Face à un nouvel afflux massif de sargasses sur les côtes de Martinique et de Guadeloupe, l'Association Nationale des Élus des Littoraux (ANEL) et Interco'Outre-mer ont publié le 18 juin 2026 un communiqué commun pour dénoncer l'absence de réponse nationale à la hauteur d'une crise devenue structurelle.
Plus de quinze ans après les premiers échouages massifs, le constat des deux associations est sans appel : les plans se succèdent, les algues aussi. Les sargasses continuent d'envahir les littoraux caribéens, viciant l'air au point d'imposer l'évacuation d'établissements scolaires et de riverains, ruinant l'économie locale, dégradant la santé des habitants pendant que les réponses publiques restent, selon les signataires, « si peu » efficaces. « Le scandale n'est plus l'existence des sargasses, écrivent-ils. Le scandale est qu'après plus de quinze ans d'échouages massifs, après des années d'alertes, de rapports, de missions et d'annonces, cette crise continue d'être traitée comme si elle venait seulement de commencer. »
Les deux associations posent la question de l'égalité républicaine : « Combien de temps accepterait-on qu'une pollution affecte durablement la santé, l'économie locale et la qualité de vie de milliers de Français sans qu'une mobilisation exceptionnelle ne soit engagée ?Les habitants des Antilles et de la Guyane ne demandent aucun privilège. Ils demandent simplement que l'égalité républicaine cesse de s'arrêter aux rivages hexagonaux. »
Les élus locaux sont en première ligne depuis une décennie : ramassage, surveillance, investissements spécifiques sans que cet engagement puisse, seul, se substituer à une mobilisation nationale. «Il est temps d’enclencher concrètement les plans permettant de mobiliser tous les acteurs, publics et privés, en capacité d’établir les solutions qui permettront de mettre un terme à la suffocation de ces territoires.», indique le communiqué.
Elles annoncent pour les prochaines semaines la publication d'une série de propositions concrètes portant sur la prévention, l'organisation de la collecte, l'accompagnement des collectivités et la coordination de l'action publique. « Les sargasses sont devenues l'horloge des Antilles et de la Guyane : elles reviennent toujours à l'heure. Les réponses, elles, se font encore attendre. »

