ÉCOUTEZ OUTREMERS 360 RADIO

Outremers 360°
Toute l'actualité des Outre-mer à 360°
INTERVIEW. Nouvelle-Calédonie : « On ne fait pas les réformes pour avoir le soutien de l'État, on les fait pour qu'on n’ait plus besoin de son soutien » assume Milakulo Tukumuli
©Outremers360

Le nouveau président du gouvernement collégial calédonien, Milakulo Tukumuli, prend part cette semaine à la mission transpartisane de l’archipel à Paris, avec huit autres élu(e)s et membres de l’exécutif local. En amont de ces entretiens à la fois avec le gouvernement français et le Parlement, Milakulo Tukumuli a répondu aux questions d’Outremers360. L’objectif pour le chef de l’exécutif calédonien : « engager une trajectoire vers la confiance et vers la prospérité pour la Nouvelle-Calédonie ».

Outremers360 : Vous entamez ce mardi une mission transpartisane et une série d’entretiens avec l’exécutif Lecornu et le Parlement. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? Êtes-vous confiant ?

Milakulo Tukumuli : Confiant, je ne sais pas, mais on n'a pas d'autre choix. Les élections provinciales ont eu lieu de manière, je dirais attendu, mais aussi précipitée. On savait qu'il fallait des élections : on sort d’un mandat de sept ans, c'est atypique. (….) On a convoqué les élections provinciales, très peu de temps après les municipales.

Les résultats sont ceux qu'on connaît. Ça permet l'installation des nouvelles institutions de la Nouvelle-Calédonie, à la suite de laquelle je prends la tête du gouvernement. Et ce n'est pas une surprise de dire que (…) la situation budgétaire et financière dans laquelle le pays se trouve, traversé par plusieurs crises -celle du covid et les émeutes de mai 2024-, est totalement catastrophique.

C'est la raison pour laquelle, avant même la prise de fonction, on avait déjà commencé à monter une délégation dite transpartisane pour venir à la rencontre des institutions de la République, gouvernement essentiellement -même si on comprend qu'on est sur la fin d'un quinquennat- pour montrer les nouveaux visages de la représentation du pays et puis regarder dans quel cadre on arrive à engager une trajectoire vers la confiance et vers la prospérité pour la Nouvelle-Calédonie. C'est ce que j'ai dit dans ma déclaration de politique générale.

Lire aussi : Retraites, Ruamm, budget : le gouvernement Tukumuli se donne six mois pour agir

Ces élections provinciales, elles ont permis de clarifier politiquement les choses ou est-ce qu’on reste, selon vous, sur un rapport de force qui est très clivé ?

Je ne sais pas si ça a clarifié. Ce qui est sûr, c'est que ça a donné la légitimité aux uns et aux autres après un septennat. Quant à la clarification, c'est la clarification du paysage politique qui est quasiment dans les grandes forces, les mêmes qu'avant les élections. Donc, on a deux gros blocs, indépendantistes et non-indépendantistes, et l’Éveil océanien qui est le seul parti au centre dans l'échiquier politique.

Et qui joue le rôle de charnière…

Oui, sans qui il n'existe aucune majorité dans les institutions calédoniennes.

L’alliance que vous avez conclu avec Les Loyalistes, vous espérez qu’elle dure pour les cinq prochaines années ?

Je n'ai pas de boule de cristal, mais la volonté politique, c'était d'abord de stabiliser les institutions de la Nouvelle-Calédonie. On a vu quand même pendant les sept dernières années, trois exécutifs : le XVIᵉ gouvernement de Thierry Santa, le XVIIᵉ avec Louis Mapou et le XVIIIᵉ avec Alcide Ponga. Il faut une stabilité, le pays en a besoin. Il en a besoin pour permettre à la Nouvelle-Calédonie de faire les réformes qu'elle n'a pas pu entreprendre depuis longtemps.

Le fait que le FLNKS ne soit pas là pour cette mission transpartisane, c'est pour vous déjà un souci de légitimité ?

