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Biodiversité : Le Parc National de La Réunion rappelle les méfaits du braconnage de palmistes à l’approche des fêtes

©Alexis Hoareau – Parc national de La Réunion

Le palmiste rouge, espèce endémique des îles Mascareignes considéré en danger critique de conservation, fait l’objet de braconnages sur l’île de La Réunion. Facteur de raréfaction d’une espèce protégée, le Parc National de La Réunion rappelle la nécessité de la lutte contre le braconnage, mais aussi, pour le public, l’importance de se tourner vers les agriculteurs locaux respectueux de la législation.

Le chou de palmiste, ingrédient incontournable et particulièrement apprécié des Réunionnais, notamment en période de fête et des repas qui l’accompagnent, est issu de la culture du palmiste rouge, une espèce unique au monde présente sur le territoire. La filière agricole, encadrée par une législation permettant sa conservation, existe, mais se voit parfois contournée par des braconniers.

Dans un communiqué de presse, le Parc National de La Réunion a souhaité rappeler l’importance fondamentale de la protection de la filière, de l’espèce endémique, et de la lutte contre le braconnage. Nous vous publions ci-dessous le communiqué ci-dessous :

Stop au braconnage, achetez des palmistes cultivés par nos agriculteurs !

Comme chaque année, le palmiste aura une place de choix sur les tables réunionnaises. Si on prévoit une « salade palmiste » ou un « cari camarons palmiste », n’oublions pas de l’acheter aux cultivateurs pour ne pas favoriser les filières de braconnage. Le palmiste rouge est une espèce unique au monde. Il y a moins de 100 ans, elle était très présente, partout dans l’île. Si elle disparaît de La Réunion, elle disparaît de la planète. Il est indispensable que les Réunionnais s’orientent vers la filière légale. Des agriculteurs produisent la même variété de palmiste, sur des terrains privés, en respectant la législation.

Souvenez-vous, en juin dernier l’établissement public du Parc national communiquait sur l’interpellation de 3 braconniers présumés. Le jour de leur interpellation, les 3 hommes détenaient 49 choux de palmistes. Ils exerçaient cette pratique depuis de nombreuses années et de manière très régulière. Du fait de la durée de cette pratique, l’évaluation de ce milieu naturel exceptionnel touché recense des dégâts extrêmement graves

À ce titre, le 12 novembre 2020, le tribunal correctionnel de Saint-Denis prononce des peines d’emprisonnement à l’encontre des 3 braconniers. Elles vont de 1 an à 9 mois de prison ferme auxquelles il faut ajouter des périodes de sursis. Ils devront indemniser la partie civile, le Parc national de La Réunion et l’ONF,dans le cadre de la restauration du milieu touché et ne pourront plus se rendre dans la forêt de Takamaka pendant 3 ans. Leur chauffeur est condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et a vu son véhicule personnel confisqué.

Le palmiste rouge des hauts (Acanthophoenix crinita), espèce endémique de La Réunion est classée vulnérable sur la liste rouge de l’UICN. Très répandue à la fin du XIXe siècle dans les forêts des Hauts de La Réunion, le palmiste rouge est devenu rare à l’état sauvage.

Même s’il est cultivé, il continue à être braconné dans les forêts des Hauts. Les braconniers coupent les palmistes jeunes, qui n’ont pas encore produit de graines, mettant en péril le renouvellement naturel de l’espèce. Un palmiste coupé est en incapacité de repousser. Le braconnage a également un impact sur la valeur paysagère des Hauts de l’île.

Les palmistes dépassant le reste de la canopée constituent un élément capital des paysages originels de l’île, dont une partie est classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. De plus, la coupe des palmistes entraîne la privation d’habitat et de nourriture pour un certain nombre d’insectes, d’oiseaux et pour le Gecko vert de Bourbon ou Lézard vert des Hauts (Phelsuma borbonica), espèce endémique de la Réunion, classée « en danger » sur la liste rouge de l’UICN.

Damien Chaillot