Le député martiniquais Jiovanny William a achevé mardi 7 juillet, au siège du Conseil régional d’Île-de-France à Saint-Ouen-sur-Seine, la dernière consultation publique de la mission ministérielle qui lui a été confiée sur l’évolution du prix des billets d’avion entre l’Hexagone et les Outre-mer. Une rencontre consacrée à la diaspora ultramarine francilienne.
Après cinq réunions organisées en Martinique, cette sixième et dernière consultation publique a permis de recueillir les témoignages des Ultramarins installés en Île-de-France avant la remise du rapport au Premier ministre, attendue d’ici à la fin du mois. Organisée au siège du Conseil régional d’Île-de-France, la rencontre a été accueillie par le vice-président de la Région, Patrick Karam, qui a participé aux échanges et rappelé les différentes actions et les combats qu’il a menés sur ces thématiques au cours de ses différentes missions.
« Nous sommes sur la fin de cette mission. Nous sommes en phase de rédaction, notamment des préconisations », a indiqué Jiovanny William. Le député a précisé que plusieurs acteurs du secteur avaient refusé de communiquer certaines informations au cours de son enquête. « Si on ne m’autorise pas à passer par la porte, je passe par la fenêtre », a-t-il lancé, affirmant avoir finalement obtenu les éléments nécessaires à ses travaux.
Au fil de sa mission, l’élu dit avoir mis au jour plusieurs « non-dits », notamment autour de la fiscalité appliquée au transport aérien. « L’État lui-même consent à dire qu’il y a un problème de fiscalité, que trop de fiscalité tue la concurrence, et c’est cette concurrence qui permet de réduire le prix des billets d’avion », a-t-il expliqué, estimant également que les recettes issues de certaines taxes bénéficient insuffisamment aux Ultramarins.
Le député martiniquais s’est également montré attentif aux dispositifs existants dans d’autres territoires insulaires. Il devait d’ailleurs se rendre en Corse dès le lendemain de cette réunion afin d’étudier le modèle corse de continuité territoriale et les mécanismes mis en place pour favoriser la mobilité.
Pour Jiovanny William, le débat dépasse la seule question des résidents ultramarins. Selon lui, l’enjeu concerne plus largement l’attractivité économique et touristique des territoires. « Si un touriste doit payer 3 000 euros pour venir dans nos territoires, il ne viendra plus. Et s’il ne vient plus, c’est tout un pan de notre économie qui tombera », a-t-il averti.
Présente à cette réunion, la députée de la Martinique Béatrice Bellay a salué la démarche de consultation engagée et appelé les Ultramarins à poursuivre la mobilisation. « Nous avons besoin de tous nos compatriotes. Il faut maintenir la pression », a-t-elle déclaré, avant de rappeler que la mobilité constitue un enjeu d’égalité. « Nous avons les problématiques de petits pays, mais on nous donne les moyens de petites régions. Ce n’est pas possible », a-t-elle estimé.
À l’issue de la remise de son rapport, Jiovanny William prévoit d’organiser, à partir du mois de septembre, une série de restitutions publiques afin de présenter ses conclusions et les recommandations formulées au gouvernement.
