Aoa Polynesian Forests a inauguré vendredi un laboratoire de culture in vitro au conservatoire botanique de Papara, sur l’île de Tahiti. Ce laboratoire permettra de multiplier et réintroduire des espèces indigènes et endémiques dans les forêts, afin de lutter contre la prolifération des plantes envahissantes. Les premières cultures ont commencé en mai 2025, avec des résultats « encourageants » dans le développement de protocoles pour plusieurs espèces indigènes et ornementales. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
À l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité ce vendredi, Aoa Polynesian Forests inaugure le premier laboratoire de culture in vitro privé de Polynésie française, situé au conservatoire botanique de Papara, commune de la côte ouest de Tahiti.
Depuis sa création en 2022, Aoa a pour ambition de restaurer la flore polynésienne, notamment dans la vallée de Mo’aroa. « L’idée de nos missions, c’est vraiment la sensibilisation, l’éducation, la formation, avec également un volet recherche et innovation », explique Élodie Cinquin-Beigbeder, directrice scientifique au sein de l’entreprise.
Les équipes d’Aoa travaillent sur ce laboratoire depuis 2023, dans le but de conserver la richesse floristique des forêts polynésiennes. Elles ont souhaité « faire quelque chose pour la biodiversité terrestre », un milieu qui, selon la scientifique, est « peu protégé par rapport à l’environnement marin ». Le but est ainsi de préserver « la diversité génétique de la fleur polynésienne », souligne Élodie Cinquin-Beigbeder, mais surtout « de la conserver in vitro ».
fg« La culture in vitro, c’est la culture de morceaux de plantes sur un milieu gélosé, comme de l’agar-agar qu’on utilise en cuisine, dans un environnement contrôlé et dans un espace réduit », explique la directrice scientifique. « On va partir, suivant les espèces, d’une partie de la plante – un nœud, une feuille, une graine, une spore… – et on va la mettre en culture. » À la fin du processus, la plante sera donc « recréée » puis « multipliée en grand nombre dans un milieu nutritif contrôlé ».
Cette technique offre des avantages déterminants, tels que la production de plants sains, la multiplication rapide et indépendante des aléas climatiques et la conservation de la diversité génétique d’espèces rares ou difficiles à reproduire par les méthodes classiques, détaille-t-elle.
« Aider » les forêts en réintroduisant des espèces indigènes et endémiques
Cette reconstruction écologique devenait donc vitale, notamment en raison de la prolifération de plantes envahissantes dans les forêts. « Aujourd’hui, les vallées polynésiennes sont très abîmées. Les espèces exotiques envahissantes ont largement pris le dessus », alerte la scientifique, qui précise que, « même si on contrôle ces plantes envahissantes, les forêts n’ont pas la capacité de se régénérer entièrement ».
Pour contrer cet effet, Élodie Cinquin-Beigbeder explique qu’il faut « aider » les vallées en réintroduisant les espèces indigènes et endémiques. « Avec cet outil, on va pouvoir multiplier en grand nombre ces espèces pour venir les réintroduire dans les vallées afin qu’elles retrouvent l’équilibre qu’elles avaient au départ. »
Les premières mises en culture ont été lancées l’an dernier dans le laboratoire. « En mai 2025, on a commencé à initier les premières plantes, parce que là, on part vraiment de zéro », poursuit la scientifique. « Il faut compter une bonne année pour mettre au point les protocoles par espèce. »
En moins d’un an d’activité, le laboratoire a obtenu « des résultats encourageants » avec la mise au point de plusieurs protocoles d’espèces indigènes (arbre, arbuste, fougères) et l’accompagnement technique pour la multiplication d’espèces ornementales.
Alexandra Perrini pour Radio 1 Tahiti





















