Aérien : Air Calédonie entame une procédure collective devant le tribunal de commerce

Aérien : Air Calédonie entame une procédure collective devant le tribunal de commerce

Les 25 jours de blocage des aérodromes ont mis la compagnie aérienne à terre. Air Calédonie, dont « la situation financière n’est plus tenable », va déposer le bilan et doit élaborer un plan de redressement viable, indique l’opérateur dans un communiqué, à la suite du conseil d’administration qui s’est réuni ce vendredi 27 mars. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Depuis le 2 mars et le blocage des aérodromes des Loyauté et de l’île de Pins (pour lequel le collectif a voté la réouverture), pour protester contre le déménagement de l’activité d’Air Calédonie de Magenta à La Tontouta, aucun vol n’a été assuré, ce qui représente 25 jours d’arrêt de la desserte aérienne domestique. 

En raison de cette situation, explique l’opérateur dans un communiqué ce vendredi 27 mars, publié à l’issue de la tenue d’un conseil d’administration dans la matinée, « la situation financière de la compagnie n’est plus tenable ».

Dépôt de bilan

Les administrateurs ont pris la décision, à l’unanimité, d’entamer une procédure collective auprès du tribunal de commerce. Cela signifie, explique Victor Tutugoro, qui représente la province Nord, qu’Air Calédonie va « déposer le bilan », ce qui permet, dans un premier temps, de geler les dettes. La direction a ensuite « 45 jours pour proposer un plan de redressement », poursuit l’élu. 

Au terme de cette période, le tribunal « examine le document et juge s’il est crédible ou pas ». Deux solutions sont possibles : soit le plan n’est pas accepté par le tribunal, et dans ce cas le conseil d’administration « procède à la liquidation » d’Air Calédonie, soit il est considéré comme fiable et le plan entre en œuvre.

Cela ne pourra passer que par la réouverture des aérodromes, elle seule permettant au transporteur d’engranger des recettes. « Il faut rouvrir les aérodromes », insiste Victor Tutugoro. « Il faut retourner négocier. Des voix ont demandé ce matin que le président du gouvernement reprenne son bâton de pèlerin et aille voir les différents collectifs. Sans ressources, il n’y a rien. » 

La question d’un éventuel retour à Magenta a-t-elle été évoquée ? Oui, répond Victor Tutugoro, mais il est difficile de revenir sur ce déménagement. « Le budget de la Nouvelle-Calédonie a été voté en fonction de cette décision, il faudrait 500 millions voire un milliard de francs pour cela, mais où les trouver, sachant qu’on ne sait même pas si on va pouvoir payer le Ruamm ? »

Des ressources des actionnaires ?

La compagnie évoque également, dans le communiqué, de potentielles « ressources allouées par les actionnaires durant la période d’observation » qui l’aiderait à tenir et à passer cette période difficile. La moitié des salariés a été placée en chômage partiel il y a une dizaine de jours, afin de préserver la trésorerie. Mais aujourd’hui, Air Calédonie « n’a pas les moyens de payer le personnel fin avril », indique Victor Tutugoro. Des salariés qui avaient manifesté le 11 mars, par crainte de perdre leur emploi

La compagnie domestique assure que « la direction et l’ensemble des équipes sont mobilisés pour sauver une entreprise vitale pour le territoire et élaborer un plan de redressement viable ». Le personnel, qui a déjà subi un vaste plan social en 2024, a été informé de la procédure à venir cet après-midi. L’opérateur annonce qu’un « engagement et des efforts supplémentaires seront nécessaires, avec notamment la poursuite du chômage partiel tant que l’activité n’a pas repris ».

Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes