Le Conseil de gestion du Parc naturel marin de Mayotte s’est réuni mercredi dernier pour dresser le bilan de l’année 2022 et évoquer les perspectives et actions à mener en 2023, parmi lesquelles le classement de la mangrove de Bouéni comme une zone humide d’importance internationale. Explications de notre partenaire France Mayotte Matin.
Chaque année, le conseil de gestion du Parc naturel marin établit un plan d’actions lui servant de feuille de route. Pour rappel, en 2022, le budget total du Parc était en augmentation par rapport à 2021 et s'élevait à 1,92 millions d’euros d'autorisations d'engagement hors masse salariale dont 480 000 euros en fonctionnement, 1 286 000 euros en intervention et 154 000 euros en investissement. L'équipe est aujourd'hui composée de 35 agents dont 15 emplois permanents dits sous plafond.
Qui plus est, le programme d'actions se compose de projets pluriannuels déjà engagés, ainsi que de nouveaux projets. Parmi eux et pour ne citer que lui : « faire de Mayotte un pôle d'excellence en matière de connaissance et de suivi des écosystèmes marins tropicaux et de la mangrove... ». Mercredi dernier en milieu de journée, le conseil du PNM s’est de nouveau réuni pour mettre en musique le plan 2023 mais aussi faire le bilan des actions conduites en 2022.
« Tout d’abord, je rappelle que le parc a été créé en 2020 et la nouvelle gouvernance a été mise en place en octobre 2021. Celle-ci a poursuivi les actions menées depuis un certain nombre d’années pour aboutir aux objectifs qui ont été fixés. Parmi eux, faire de Mayotte un centre d’excellence de science et de suivi du milieu marin. Il s’agit notamment d’obtenir une bonne qualité de l'eau dans le lagon, notamment par une gestion appropriée des mangroves et en participant à la mobilisation des acteurs pour atteindre les objectifs du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux du bassin de Mayotte. Cela est passé l’année dernière par la pose de filets dans les collectivités pour stopper les rejets déversés en mer. Nous avons aussi engagé des actions de recherches pour identifier des modèles de courantologie tout comme la pose de DCP (Ndlr : dispositifs de concentration de poissons) en dehors du lagon pour permettre aux pêcheurs d’accéder à une ressource beaucoup plus abondante. Nous avons aussi poursuivi les opérations pour la découverte du lagon en accompagnant le tourisme, la plaisance et un public scolaire en créant des rendez-vous annuels de type les « premières bulles » » indique Abdou Dahalani le président du Parc marin qui n’oublie pas de citer les actions de protection des biodiversités dans le programme.

En 2023, le parc accompagnera le lancement des résidences artistiques dédiées aux arts de la mer. Mais la priorité du parc reste encore et toujours la protection du lagon et de la mer en général. Faire connaître les langoustes fera aussi partie du programme 2023 tout en maintenant les actions culturelles et patrimoniales comme la course de pirogues. « Nous avons constaté qu’il existe une forte pression exercée sur les mangroves et nous avons besoin de renforcer la surveillance. Pour ce faire, nous demandons l’inscription des mangroves de Mayotte au code forestier pour permettre des interventions de l’ONF. Nous souhaitons encore inscrire la mangrove de Bouéni comme une zone humide d’importance internationale » poursuit Abdou Dahalani. Le PNM a donc établi sa feuille de route 2023 et s’inscrit dans la continuité de ce qui a déjà été produit ces dernières années...
Samuel Boscher pour France Mayotte Matin

