Au premier trimestre 2026, l’économie martiniquaise demeure « sans inflexion notable », indique une étude de l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (Iedom). Indicateur du climat des affaires stable, inflation contenue, perspectives favorables sur le marché du travail, tourisme à la hausse, voici pour les aspects positifs. En revanche, on note une consommation des ménages qui se relève péniblement, un repli des investissements et des difficultés dans les secteurs agricole, du BTP, de l’industrie et du commerce. Tour d’horizon.
Un indicateur du climat des affaires stable malgré une activité réduite : D’après les chefs d’entreprise interrogés, le premier trimestre 2026 a été meilleur que prévu, avec des trésoreries et des délais de paiement qui se sont améliorés. Toutefois, l’activité globale est négative et s’est contractée par rapport à la fin de 2025. Cette tendance est confirmée par l’évolution du volume d’heures rémunérées - un indicateur fiable de l’activité des entreprises - en baisse de 1,4% en janvier et de 1,8% en février 2026 en comparaison aux mêmes mois de l’année précédente.
Une inflation inférieure à l’Hexagone : Entre janvier et mars 2026, les prix à la consommation sont en hausse de 0,7%, marquée par une augmentation des prix des services (+1,8%), de l’alimentation (+0,8%) et des produits manufacturés (+0,4%). « À l’inverse, les prix de l’énergie, bien qu’en augmentation depuis début mars, ont contribué à limiter l’inflation entre janvier et mars, avec une baisse de 4,3% sur la période. En glissement annuel, l’inflation s’élève à 1,1% en mars 2026, contre 1,7% pour l’Hexagone », souligne l’Iedom.

Légère hausse sur le marché du travail : Ce dernier manifeste une légère amélioration, mais enregistre un repli sur le trimestre de 2,5% du nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C (hors RSA et jeunes en parcours), ainsi qu’une contraction de 6% sur la même période de l’année précédente. Bonne nouvelle, une enquête de France Travail sur les besoins en main-d'œuvre en Martinique annonce plus de 12 700 intentions d’embauche pour 2026, en dépit d’un recul par rapport à 2025 (- 4,7%). Le secteur des services représente 65% de ces possibles embauches.
Une consommation des ménages modérée : « Les importations de biens de consommation non durables enregistrent une hausse de 12,5% ce trimestre par rapport à la fin de l’année 2025, notamment des produits pharmaceutiques et de la viande. Concernant les biens de consommation durables, on note une légère augmentation des importations ce trimestre (+9,7%), malgré un recul de 7,1% par rapport au premier trimestre 2025 », relève l’étude. Les indicateurs de vulnérabilité financière des ménages sont en amélioration, malgré une augmentation de 12,3% du nombre de dossiers déposés auprès de la Commission de surendettement, en comparaison avec le quatrième trimestre 2025.

Recul des investissements : Après une évolution instable ces derniers trimestres, l’investissement se contracte. Les importations de biens d’investissements sont en baisse de 10,5% pour le premier trimestre 2026, notamment en rapport avec la diminution des importations de voitures pour un montant d’environ 50 millions d’euros. On observe également des difficultés pour certaines entreprises, avec une augmentation des défaillances de 8,8% sur un an.
Un secteur agricole en demi-teinte : La production animale se relève avec un volume d’abattage total qui progresse de +2,9%, porté par la filière porcine (+12%). En ce qui concerne la filière végétale, les exportations de bananes diminuent légèrement (- 0,8 %). « Les indicateurs sont plus contrastés pour la production agroalimentaire, dont les exportations (notamment de rhum) reculent sensiblement ce trimestre (-9,1%). En ce début de campagne cannière, la production de rhum est en revanche en hausse sensible par rapport au premier trimestre 2025 », rapporte l’Iedom.

Le BTP, l’industrie et le commerce mal orientés : Dans le BTP, les importations de carrelage et d’éléments en métal pour la construction diminuent respectivement de 21,1% et 9,9% au premier trimestre 2026 par rapport au précédent. Les ventes de ciment se replient également de 9,7% sur la période considérée, dans un contexte caractérisé par l’instauration du Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), ce qui a une incidence sur la hausse des prix. Dans les secteurs de l’industrie et du commerce, l’activité est à la baisse, du fait, entre autres, de l’augmentation des charges d’exploitation et des difficultés de trésorerie.
Une évolution positive pour le tourisme : « La dynamique du secteur semble globalement positive ce trimestre. Le nombre de nuitées dans le parc hôtelier, qui avait tendance à décroitre les trimestres précédents, repart à la hausse en ce début d’année (+3,7%), et ce, malgré un nombre de passagers à l’aéroport stable ce trimestre (+0,6%) », constate l’étude. Le nombre de croisiéristes augmente de 3,1% par rapport au premier trimestre 2025, avec des escales croissantes et une offre plus diversifiée avec des mouillages à Saint-Pierre, au Marin, aux Trois îlets et aux Anses-d'Arlet qui entraînent une répartition plus équitable des bénéfices.

PM

