La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a signé mardi dans les locaux de la police de Sint Maarten, du côté hollandais de cette île franco-néerlandaise des Antilles, un accord relatif au droit de poursuite en mer entre la France et les Pays-Bas.
Cet accord permet désormais aux forces des deux pays de poursuivre un navire suspect (par exemple pour trafic de drogue, pêche illégale...) dans les eaux de l'autre Etat. "Autour de Saint-Martin, des navires rapides cherchent à se soustraire aux interceptions en franchissant en quelques minutes une limite maritime. Cette réalité affaiblit nos efforts et nourrit l'insécurité", a expliqué la ministre.
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L'accord "instaure un droit mutuel de poursuite en mer dans des conditions strictement encadrées, lorsque l'une des parties ne peut intervenir immédiatement", a-t-elle ajouté.
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Toutefois, cet accord vise à garantir le respect absolu de la souveraineté de chacun : "Il interdit tout recours à la force hors légitime défense et exclut tout acte de police dans les eaux territoriales de l'autre partie", a précisé Mme Moutchou.
"Cela va permettre de la coordination entre nos forces de sécurité afin de procéder à des interceptions en mer", avait déclaré la ministre dimanche à la presse, à son arrivée dans cette île touchée par le trafic de drogue.
Lors de son discours, Mme Moutchou a évoqué le souhait d'une lutte commune à travers la volonté de la France de développer "avec ses partenaires européens et caribéens une académie européenne de formation contre les narcotrafics à Saint-Domingue".

Dans le même esprit, elle a annoncé que la France organiserait "en juillet 2026 en Martinique une conférence régionale consacrée aux enjeux de sécurité dans la zone caraïbe" liés au "narcotrafic, la criminalité organisée, la sécurité maritime".
Dans une étude publiée en janvier, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives estime que les trafiquants de l'île de Saint-Martin occupent un "rôle stratégique" dans le "haut du spectre de la criminalité organisée liée au trafic maritime de cocaïne".
"Le trafic maritime de drogues est par ailleurs particulièrement difficile à appréhender localement, en raison de la binationalité de l'île et de la proximité des territoires insulaires voisins par lesquels transite également la cocaïne à destination de l'Europe", estime l'organisme.

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Avec AFP





















