Réunis ce mercredi 10 juin 2026 au MOCA de Saint-Denis à l’occasion de la deuxième édition du Forum du logement social, les représentants de l’État, élus, collectivités, partenaires financiers, bailleurs sociaux et acteurs associatifs ont exprimé leur inquiétude face à la réduction annoncée de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), principal dispositif de financement du logement social dans les territoires ultramarins.
Organisé par l’Association Régionale des Maîtres d’Ouvrage Sociaux et Aménageurs de l’Océan Indien (ARMOS-oi), l’événement a mis en lumière les enjeux liés au logement social à La Réunion dans un contexte de forte demande et de contraintes budgétaires accrues.
Selon les données présentées lors du forum, plus de 53.000 demandes de logement social sont actuellement enregistrées sur l’île. Les projections de l’INSEE évaluent à 172.500 le nombre de logements nécessaires à l’horizon 2050. Les participants ont souligné qu’en l’absence de réponses adaptées, près de 100.000 logements pourraient manquer aux familles réunionnaises au cours des vingt-cinq prochaines années.
Les échanges ont porté sur les conséquences potentielles d’une diminution des financements alors que le territoire doit répondre simultanément à plusieurs défis : la production de logements neufs, la réhabilitation d’un parc vieillissant, l’adaptation aux enjeux climatiques et la prise en compte de besoins sociaux importants.
Les intervenants ont rappelé le poids du logement social dans la société réunionnaise. Selon les chiffres avancés lors de la rencontre, un quart de la population de l’île vit dans un logement social, contre 16 % dans l’Hexagone. Par ailleurs, 36 % des familles réunionnaises vivent sous le seuil de pauvreté.
Les débats ont également abordé les dimensions sociales du logement, au-delà de la seule construction ou réhabilitation des habitations. Les représentants de la Police nationale, de l’ALEFPA et des bailleurs sociaux ont évoqué les questions de prévention, d’accompagnement social, de sécurité et de qualité du cadre de vie dans les quartiers.

Valérie Lenormand, présidente de l’ARMOS-oi, a déclaré : « Le logement social, c'est accompagner les Réunionnais à chaque étape de leur vie : permettre à un jeune de démarrer dans la vie, à une famille de construire son avenir, ou encore à une personne âgée de vieillir dignement. Malgré les difficultés, les bailleurs sociaux restent des acteurs engagés. Maintenir des financements à la hauteur des enjeux, c'est préserver la capacité de La Réunion à loger ses habitants et faire du logement un véritable atout social et économique pour notre île. Soutenir le logement social, c'est investir dans l'avenir du territoire : sa cohésion, son emploi et sa solidarité ».

À l’issue de cette édition 2026, les participants ont appelé à des décisions permettant de maintenir les capacités d’intervention du secteur du logement social, estimant que les besoins du territoire nécessitent des moyens adaptés pour accompagner le développement de La Réunion et répondre aux attentes de sa population.
L’ARMOS-oi fédère les sept bailleurs sociaux de La Réunion : la SEDRE, la SEMAC, la SEMADER, la SIDR, la SHLMR, la SODEGIS et la SODIAC. L’association indique œuvrer au développement du logement social comme levier de cohésion sociale, d’aménagement du territoire et d’amélioration des conditions de vie des Réunionnais.

