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Aérien : L’A350-900 « ouvre des possibilités d'expansion » pour Aircalin

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Aérien : L’A350-900 « ouvre des possibilités d'expansion » pour Aircalin
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Lancée en décembre 2024, la ligne Nouméa-Paris via Bangkok a augmenté de 12% la capacité passagers globale d’Aircalin. Il fallait donc bien, pour la compagnie internationale calédonienne, investir dans un outil à la hauteur de ses ambitions de développement : l’A350-900. Quelques mois avant l’entrée dans la flotte calédonienne du premier appareil, Outremers360 a pu s’entretenir avec Emmanuel Oswald, Directeur régional France-Europe-Amériques de la compagnie, présent aux Rencontres des Entrepreneurs de France (La REF), rendez-vous important du Medef.

Outremers360 : Vous êtes le Directeur régional d'Aircalin en France, en Europe et en Amérique. Une première question avant de parler de votre grande actualité : qu'est-ce qui vous a poussé à participer à cette grande messe du MEDEF qui marque la rentrée des entrepreneurs en France ?

Emmanuel Oswald : On est toujours très heureux d'accompagner le territoire calédonien dans ses efforts d'expansion, de développement économique. La REF, évidemment, est un événement central dans cette actualité économique. On est toujours très proche de nos partenaires calédoniens (le Medef NC, ndlr), parce qu'évidemment, Aircalin, de par son histoire, a un rôle majeur central dans le développement économique du territoire calédonien. C'est logique pour nous d'être présents, main dans la main avec eux.

Est-ce que vous avez des messages précis à faire passer ici à Paris ?

Effectivement, nous sommes dans une phase d'expansion. Ça ne fait qu'un peu plus d'un an et demi que nous desservons Paris-CDG, dans une histoire longue, déjà de 45 ans d'Aircalin. On affiche une ambition forte de dessert du territoire calédonien depuis la métropole et depuis l'Europe. On essaie vraiment d'être précurseur, d'être acteur en première ligne pour participer à ce développement économique qui est nécessaire pour la Nouvelle-Calédonie, qui a besoin d'attirer des talents, d'attirer des investisseurs. Nous étions à VivaTech au mois de juin dernier. C'est dans cette même logique, main dans la main avec les partenaires locaux.

On va parler justement de cette grande actualité. La compagnie va recevoir son premier A350-900 en décembre. C'est la suite logique de l'ouverture du Nouméa-Paris via Bangkok, qui a été aussi un tournant majeur pour la compagnie. Comment est-ce que ça se passe localement, la préparation de l’arrivée de cet avion ?

Ça se passe très bien. Pour l'instant, nous sommes dans les temps. Comme vous le savez, le week-end dernier, on a pu voir la magnifique livrée, parce que l’avion est sorti des ateliers d'Airbus à Toulouse. On n'attend plus maintenant que l'inspection des cabines, la pose des moteurs, les essais en vol et donc la sortie officielle de l'avion.

Lire aussi : Aérien : Baptisé « Malaoui », le premier A350-900 d’Aircalin est sorti des ateliers d’Airbus

On n'a pas encore la date précise, mais ce sera pour le mois de décembre, juste avant les fêtes. On attend ensuite une mise en ligne régulière entre Paris et Nouméa via Bangkok, à partir du printemps 2027. On vise le mois d'avril parce qu'il faut que les équipages s'entraînent sur l'avion : il y des qualifications à faire.

Après le vol inaugural entre Paris et Nouméa, on va d'abord opérer cet avion entre Nouméa et les territoires proches, australiens et néo-zélandais notamment. Et puis, au départ de Paris, ce sera certainement de manière régulière à partir du mois d'avril.

Et cet avion qui est donc plus grand que les actuels longs courriers de la compagnie, qu'est-ce qui va apporter à Aircalin ?

D'abord, de la capacité supplémentaire. Ce qui est fabuleux, c'est que le lancement du Paris-Nouméa via Bangkok a été un succès commercial fabuleux, au-delà même des espérances de notre direction.

Pour vous donner quelques chiffres, c'est 12% de capacités en plus en termes de passagers et c'est 15% en plus en termes de cargos. Il ne faut pas oublier que le cargo, le fret, a aussi un poids important pour nous et un intérêt commercial majeur entre l'Asie du Sud-Est, la métropole et la Nouvelle-Calédonie.

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L’autre apport, c’est la fiabilité opérationnelle, parce qu'on passe de deux gros porteurs à trois. Ça permet d'avoir une flexibilité plus grande. Si jamais on a un aléa mécanique quelque part, évidemment, on est beaucoup plus souple immédiatement.

Et puis enfin, évidemment, en termes de qualité de produits, l’A350-900 fait partie des meilleurs appareils produits de nos jours. C'est les nouvelles générations en termes de climatisation à bord, de silence moteur et puis bien sûr d'empreinte carbone, parce que ce sont des moteurs qui sont beaucoup plus efficaces, qui consomment moins. Donc c'est meilleur pour nous en termes d'opérations à tout point de vue et c'est aussi meilleur pour l'environnement et pour nos clients.

Vous avez annoncé une hausse de 12%, c'est au global de toutes les destinations d'Aircalin ?

C'est ça. La ligne entre Nouméa et Paris a un impact de 12% pour nous en termes de capacité passager et de 15% en termes de cargos. Et c'est vraiment au bénéfice de l'accompagnement au développement économique de l'archipel. Il y a un deuxième A350 qui est attendu en 2028. C'est vraiment une vision qui est claire pour nous d'accompagnement et, j'allais dire, vraiment un message très fort de confiance pour le territoire.