C'est surprenant parce que c'est une délégation transpartisane qui a été évoquée au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Il n'y a pas eu de contre-indication ni d'opposition, forte ou minime, quant à la volonté de créer cette délégation. Même l'Union Calédonienne était plutôt favorable à venir à Paris.

Après, il y a l'Union Calédonienne, et il y a le FLNKS. Je crois que les difficultés sont apparues au niveau du Front pour participer à la délégation transpartisane. Moi, je n'ai pas très bien compris. Dès lors qu'il y a plusieurs raisons, je crois qu'ils ont essayé de trouver les moyens de ne pas venir, ce qui est dommage.

Ils parlent d'un accord politique avec l'État français, absolument pas. Le gouvernement ne fait pas de politique sur l'avenir institutionnel. Son seul sujet, c'est le redressement de la Nouvelle-Calédonie. Rien que ça. C'est dans ce cadre-là que nous, on va opérer cette semaine. D'ailleurs, c'est le sens du calendrier qui a qui a été engagé en ce sens.

Donc avec ou sans eux, les choses doivent avancer…

J'aurais préféré que ce soit avec eux, mais chacun a sa souveraineté. Je respecte ça.

Parmi les sujets qui seront évoqués cette semaine à Paris, avec le Sénat, avec l'Assemblée nationale, Bercy, le Premier ministre et la ministre des Outre-mer, il y a ce contrat de désendettement et de développement prévu par l'accord Bougival-Élysée-Oudinot que vous souhaitez mettre en œuvre. C'est un des objectifs de cette visite ?

C'est un des objectifs de cette visite. La Nouvelle-Calédonie est dans une impasse financière, mais pas depuis hier. Il y a les effets des émeutes de mai 2024, mais on sait qu'on était déjà sur une pente glissante bien avant les émeutes pour plein de raisons.

Donc, ce que nous venons chercher, c'est ce qu'on a appelé dans la déclaration de politique générale, c’est un contrat de responsabilité à la fois des élus de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi du gouvernement de la République.  

Il s’agira de permettre à la Nouvelle-Calédonie, sur un calendrier qui reste à déterminer pendant cette semaine de négociations et des moyens mis à la fois par la Nouvelle-Calédonie et par le gouvernement de la République française, de retrouver une trajectoire vertueuse.

Concrètement, ce contrat, il contiendrait, par exemple, les 12 à 13 milliards de Fcfp pour boucler 2026 et 60 milliards pour sécuriser 2027 ?

Je ne vais pas avancer avant l'heure ce qu'il y aura dans le contrat. Les besoins de la Nouvelle-Calédonie sont exprimés, et ils sont simples. On a un PGE qui court en 2026, dans lequel il reste un tirage intermédiaire de 115 millions d'euros, auquel on ajoute une subvention de 60 millions d'euros qui a été discutée et négociée dans le cadre de l’accord Élysée-Oudinot au mois de janvier. Ce quatrième tirage-là, c'est un des éléments qu'on vient chercher pour finir l'année 2026. 

Deuxième élément, c'est qu'on a besoin d'une petite rallonge à la fois pour finir 2026 et débuter 2027. Troisièmement, on a besoin de l'aide de l'État pour le budget de la Nouvelle-Calédonie pour l'année 2027.

Le quatrième élément, c'est éventuellement l'histoire de la dette parce qu'aujourd'hui, on emprunte pour rembourser les prêts déjà engagés par le passé. On voit bien que la trajectoire financière, elle n'est pas tenable et ce sera le quatrième point de discussion avec le gouvernement, dont un contrat de responsabilité qui reste à bâtir : quels sont les efforts apportés par la Nouvelle-Calédonie ? Quels sont les efforts consentis par le gouvernement national ? On souhaite un contrat intelligent, donnant-donnant, qui permette au pays de retrouver la trajectoire vertueuse, c'est tout. 

