En Nouvelle-Calédonie, le gouvernement a fait un point d’étape, ce jeudi 23, sur le démantèlement des deux patrouilleurs de la Marine nationale, « La Glorieuse » et « La Moqueuse », en cours de déconstruction sur la cale de halage à Nouville. Focus avec le reportage de nos partenaires de CALEDONIA.
Désarmés respectivement en 2019 et 2022 après environ trente années de service, ces deux navires font l’objet, depuis le début de l’année, d’un chantier présenté comme inédit sur le territoire, tant par son ampleur que par sa technicité. Ce projet revêt également un enjeu environnemental important, les bâtiments contenant des matériaux polluants, tels que de l’amiante ou des peintures au plomb, nécessitant la mise en œuvre de protocoles stricts.
Grégoire Renaud, directeur du service de soutien de la flotte en Nouvelle-Calédonie, souligne la complexité de l’opération : « Le démantèlement des navires, c’est quelque chose qui n’est pas simple, au plan technique, il y a besoin de tout un tas de compétence, qui vont du curage, de la dépollution, du découpage, jusqu’à la valorisation des déchets. Il faut s’assurer que les compétences industrielles existent, et en nombre suffisant, pour affronter des chantiers d’une telle ampleur ».
Le chantier mobilise localement plus d’une dizaine d’entreprises, impliquées dans les différentes étapes du processus. Parmi elles, la société EMC. Sa responsable QHSE, Emma Hohl, précise : « En termes de quantité, cela représente environ 440 tonnes de ferraille qui va être revalorisé pour un export, dans à peu près un an, le temps que ça soit acheté et exporté ».
Au-delà de la déconstruction des deux patrouilleurs, ce chantier est envisagé comme un test grandeur nature. L’objectif affiché est de structurer, à terme, une filière locale de démantèlement naval. Cette perspective pourrait permettre de positionner le port autonome de Nouméa comme un hub régional dans ce domaine. Financé à hauteur de 160 millions de Fcfp (1,34 million d’euros) par la Marine nationale, le chantier devrait s’achever au cours de l’année 2026.





