Les deux A330-900neo qui sont actuellement dans la flotte et qui sont quand même assez récents à l'échelle de l'aérien, restent dans la flotte ?

Absolument. Ils restent partie intégrante de la flotte. Ils vont continuer à opérer du long courrier. On dessert Singapour qui est une destination importante. On pense bien sûr à l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Il y a des options et ça nous ouvre aussi des possibilités d'expansion qu'on étudie pour les années à venir.

Pour l'instant, vous restez discret sur ces possibilités d’extension ?

On reste discret, parce que ce sont des choses qui sont en réflexion. Mais c'est clair que ça nous ouvre maintenant la possibilité, effectivement, de développements plus importants. Et ça, c'est super excitant. D'abord, évidemment, pour tous les employés d'Aircalin. Et puis, bien sûr, pour nos clients.

Pour vous donner un exemple, si je pense à nos clients calédoniens, la connexion avec l'Asie du Sud-Est est extraordinaire. Aujourd'hui, il y a effectivement un lien beaucoup plus facile avec cette région du monde qui est en plein développement. Et bien entendu, le lien avec la métropole qui est largement facilité.

On parle beaucoup de Paris, mais il y a aussi, effectivement, Bangkok. Est-ce que Bangkok, aujourd'hui, représente une destination forte pour la compagnie ?

Oui, c'est une destination forte. C'est extraordinaire à quel point, quand vous mettez en place une offre, parfois cette offre génère une demande. Et c'est vrai que le lien, l'intérêt, l'attraction de la Thaïlande pour les Calédoniens, est maintenant établi.

Mais au départ d'Europe, Bangkok et la Thaïlande, c'est une destination absolument majeure. C'est une destination de masse en termes de demandes et c'est une destination qui est aujourd'hui tout à fait mûre.

L'objectif avec Aircalin, c'est de faire notre place, modestement. Il y a beaucoup de concurrence sur cette ligne (Paris-Bangkok, ndlr), mais on a des ambitions, on a les talents, on a l'expérience pour faire notre place sur le marché métropolitain. Ça fait partie de mes objectifs pour faire exister la marque Aircalin, y compris sur le marché du Sud-Est asiatique, et de montrer qu'avec la qualité de nos produits à bord, on offre une expérience particulière et une marque calédonienne qui est tout à fait harmonieuse avec l'esprit de service de l'Asie du Sud-Est.

Il y a des passagers qui prennent Aircalin pour aller juste à Bangkok sans aller jusqu’à Nouméa ?

Absolument. C'est ce qu'on appelle la cinquième liberté. On vend en fait principalement deux marchés : le marché Asie du Sud-Est, la Thaïlande, et bien sûr, la Nouvelle-Calédonie, qui reste notre marché numéro un. Commercialement, c'est très intéressant parce qu'il y a une bonne complémentarité. Les hautes saisons ne sont pas forcément les mêmes entre les deux marchés. Les clients ne sont pas forcément les mêmes non plus, vu de métropole, bien sûr. Ça nous offre une diversité de clientèle toute l'année sur laquelle on peut compter.

Il y a des connexions aussi à Bangkok, parce que c'est aussi un grand hub, donc il faut aussi des partenaires sur place…

Oui. Historiquement, je vous disais qu'on a 45 ans d'existence et ça ne fait qu'un peu plus de 18 mois qu'on est à Paris. Comme vous pouvez l'imaginer, pendant des années, nous avons développé des partenariats avec de multiples acteurs aériens, y compris justement en Asie du Sud-Est, pour nous ouvrir les marchés et nourrir le réseau qui était essentiellement régional. Nous avons de multiples partenaires, y compris récemment, un partenariat annoncé avec Bangkok Airways au départ de Bangkok. On voit une demande vers le Vietnam, par exemple, via Bangkok. Il y a des choses très intéressantes qu'on doit continuer d'explorer et de consolider.

Une dernière question. Vous avez rejoint Aircalin il n'y a pas très longtemps…

Oui, presque quatre mois.

Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu votre parcours, et ce qui vous a amené à rejoindre la compagnie calédonienne ?

C'est quelque chose de très personnel d'abord parce qu'il se trouve que j'ai de la famille en Nouvelle-Calédonie. J'ai une grand-mère qui est enterrée là-bas. J'ai toujours vécu en métropole, mais j'ai découvert ce territoire alors que j'étais adolescent. J'ai toujours gardé un lien parce que j'ai des cousins là-bas qui sont moitié wallisien, moitié métropolitain. C'est un territoire qui m'a toujours énormément marqué culturellement, affectueusement. C'est vrai qu'à ce stade de ma carrière, c'était comme une évidence de pouvoir me rapprocher de cette aventure aussi qui est assez personnelle et familiale.

Quant à ma carrière, plus de 25 ans maintenant, j'ai passé huit ans dans une grande compagnie mexicaine (Aeromexico, ndlr). J'ai passé aussi presque une dizaine d'années dans une grande compagnie Moyenne-Orientale (Qatar Airways, ndlr) et j'avais débuté dans une compagnie américaine (American Airlines). J'ai été amené à beaucoup voyager, à travailler au Moyen-Orient, dans les pays du Golfe. J'ai été amené à travailler en Asie, en Asie du Sud-Est, justement. Ce sont des régions que je connais assez bien.

Rejoindre Aircalin c'est pour moi une boucle, à titre personnel, et la possibilité de (…) contribuer au développement de l'Océanie, de la Nouvelle-Calédonie et d'Aircalin.