Il y a le sujet nickel aussi, forcément, parce que les usines n'ont pas de repreneur à l'heure où on se parle, que ce soit Prony Resources ou la SLN. Les deux sont en recherche de repreneurs. Quant à l’usine KNS qui a fermé, il y a des offres qui arrivent sur la table pour sa reprise. Si l’usine rouvre, c'est de nouveaux salariés, c'est bien pour les régimes, pour les cotisations. Donc ça aussi, ça va être un enjeu. Si le nickel reprend, la Nouvelle-Calédonie ne va pas du jour au lendemain voler, mais ça l'empêchera certainement de couler. Ça, ce serait un sujet parce que c'est l'État qui pourvoit en attendant.

On a parlé de votre discours de politique générale et vous avez annoncé dans ce discours votre volonté d'avancer sur les réformes des retraites et du Ruamm. Déjà, est-ce que vous avez des pistes sur ces réformes ?

Ce sont deux réformes essentielles, majeures, mais elles ne sont pas les seules. On va faire des réformes aussi au niveau de la fiscalité. Mais pour donner un exemple, pour l'enveloppe 2027, on a besoin de 60 milliards, c'est-à-dire 500 millions d'euros. La moitié sert à couvrir le déficit structurel sur les retraites. On est à hauteur de 15 milliards et on est à peu près à 20 milliards sur le Ruamm.

On voit bien que c'est là que se trouvent les deux hémorragies financières calédoniennes. C'est là où il faut juguler rapidement. C'est la raison pour laquelle j’ai dit dans ma déclaration qu'il faudra réformer ces régimes avant le 31 décembre 2026.

Mais ce ne sera pas que ça. Il y a d'autres réformes qui viendront par la suite. Plusieurs textes existent. Ils sont d'ailleurs sur le bureau du Congrès, à la fois sur les retraites et sur l'assurance maladie. À notre retour de Paris, on va mettre les partenaires sociaux autour de la table pour regarder comment on atterrit en fonction de toutes les propositions sur un texte. Et ensuite, ce sera proposé au Congrès, qui devra être adopté au plus tard le 31 décembre.

Ces réformes sont attendues aussi par Paris, elles conditionnent l’aide de l’État…

Oui, mais il faut bien l'entendre qu’on ne fait pas les réformes pour avoir le soutien de l'État. On fait les réformes pour qu'on n'ait plus besoin du soutien de l'État. C'est ça l'objectif. Donc, ce qu'on vient de demander à l'État, c'est de nous aider en attendant que ces réformes produisent leurs effets.

Vous avez évoqué les réformes des retraites et du Ruamm, de la fiscalité. Mais, c’est un sujet aussi évoqué dans votre déclaration de politique générale, des économies à faire au gouvernement…

Oui, des économies de la collectivité, mais aussi dans tous les satellites, c'est-à-dire les établissements publics. Il y a quand même une flopée où on peut, très rapidement, engager des réformes qui nous permettent de dégager des marges de manœuvre et des économies.

Ça permet de donner de l'exemplarité parce que je crois que le pouvoir politique, de manière générale, commence à avoir de moins en moins de crédits auprès de la population. Il y a un fossé entre la population et ses représentants. C'est un gage d'exemplarité de dire : Avant de demander des efforts aux Calédoniens, il faut que la collectivité, l'administration arrive à montrer patte blanche, faire des économies, mais aussi être transparente. Comment sont dépensés les fonds publics ? Ça permet de pouvoir engager le reste des réformes.

Sur les entreprises, il va falloir qu'on arrive à sauver ce qu'on peut sauver, parce que la crise a tué 900 entreprises calédoniennes. Et puis, il y a des entreprises qui, malgré les épisodes covid, malgré les émeutes, sont toujours en vie, mais sont entre la vie et la mort. Il faut leur apporter un soutien parce que si les entreprises continuent de mourir, ce sont des salariés qui perdent leur emploi et donc des cotisations de moins, donc des régimes qui vont être sous tension. Il y a un pacte de refondation qui a été arrêté par le Premier ministre, qui doit permettre de soulager tout ça.

