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Avec le soutien de l’État et de la Banque des Territoires, la Polynésie prépare un nouveau schéma directeur du numérique
©Haut-commissariat de la République en Polynésie

Le Pays va se doter d’un nouveau schéma directeur du numérique, et il peut compter sur le soutien de l’État et de la Banque des Territoires. Une convention a été signée dans ce sens ce mardi au Haut-commissariat. Elle va permettre à la DGEN de commander « au plus vite », après un appel à candidatures, une étude qui doit poser les bases de cette future feuille de route. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Ça n’est pas la première fois que la Polynésie se lance dans un tel chantier : en 2017 avait été validé le Schéma directeur de l’aménagement numérique. Presqu’une décennie ont passé, un laps de temps « énorme » dans un secteur en telle ébullition comme le note Moetai Brotherson. 

« Tout a changé, les technologies, avec l’internet des objets, la 4G et la 5G, aujourd’hui les constellations de satellites basse orbite, les enjeux de sécurité ont évolué aussi, notamment du fait de l’IA, et son utilisation dans toutes les strates de notre société, que ce soit institutionnelles ou professionnelles. Tout ça nécessite une actualisation de ce schéma directeur », explique le président du Pays.

Certes la réglementation n’attend pas nécessairement une feuille de route pour avancer, et certaines réformes ont été actées – ou présentées sans succès – ces dernières années. « Mais il faut pouvoir articuler les choses intelligemment entre tous les acteurs », reprend le chef du gouvernement. « Si on fait ce schéma tout seuls dans notre coin ça ne fonctionnera pas ». La réactualisation qui passera donc par des discussions entre le public et le privé, au travers notamment du comité Smart Polynesia, lancé en 2018 et qui va être réactivé dès ce jeudi. 

Les représentants des entreprises, présents en nombre pour la signature, côté Medef et CPME, ont d’ailleurs montré leur motivation dans ce chantier et compte bien faire remonter leurs besoins, leurs intérêts et leurs ambitions. Du côté de la French Tech, on rappelle que les services numériques sont ceux qui sont les plus faciles à exporter, et un domaine dans lequel les Polynésiens peuvent « combattre à armes égales » avec les acteurs du monde entier. 

Olivier Kressmann, président du cluster Open, affilié au Medef, rappelle surtout que les interrogations du monde économique ont changé. « Plus personne ne se pose la question de savoir si demain elle aura besoin de numérique ou pas. Aujourd’hui on est dans les problématiques d’hébergement, de formation des collaborateurs pour maitriser les bons outils… Il faut être présent pour économiquement, technologiquement, au niveau des savoir-faire, accompagner les entreprises ».

« Beaucoup d’avancées » ces dernières années, mais un travail mené « trop souvent en silo »

L’État, de son côté, n’est pas seulement financeur, il est autour de la table avec ses recommandations, ses capacités d’accompagnement et ses propres priorités. « L’État est particulièrement soucieux des questions de cybersécurité », note le Haut-commissaire Alexandre Rochatte

Avant qu’un projet de Schéma directeur du numérique soit présenté à Tarahoi, il faudra tout de même de longs mois, avec un vote espéré courant 2027. Le directeur de la DGEN Raimana Lallemant-Moe ne veut pas perdre de temps, ni griller des étapes. La première d’entre elles, c’est de faire un bilan précis du schéma de 2017. 

Avancées réglementaires, couverture du très haut débit qui reste à parfaire, formation à intensifier… Raimana Lallemant-Moe parle de travaux qui ont « beaucoup avancé », mais « trop souvent en silo », sans suivi collectif ou de leadership. « C’est ça qu’on veut changer », dit-il. « Cette fois il s’agit d’aller tous dans la même direction ». Olivier Kressman, qui faisait déjà partie du premier comité Smart Polynesia, estime « qu’environ 60% » des objectifs du premier schéma ont été atteints.

Interrogé sur les projets de loi télécom qui ont été rejetés ou retirés de l’assemblée, le président du pays a au passage expliquer que le gouvernement reviendrait devant l’assemblée avec de nouvelles moutures intégrant les remarques des élus. Notamment sur la question des zonages qui sont créés par les textes et qui doivent servir, entre autres, à autoriser Starlink dans les zones blanches.  

« Le temps presse », a-t-il rappelé ce mardi le président du Pays, puisque les arrêtés qui tiennent encore Starlink à l’écart du marché ne tiennent qu’à fil : « la situation est délicate, pour ne pas dire inconfortable, et il faut que l’on puisse passer ces textes rapidement ».

Charlie René pour Radio 1 Tahiti