L’État, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie et l’Agence française de développement ont signé, ce vendredi 29 mai, la convention octroyant le prêt garanti d’un montant de 44 milliards de francs, qui vise à financer les comptes sociaux, retraites et Ruamm, les collectivités, ainsi qu’un soutien à Enercal. Précisions avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Prévu dans le cadre du pacte de refondation économique et sociale, l’octroi du nouveau prêt garanti par l’État de 44 milliards de francs (370 millions d’euros) a été acté par la signature, ce vendredi 29 mai, d’une convention entre Jacques Billant, haut-commissaire, Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’économie et du budget, et Thomas de Gubernatis, directeur de l’Agence française de développement en Nouvelle-Calédonie. L’exécutif avait approuvé cet emprunt lors de sa séance collégiale du 22 avril.
Le versement d’une première tranche de 10,7 milliards de francs est annoncé dans quelques jours, et une deuxième, du même montant, dans un mois. Cet engagement financier s’inscrit dans le cadre du cinquième pilier du pacte de refondation, relatif à un soutien aux finances publiques du pays.
Comptes sociaux et Enercal
Ce décaissement était très attendu par le gouvernement, souligne Christopher Gygès, en raison de la situation "très tendue" de la trésorerie de la Nouvelle-Calédonie. "Sans ce versement, il y avait un risque sur la capacité du territoire à s’acquitter des retraites au mois de juin", affirme le membre de l’exécutif. Cet appui financier vient compenser les pertes de recettes fiscales. Il sera accompagné d’une subvention de 7 milliards de francs. Cela sera-t-il suffisant pour tenir 2026 ? "C’est ce qu’on a calculé, donc on l’espère", glisse Christopher Gygès, qui table sur un sursaut économique au cours de l’année, alors que les recettes fiscales ont été moins élevées que ce qui était anticipé au premier trimestre.
La grande majorité du prêt et de la subvention (soit plus de 51 milliards de francs) va être fléchée vers les comptes sociaux, Ruamm et retraites, ainsi que les collectivités.
Enfin, une somme de 2 milliards de francs doit être affectée à Enercal. Mais avec une contrepartie, indique le représentant. "Nous avons pris un arrêté mercredi, en séance collégiale, qui prévoit que l’entreprise ait des pénalités en cas de coupure trop fréquente ou trop longue." Le texte introduit un indicateur de performance mesurant l’impact des coupures d’électricité sur les consommateurs et la qualité du service rendu aux usagers.
Trajectoire de désendettement et de retour à l’équilibre budgétaire
Le cinquième pilier, qui vise l’assainissement des comptes publics, comprend, outre ces versements, deux années blanches (en 2026 et 2027) concernant le remboursement du précédent PGE signé en 2025 (de 95,4 milliards de francs), ainsi qu’un nouvel emprunt de 45 milliards de francs (380 millions d’euros) sur la période 2027-2030.
Parallèlement, le gouvernement et l’État planchent sur l’élaboration d’un contrat financier pluriannuel, dont une première mouture devrait être dévoilée en septembre. Son objectif ? Réduire le déficit et placer le pays sur "sur une trajectoire de retour à la croissance" en, notamment, transformant tout ou partie des prêts AFD contractés depuis la Covid en subventions afin de désendetter la Nouvelle-Calédonie, et en lançant "un certain nombre de réformes à la fois d’urgence et structurelles", indiquait, en février, Claire Durrieu, ancienne directrice de la mission.





