Et puis, il y a la réforme sur la fiscalité calédonienne. Là aussi, c'est un gros morceau, c'est un gros volet. Il y a une mission qui est dépêchée en Nouvelle-Calédonie à partir de la semaine prochaine pour rendre les conclusions de leur rapport, qui permettront de donner une vision beaucoup plus claire de la fiscalité calédonienne et de regarder quelles sont nos marges de manœuvre en termes du traitement de niche, mais aussi en termes de recettes supplémentaires. Le gouvernement va s'appuyer aussi sur ce rapport pour engager une réforme sur la fiscalité.

Dans votre déclaration de politique générale, vous avez aussi évoqué la diversification de l’économie, et notamment le développement du tourisme.

On parle du tourisme, mais on voit bien que le sujet fondamental, c'est le transport. Parce que s'il n'y a pas de transport, il ne peut pas y avoir de développement touristique. Vous avez bien vu qu'on a un sujet avec Aircal depuis six mois maintenant (le déplacement de la compagnie domestique Air Calédonie de Magenta à La Tontouta suscite des blocages dans les Îles Loyauté, ndlr).

Lire aussi : Délégation transpartisane de Nouvelle-Calédonie : neuf élus en quête de milliards à Paris

Dès ma prise de fonction, j'ai décidé de me rendre à Lifou pour dire que c'était une priorité du gouvernement, mais surtout de proposer une porte de sortie à la crise qui est là depuis six mois. On voit bien qu'il faut que la Nouvelle-Calédonie puisse bâtir son propre schéma de mobilité et de continuité territoriale d'abord, sur lequel on doit bâtir un schéma de transport et de tourisme, forcément.

C'est à cette condition-là qu'on arrivera à relancer le développement économique sur le tourisme, mais aussi sur l'économie bleue et verte. On ne peut pas parler de développement si on n'arrive pas à atteindre les populations.

Après, il y a un sujet qu'on a évoqué, c'est la base navale, même si on ne le dit pas comme ça dans la déclaration de la politique générale, mais qui pourrait permettre de catalyser le développement économique dans la région, permettre à des bateaux, pas de grosse envergure qui sont traités en Australie, mais peut-être un peu plus petits qui seraient pris en charge en Nouvelle-Calédonie, sur le port autonome.

Il y a déjà des discussions qui existent entre la Nouvelle-Calédonie et l'Union européenne pour regarder comment on arrive à développer une base navale en Nouvelle-Calédonie. C'est un vrai sujet, qui permettra de donner des perspectives à notre jeunesse en termes de formation, de débouchés sur l'emploi (…).

Je reviens sur les blocages liés au déplacement des opérations d’Air Calédonie de Magenta vers La Tontouta. Effectivement vous avez pu échanger avec les collectifs coutumiers : est-ce qu’il y a des pistes de sortie de crise ?

Je suis parti avec deux propositions. La première, c'est qu'il fallait impérativement renouer le dialogue parce que depuis le transfert, (…) il n'y a plus eu de véritable contact entre le gouvernement et les trois collectifs dans les îles. Je les ai rencontrés pour dire qu'il fallait renouer le dialogue parce que le blocage menait forcément des actions violentes, et la violence menait forcément vers quelque chose qu'on ne veut plus dans notre pays. C'est le dialogue qui nous permettra de sortir de cette crise.

La deuxième proposition, c'est de dire : Sur quoi est-ce qu’on reprend le dialogue ? Comment on sort de là ? Parce que les exigences du collectif sont simples : c'est l’aérodrome de Magenta où il n'y a pas de réouverture des aérodromes. Mais la question, ce n'est pas juste Magenta ou La Tontouta. La question est beaucoup plus large que ça : C'est un schéma de mobilité.

Le problème de la mobilité, ce n'est pas un problème inhérent aux ressortissants des îles Loyauté. Ça concerne toute la Nouvelle Calédonie : de l'Île des Pins à Belep, du Grand Nord de la Nouvelle-Calédonie aux agglomérations littorales.

On voit bien qu'il y a un problème au niveau de la mobilité. Et ce n'est pas juste un problème de transport aérien, c'est un problème de transport de manière globale. Pour y répondre, il faut bâtir un schéma de mobilité. Ça se construit avec l'ensemble du pays, pas juste un schéma de mobilité où on traite que la question des Îles Loyauté, ce serait profondément injuste, mais surtout profondément incohérent.

