Martinique : La CTM engage trois axes stratégique pour accélérer la transition énergétique et l'autonomie du territoire

Une centrale photovoltaïque à Saint-Pierre, en Martinique, inaugurée en avril 2025 ©EDF Énergies renouvelables (illustration)

Martinique : La CTM engage trois axes stratégique pour accélérer la transition énergétique et l'autonomie du territoire

Réunie en assemblée plénière le 21 mai 2026, la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) a adopté plusieurs rapports portant sur le développement des énergies renouvelables et la stratégie énergétique du territoire. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les périodes 2024-2028 et 2029-2033.

Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux énergies fossiles importées, la CTM entend renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix électrique martiniquais, sécuriser l’approvisionnement énergétique et accompagner une autonomie énergétique progressive du territoire. Trois filières ont été mises en avant lors de cette assemblée : l’éolien en mer, le photovoltaïque et la géothermie.

Une consultation lancée sur l’éolien en mer

L’Assemblée de Martinique a approuvé le lancement d’une consultation préalable au déploiement de projets d’éolien offshore. Selon la CTM, cette filière présente un fort potentiel théorique pour la Martinique et pourrait contribuer à diversifier le mix énergétique local.

La consultation doit permettre d’identifier les acteurs intéressés, les solutions techniques adaptées au territoire, les besoins en raccordement ainsi que les impacts socio-économiques et environnementaux des futurs projets. Une Cellule Énergies Marines Renouvelables doit également être créée afin d’assurer le pilotage et le suivi stratégique de cette filière.

Le photovoltaïque sur les bâtiments publics

La CTM prévoit également de lancer une consultation pour développer des installations photovoltaïques sur son patrimoine bâti. Selon le communiqué, le potentiel est estimé à 8,49 MWc répartis sur 23 sites. Plusieurs modèles de développement sont envisagés, parmi lesquels l’autoconsommation, la location de toitures, le tiers-investissement ou encore des projets associant des communautés d’énergie. L’objectif affiché est de réduire la facture énergétique de la collectivité tout en augmentant la production locale d’électricité renouvelable.

Poursuite des recherches en géothermie

Les élus se sont également prononcés sur la mutation du Permis Exclusif de Recherche de gîtes géothermiques « Pointe Sud-Ouest », concernant notamment les communes des Anses-d’Arlet, du Diamant et des Trois-Îlets. Cette évolution permet l’entrée de la société Albioma aux côtés de TLS Geothermics, après le retrait de Storengy, afin de poursuivre les travaux de recherche engagés. La CTM considère la géothermie comme une ressource stratégique susceptible, à terme, de fournir une production électrique stable et pilotable, complémentaire des énergies renouvelables dépendantes des conditions météorologiques.

Dans le communiqué, le président du Conseil exécutif de Martinique, Serge Letchimy, a souligné les objectifs poursuivis par ces orientations énergétiques : « À travers ces décisions, la Martinique ne se contente pas d’accompagner la transition énergétique, elle prépare les conditions de sa souveraineté énergétique. Dans un pays insulaire comme le nôtre, encore trop dépendant des énergies importées, chaque kilowatt produit localement est un acte de responsabilité, de résilience et de protection du pouvoir d’achat. L’éolien en mer, le photovoltaïque sur notre patrimoine public et la géothermie ne sont pas des projets techniques isolés : ils dessinent une stratégie cohérente pour mobiliser nos ressources, créer de la valeur ici, structurer de nouvelles filières et construire un avenir énergétique maîtrisé pour le pays Martinique ».