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Délégation transpartisane de Nouvelle-Calédonie : neuf élus en quête de milliards à Paris
©Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Ils sont neuf représentants du gouvernement, du Congrès et du Parlement à participer à la délégation transpartisane qui se rendra à Paris du 1er au 5 septembre. L’enjeu de ce déplacement est notamment de défendre, auprès de l’État, une aide financière substantielle pour 2027. Le FLNKS a annoncé, le mercredi 26 août, qu’il ne s’y joindrait pas. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

La mission transpartisane est annoncée depuis l’élection à la tête de l’exécutif de Milakulo Tukumuli, le 31 juillet, car la situation budgétaire et financière de la Nouvelle-Calédonie nécessite un important soutien financier de la part de l’État. À la fois pour terminer 2026, mais aussi pour tenir 2027. 

Alors pendant plusieurs jours, du 1er au 5 septembre, neuf représentants calédoniens du gouvernement, du Congrès et du Parlement national vont plaider la cause du pays à Paris : Milakulo Tukumuli, Christopher Gygès, Billy Forest, Virginie Ruffenach, Xavier Rossard, Sonia Backès, Nicolas Metzdorf, Georges Naturel et Emmanuel Tjibaou.

Le député de la seconde circonscription sera le seul représentant du FLNKS à en faire partie. En effet, le Front de libération a annoncé, le mercredi 26 août, qu’il n’y participerait pas. Le mouvement estime avoir été mis à l’écart des institutions et dénonce notamment une non-préparation de la mission. 

Alors pourquoi Emmanuel Tjibaou, président de l’Union calédonienne, sera du voyage ? En tant que parlementaire, expliquait, Christian Tein, le président du FLNKS, hier. « C’est tout à fait normal, il est député de la République. Et il est membre de la commission des finances à Paris. Il ira chercher des informations et aussi échanger sur le sujet. »

« Défendre la place dans le projet de loi de finances »

Cette mission, Milakulo Tukumuli en a parlé dans sa déclaration de politique générale, prononcée le 24 août dans l’hémicycle du boulevard Vauban, reconnaissant, « et encore plus depuis 2024 », « la solidarité nationale » dont a fait preuve l’État, venu en soutien « des entreprises, des emplois, des collectivités et des régimes sociaux », engageant « des moyens importants pour la reconstruction ». 

Sans cet appui, « la Nouvelle-Calédonie ne se serait pas relevée », c’est lui qui a permis « d’éviter l’effondrement », a affirmé l’élu. Mais cette aide, vu le contexte économique, reste insuffisante. Environ 12 à 13 milliards supplémentaires seraient nécessaires pour boucler l’année, en plus des 51 milliards de francs (44 milliards de prêt garanti AFD et 7 milliards de subventions) promis par Paris en 2026.

Les chiffres sont encore plus vertigineux concernant 2027. Les besoins sont évalués à au moins 60 milliards de francs, alors que le pacte de refondation en prévoit 44 milliards pour toute la période 2027-2030.

D’où l’importance de ce déplacement, a indiqué le leader de l’Éveil océanien, qui vise à « défendre, devant le gouvernement national et le Parlement, la place que doit prendre la Nouvelle-Calédonie dans le projet de loi de finances pour 2027 ». Le gouvernement souhaiterait également la transformation d’une partie de ces prêts, dont le remboursement va plomber les comptes à partir de 2028 - 2026 et 2027 étant censées être des « années blanches »" -, en subventions. Une demande qui n’est pas nouvelle et date des premiers emprunts contractés pendant la Covid.

Le gouvernement arrivera-t-il à réformer ?

Or, cela n’est pas sans contrepartie. Depuis un moment, l’État conditionne son aide à la réalisation de réformes, notamment celles des retraites et du Ruamm. Milakulo Tukumuli y est favorable, il l’indiquait lors de son élection et l’a rappelé dans son discours. « Il nous appartient désormais de transformer cet appui en capacité à réformer et à construire l’avenir. » Le président du gouvernement est ainsi prêt à signer un contrat avec « des montants connus, des engagements réciproques et un calendrier tenu. Car chaque franc engagé maintenant permettra d’éviter demain une dépense bien plus lourde. Et je le dirai à Paris : la Nouvelle-Calédonie fera ses réformes. »

L’enjeu est de taille, pour Milakulo Tukumuli, dont la précédente tentative de réforme du Ruamm avait échoué, en 2023. La question a été soulevée par Laurie Humuni, élue Kanaky NC au Congrès, lors de la conférence de presse du FLNKS, mercredi. « La vraie question, c’est de savoir si aujourd’hui, ceux qui ont prôné le statu quo durant la dernière mandature seront prêts à voter ces réformes. »

Le leader de l’Éveil océanien s’est donné une échéance : celle du budget 2027. Dans six mois. « Si le gouvernement se trouvait dans l’impossibilité de présenter au Congrès un budget responsable, alors j’en tirerais devant vous toutes les conséquences ». À charge désormais aux groupes politiques signataires du pacte de gouvernance, Les Loyalistes, Le Rassemblement et l’Éveil océanien, de se montrer capables de réformer le pays.

Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes