ÉCOUTEZ OUTREMERS 360 RADIO

Outremers 360°
Toute l'actualité des Outre-mer à 360°
L’État déploie 20 nouveaux Dispositifs de concentration de poissons en Guadeloupe pour soutenir les pêcheurs
©RCI Guadeloupe

Face à l'interdiction de pêche qui frappe 20% de la zone côtière guadeloupéenne en raison de la pollution au chlordécone, les autorités déploient des Dispositifs de concentration de poissons (DCP) au large. Cette initiative collective vise à soutenir les professionnels en déplaçant l'activité vers les espèces pélagiques saines. Un sujet de notre partenaire RCI Guadeloupe.

Ce vendredi 5 juin au matin, une visite en mer a été organisée par la préfecture et la direction de la mer afin de faire le point sur la stratégie chlordécone, avec en ligne de mire les Dispositifs de concentration de poissons (DCP). 

L'événement s'est déroulé en présence du préfet Thierry Devimeux, du sous-préfet Théo Gal, du directeur de la mer Édouard Weber et du président du comité des pêches Charly Vincent. Pendant des années, le chlordécone a contaminé les sols, mais également le milieu marin.

Des DCP pour soutenir la filière

Face à ce constat, le Gouvernement s'efforce de trouver des alternatives pour soutenir les professionnels de la mer. Il a ainsi été possible d'observer à distance la mise en place d’un DCP : une grande bouée permettant de capter les poissons à grande profondeur.

L’État ambitionne d'en installer vingt sur l’ensemble de l'archipel. L’objectif est d'accompagner les pêcheurs dans leur quotidien en favorisant le regroupement du poisson au large, notamment des espèces pélagiques (thazard, thon...).

Pour le préfet Thierry Devimeux, cette initiative vise à compenser le préjudice lié à la perte des zones de pêche impactées par le chlordécone, alors que 20 % de la zone côtière de la Guadeloupe est aujourd'hui interdite à la pêche en raison d'une trop forte pollution. 

Pour financer ces DCP, l’État débloque une enveloppe de 50 000 euros par an. En parallèle, des macarons sont proposés aux professionnels qui opèrent dans les zones autorisées, offrant ainsi un véritable gage de fiabilité pour les consommateurs.

Une aide pour les pêcheurs

Pour les pêcheurs, cette alternative peut soutenir les professionnels en difficulté, même si elle ne constitue pas une solution miracle.

Une réalité confirmée par Charly Vincent, président du comité régional de la pêche en Guadeloupe : « Cela ne remplace pas les poissons, pas du tout. C'est juste une alternative supplémentaire. Ce sont des engins qui existent déjà, mais qui relèvent jusqu'ici du privé, c'est-à-dire que chacun installe ses propres bouées. Aujourd'hui, l'idée est de permettre à ceux qui veulent continuer cette activité de le faire de façon collective, en déplaçant ces dispositifs plus au large, entre 0 et 12 milles, pour que tout le monde puisse en profiter. L'objectif est de réduire les coûts d'investissement, notamment en matériel, ainsi que les dépenses en carburant. Ce n'est pas une solution miracle, c'est simplement une option pour nous permettre d'évoluer vers des pêcheries durables et responsables ».

RCI Guadeloupe