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Pour Joséphine Fossaert-Leloutre, déléguée générale de la FEDOM, «Les outre-mer sont des leviers de croissance économique et de développement considérables »

Quelques semaines après sa prise de fonctions à la direction générale de la Fédération des entreprises des Outre-mer (FEDOM), Joséphine Fossaert-Leloutre affiche déjà sa ligne : défendre la stabilité des dispositifs économiques ultramarins et renforcer leur place dans le débat national. Ancienne directrice des affaires publiques et des territoires de CCI France, elle succède à Laurent Renouf avec une solide expérience des relations institutionnelles et du plaidoyer économique. Pour Outremers360, elle revient sur les priorités qui guideront son action, de la lutte contre la vie chère au financement des entreprises, ainsi que sur sa volonté de faire entendre davantage la voix des acteurs économiques ultramarins auprès des pouvoirs publics.

Le pari de l'influence

Les Outre-mer, elle les a déjà approchés au sein du réseau consulaire, à travers ses échanges avec les chambres de commerce ultramarines et plusieurs déplacements sur le terrain. Mais c'est surtout son expertise des rouages de la décision publique qui constitue aujourd'hui sa valeur ajoutée. Elle revendique en effet une capacité à porter les enjeux ultramarins auprès des centres de décision nationaux : « Mon atout, c'est que je connais bien les mécanismes de la décision publique et politique », explique-t-elle. « Je sais où et comment actionner pour infléchir une décision dans un sens favorable au tissu entrepreneurial ultramarin que nous défendons. »

Une connaissance fine des institutions acquise à l'Assemblée nationale, en cabinet ministériel puis au sein du réseau des CCI, qu'elle entend désormais mettre au service des entreprises ultramarines. Son ambition : faire de la FEDOM un interlocuteur encore plus incontournable des pouvoirs publics à l'heure où les questions de vie chère et de financement des entreprises reviennent au premier plan.

Une méthode fondée sur le réseau et le terrain

Joséphine Fossaert-Leloutre connaît déjà les Outre-mer pour avoir suivi à CCI France les relations avec les chambres de commerce et d'industrie (CCI) ultramarines et participé à plusieurs déplacements en Martinique, Guadeloupe, à Saint-Martin, Saint-Barthélémy, à La Réunion ou encore à Mayotte. Elle sait néanmoins pouvoir s'appuyer sur les grandes compétences internes de l'équipe permanente de la FEDOM pour l'accompagner dans la maîtrise la plus fine possible des enjeux des territoires. 

Elle entend également s'appuyer sur ce qu'elle considère comme l'une des principales force de la FEDOM : ses adhérents. « Les entreprises et organisations patronales qui composent la fédération connaissent les réalités locales mieux que quiconque. Je compte m'appuyer sur elles pour comprendre les enjeux de chaque territoire », souligne-t-elle.

Une approche qui s'inscrit dans la continuité du travail mené jusqu'ici par la FEDOM, mais avec une attention particulière portée à l'animation du réseau et à la proximité avec les adhérents. « J'aurai à cœur de développer une relation étroite avec chacun d'eux », assure-t-elle.

Deux priorités : Vie chère et financement des entreprises

Sur le fond, la nouvelle déléguée générale identifie immédiatement deux grands dossiers qui structureront l'action de la fédération dans les prochains mois.

Le premier est celui de la vie chère, sujet récurrent dans les outre-mer et au cœur de nombreuses tensions sociales. Souvent abordé sous l’angle des « prix », cet enjeu doit, pour la FEDOM, être recentré sur les questions d’emploi et de revenu disponible des populations ultramarines.

Le second concerne le financement des entreprises. Derrière cette notion se cachent plusieurs dispositifs jugés essentiels au développement économique des territoires, qu'il s'agisse des mécanismes d'aide à l'investissement ou des exonérations prévues par la LODEOM, régulièrement remis en question lors des débats budgétaires. « Emploi et financement des entreprises sont les deux jambes nécessaires à une croissance économique stable et durable dans les territoires ultramarins », résume-t-elle.

Au-delà des dispositifs eux-mêmes, Joséphine Fossaert-Leloutre insiste sur la nécessité d'offrir de la visibilité aux acteurs économiques. Un message qui revient comme un fil rouge dans son discours. « Les territoires ultramarins ont besoin de visibilité et pas de remise en cause. Chaque année, les mêmes dispositifs sont réinterrogés alors que les entreprises ont besoin d'une feuille de route claire pour investir et se développer. »

Une plateforme pour faire entendre les Outre-mer dans la présidentielle

Cette recherche de visibilité passe aussi, selon elle, par une meilleure prise en compte des enjeux ultramarins dans le débat national. À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, la FEDOM souhaite peser davantage dans les programmes des candidats. L'organisation prévoit ainsi de lancer une plateforme de contributions ouverte à tous les acteurs économiques (adhérents comme non-adhérents à la FEDOM) afin de faire remonter propositions, constats et attentes du terrain. L'objectif est double : nourrir les réflexions de la fédération mais aussi construire des propositions nouvelles à destination des pouvoirs publics.

Pour Joséphine Fossaert-Leloutre, les Outre-mer restent encore trop souvent absents des grands débats nationaux alors même qu'ils constituent, selon elle, « des leviers de croissance économique et de développement considérables ». Une conviction qu'elle entend désormais porter au sein de la FEDOM.