Le nombre de contrats PEC dont bénéficiera La Réunion va drastiquement diminuer. En 2026 l'île pourra en compter 4000 contre 10 000 l'année dernière. L'annonce a été faite ce mardi 5 mai en Préfecture à l'occasion de la journée des maires. Certains élus annoncent déjà une mobilisation le 20 mai. Précisions avec notre partenaire Linfo.re.
Pour les maires c’est un choc à l'issue de cette journée d'accueil à la Préfecture. Une réunion d’urgence est organisée dans l’après-midi. "C'est une catastrophe pour notre territoire. Aujourd'hui c'est vraiment la scolarité de nos enfants qui est mise en danger. Pour moi c'est un coup de poignard", réagit Céline Sitouze, maire de Sainte-Marie.
"C'est une annonce absolument dramatique et irresponsable. On voit que la suppression des contrats PEC va avoir un impact sur la qualité du service public de façon générale", ajoute Alexis Chaussalet, maire du Tampon.
Dans le détail, les communes bénéficieront d'une enveloppe de 800 contrats PEC. Cette année, ils seront plus courts, de 6 mois et moins financés par l'État, à hauteur de 40%. Les élus dénoncent une décision sans concertation. Alors que les budgets viennent d’être votés. "Derrière ces contrats il y a l'éducation, l'emploi, surtout, de femmes. Des femmes en situation de monoparentalité, quelquefois elles ont 50 ans et plus. Elles trouvent une raison de se lever le matin, d'aller travailler, d'avoir une fonction. Elles sont fières d'elles-mêmes, leurs enfants également. On est en train de détruire cela", déclare Erika Bareigts, maire de Saint-Denis.
Une colère qui revient chaque année. En 2025 déjà, les maires s’étaient mobilisés. Aujourd’hui, ils appellent à une nouvelle mobilisation. "Il est nécessaire de ne pas accepter cette tentative qui avait déjà été opérée l'année dernière. Quand on avait réagi, le gouvernement, par la voie de Monsieur Valls, nous avait entendus", indique Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph.
La Région Réunion évoque un scénario catastrophe : "La communication de ces chiffres est l'illustration éclatante du décalage entre les décisions budgétaires prises par le gouvernement et la réalité sociale. C'est bien une catastrophe sociale, économique et environnementale qui se dessine pour La Réunion".
Le président du département s’exprime par la voix de son mouvement politique Nouvel'R pour dénoncer cette nouvelle.
Quant à la préfecture, elle justifie cet écart de contrats aidés par une priorisation de certains secteurs. "La priorité est donnée au secteur associatif, acteur essentiel de la cohésion sociale dans les quartiers et au plus près des habitants. La priorisation des publics les plus éloignés de l'emploi est renforcée : les travailleurs handicapés, les demandeurs d'emploi de très longue durée sans qualification". Sur le financement des contrats PEC, le Préfet Patrice Latron souligne que « d’autres leviers d’insertion restent pleinement mobilisables, notamment l’insertion par l’activité économique et les clauses sociales de la commande publique. Ces dispositifs constituent des outils essentiels pour accompagner vers l’emploi les publics les plus fragiles. Chaque année, plus de 5 600 personnes sont ainsi suivies au sein des structures d’insertion par l’activité économique, avec un taux de sortie positive proche de 60 %, contre 21 % pour les PEC.»
Les maires appellent à une mobilisation le 20 mai prochain. L'objectif est de maintenir ces emplois essentiels au quotidien des services publics.
Avec Linfo.re





















