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La Réunion : Quatre membres d’une filière djihadiste condamnés à des peines de 19 à 20 ans de réclusion criminelle
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Quatre hommes accusés d'avoir appartenu à une filière djihadiste depuis La Réunion vers la Syrie, entre 2014 et 2019, ont été condamnés mardi à des peines allant de 19 à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris.

Les quatre hommes âgés de 30 à 41 ans sont nés à Madagascar ou à Mayotte avant de se radicaliser à La Réunion où ils ont suivi des cours faisant la promotion du « djihad armé » et un entraînement physique, jusqu'à leur départ pour la Syrie en 2014, selon la cour.

Ils étaient jugés pour avoir fait partie de plusieurs groupes djihadistes, notamment l'État Islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, filiale d'al-Qaïda jusqu'en 2016 et dissous début 2017.

Anthony de Monjoie Maurice, 40 ans, l'unique accusé à avoir comparu dans le box - les trois autres étant présumés morts, selon la cour - a été condamné à 19 ans de réclusion criminelle, assorti d'un suivi socio-judiciaire pendant six ans (avec une peine de cinq ans en cas de non-respect de la peine), dix ans d'inéligibilité et une inscription sur le fichier des auteurs d'infraction à caractère terroriste (FIJAIT). 

Il était accusé d'avoir posé des explosifs afin d'empêcher l'avancée des troupes kurdes des Forces démocratiques syriennes, qui combattaient l'EI dans le nord-est syrien et d'avoir effectué des « surveillances » pour le compte du Jabhat Al-Nosra entre 2014 et 2016.

Les trois autres accusés ont été condamnés en leur absence, à 20 ans de réclusion criminelle et une inscription au FIJAIT. Un mandat d'arrêt a été émis à leur encontre. 

Le verdict correspond aux réquisitions de l'avocat général - à l'exception de la durée du suivi socio-judiciaire pour laquelle il avait requis une durée de huit ans - qui a justifié les 19 ans de réclusion criminelle, par le fait que le seul accusé présent « n'avait pas évolué et niait les évidences »

Me Kheira Flissi, l'avocate d'Anthony de Monjoie Maurice, a, elle, estimé qu'une peine de 13 à 14 ans serait plus adaptée. Ce dernier dispose de dix jours pour faire appel. 

Démantelée en 2015, cette filière était la première de ce type découverte par les services spécialisés dans un département d'outre-mer.

Avec AFP