La réponse à leur question se retrouvera dans le schéma de mobilité qui doit être adopté par le Congrès. C'est lui qui doit décider in fine comment les populations doivent circuler au sein de notre territoire. Et si le Congrès dit : C'est un retour à Magenta, ce sera un retour à Magenta. Et pas autrement, ce n'est pas une décision unilatérale du gouvernement, c'est une décision du pays et la décision appartient au Congrès.

Une autre question puisqu'on parle de tourisme et de mobilité, sur la compagnie internationale qui dans ce contexte compliqué pour l'archipel, a décidé de lier Nouméa à Paris par un vol direct via Bangkok. Une ouverture qui dépasse les attentes de sa direction. Deux nouveaux avions arrivent en décembre pour soutenir ce développement. Est-ce que le pays doit soutenir ces prises d'initiatives ? Je pose la question car la direction de la compagnie a été vivement critiquée ces dernières semaines…

Ce n'est pas un problème de fond, c'est un problème de forme qu'on a eu sur Aircalin. Cette compagnie aérienne est un outil, c’est une entreprise privée, mais l'actionnaire majoritaire, c'est l’ADANC (Agence pour la Desserte aérienne), un établissement de la Nouvelle-Calédonie. Donc, c'est la Nouvelle-Calédonie qui est actionnaire à 99,8% au travers de l’ADANC. Il est par conséquent utile et je crois nécessaire que, si la compagnie décide d'opérer des choix stratégiques, il y ait une décision, une validation, une approbation du pays, c'est-à-dire du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Et c'est ça qui n'a pas été fait.

Mais sur le fond, de dire s'il fallait aller à Paris ou pas, la question, économiquement, elle ne se pose absolument pas du tout. Donc, c'est une bonne stratégie. D'ailleurs, on le voit dans les résultats. Les résultats sont exceptionnels pour la compagnie. La difficulté maintenant c’est la prise en charge des réparations d'avion. C'est normal, ça se voit parce qu'il n'y a que deux avions long-courriers. Ça ne se verrait pas si la compagnie en avait cinq.

À la fin de cette année, la compagnie va recevoir un A350 qui est un avion long-courrier et qui permettra de faire ces destinations-là sans grande difficulté. Un deuxième arrivera en 2028. Donc, la stratégie est bonne sur le fond. Sur la forme, on a eu un loupé parce que le gouvernement n'est pas venu chercher l'aval du Congrès pour aller dans ce sens. C'est ce que je crois, pose problème et qui fait l'objet d'attaques politiciennes.

Une dernière question. Vous êtes neuf pendant cette mission transpartisane. Il y a à la fois des non-indépendantistes, des indépendantistes (l’UNI), et vous aussi, centriste, …

Emmanuel Tjibaou aussi !

Emmanuel Tjibaou en effet, en tant que député.

Mais il est aussi président de l’Union Calédonienne.

Est-ce que toutes les personnalités de cette mission transpartisane sont sur la même ligne ?

Pour dire qu'il faut sauver le pays ?

Oui, mais sur les moyens, sur comment est-ce qu'on fait pour sauver le pays : est-ce que vous êtes tous alignés ?

Je ne sais pas comment faire autrement. Après, c'est une question d'opportunité politique pour les uns et les autres, mais ça, c'est une souveraineté qui ne m'appartient pas. Tout le monde sait qu'on a besoin du soutien d'État pour nous sortir de là. Il y en a qui disent qu'on peut avoir le soutien d'autres, je n'ai pas de difficulté particulière d'ailleurs avec ça.

Après, sur la forme, chacun peut dire ce qu'il a envie de dire. Moi, j'ai parlé de la délégation transpartisane au gouvernement collégial. Tout le monde est d'accord sur le processus. Après, ce qui se passe dans les appareils politiques, c'est au-delà de ma compétence. Je regrette qu'on n'ait pas l'ensemble de la représentativité du pays qui soit venu à Paris. Je le regrette.