Le secteur de la pêche à Mayotte traverse une période charnière, marquée par la volonté des professionnels de structurer leur filière face à des blocages administratifs persistants. Réunis à la CCI avec le Secrétariat général pour les affaires régionales de Mayotte, les représentants du Syndicat maritime des pêcheurs professionnels mahorais (SMPPM) et de la CAPAM ont dressé un état des lieux des enjeux actuels. Précisions avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
Au cœur des échanges, l’avenir de la filière et sa structuration. Pour Abdoul Karim Said Nidhoime, président du SMPPM, cette réunion marque une étape importante malgré les difficultés. « Nous avons pu discuter des problèmes qui touchent la pêche à Mayotte à l'heure actuelle. Je pense qu'en se serrant les coudes, on pourra déplacer des montagnes », affirme-t-il, saluant également un rajeunissement progressif du secteur.
Parmi les dossiers prioritaires, l’accès aux zones de pêche lointaines, notamment le banc du Zélé, reste un point de blocage majeur. Les professionnels réclament des navires adaptés, mais se heurtent à des procédures administratives longues. « On nous renvoie souvent à des études pour obtenir des subventions qui sont pourtant disponibles depuis des années », déplore Abdelkarim, appelant à un allègement des démarches pour permettre aux pêcheurs d’investir rapidement.
La question de la formation constitue un autre levier identifié. La CAPAM souhaite accélérer la montée en compétences des jeunes et accompagner les pêcheurs expérimentés en difficulté administrative. « Les anciens demandent juste à aller pêcher et revenir », souligne Bakoko Alahadji, vice-président de la CAPAM, évoquant la mise en place de formations adaptées et la remontée de listes de candidats auprès des services de l’État. Sur le plan économique, le projet de dispositifs de concentration de poissons (DCP) apparaît comme une avancée concrète. Soutenu par un financement de la Fondation de France, il doit permettre de rentabiliser les sorties en mer. « Notre vocation est de garantir la pérennité de ces DCP », insiste Abdelkarim, qui évoque la construction d’une véritable économie bleue.
Enfin, la création du Comité des pêches, attendue d’ici 2027, cristallise les attentes. Si ce calendrier reste la référence, certains plaident pour une accélération. « Parler de 2027, c'est risqué », estime Abdelkarim, appelant à une mise en place dès 2026. Dans l’attente, les acteurs de la filière entendent poursuivre le travail engagé pour structurer un secteur encore fragilisé mais porteur de perspectives.
À l’issue de la réunion, la CAPAM a acté la mise en place d’un planning de visites sur les points de débarquement afin d’identifier les besoins en formation et de mobiliser les pêcheurs. Cette démarche vise à établir des listes nominatives et à adapter les parcours de formation aux réalités du terrain.
Par France-Mayotte Matin





















