants s’en sont fait l’écho, à l’image d’Henri Juni, membre du bureau politique du FLNKS, lors du rassemblement organisé à l’initiative de la CCAT mercredi 13 mai, à la Vallée-du-Tir, à l’occasion des deux ans des émeutes. "Les 16 500 radiés, c’est plutôt dans les quatre communes de l’agglo, et ça englobe des Européens, des Océaniens, des Kanak… Et les premiers impactés, ce sont nos étudiants, les lycéens et les universitaires. Alors d’un côté, on nous demande de lâcher sur les natifs et les conjoints, mais on garde sous le coude les 16 500. Ça veut dire qu’il n’y a pas vraiment de sincérité."
11 824 décès, 24 812 nouveaux majeurs
Le haut-commissariat répond officiellement sur l’évolution de la Lesp entre 2018 et 2026, cette dernière ayant été arrêtée le 30 avril à l’issue de la révision annuelle, dans un communiqué ce vendredi 15 mai. Il en ressort que 181 151 électeurs y sont inscrits, soit 16 596 de plus qu’il y a huit ans (164 555). L’État analyse les flux, "les mouvements d’entrées et de sorties intervenus naturellement", et identifie deux choses.

D’une part, 15 094 électeurs présents sur la Lesp en 2018 ne le sont plus en 2026. Une large partie sont a priori décédés (11 846). Les 3 248 autres qui n’y sont plus, le sont soit en raison d’une "double inscription", d’une "incapacité électorale", ou encore de "décisions prises par les commissions administratives dans le cadre des procédures prévues par les textes applicables", explique le haut-commissariat.
D’autre part, 31 690 électeurs de la Lesp 2026 n’étaient pas enregistrés en 2018. Cela résulte de l’inscription d’office de 24 812 jeunes majeurs, ainsi que de celle, volontaire, de 6 878 personnes, selon les données fournies par le haussariat.

Par conséquent, il n’y a pas de "radiations inexpliquées", assure l’institution. "Les évolutions résultent de mouvements démographiques normaux."
Le haussariat précise par ailleurs qu’en plus de la révision annuelle menée en avril, une complémentaire va intervenir en juin, juste avant le scrutin.
Quelle procédure de révision ? Dans son communiqué, le haut-commissariat explique que les opérations de révision de la liste électorale spéciale sont menées par les maires, après délibération des commissions administratives spéciales. Ces dernières sont présidées par des magistrats et comptent, parmi leurs membres, des représentants des électeurs désignés sur proposition des partis politiques représentés au Congrès, du haut-commissaire et des observateurs indépendants désignés par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. La révision est conduite sous le contrôle du tribunal de première instance. Et tout électeur estimant avoir été radié à tort des listes électorales peut le saisir jusqu’au jour du scrutin. |
Par Les Nouvelles Calédoniennes





















