Un diptyque réalisé à base de tapa fabriqué à Tahiti, signé du couple polynésien, a été acheté par le musée du quai Branly-Jacques Chirac et entre ainsi dans les collections nationales françaises. « Une reconnaissance majeure de leur travail » pour les deux artistes, qui se consacrent depuis plus de dix ans au tapa, que ce soit dans leurs recherches ou dans leurs expérimentations. Ils ouvrent d’ailleurs leur plateforme autour de ce travail : tapatahiti.com. Détails avec notre partenaire Radio1.
‘A Fano Mai, des œuvres réalisées à partir de tapa fabriquées à Tahiti, formant un diptyque, ont été acquises par le musée du quai Branly – Jacques Chirac. Signées de Hinatea Colombani et Moeava Meder, elles intègrent les collections nationales françaises et l’une des plus importantes collections d’art et de patrimoine océanien au monde. Le musée achète régulièrement mais de manière très sélective. « Une collection publique, c’est la mémoire du temps passé, c’est aussi la mémoire du temps présent. Continuer à acquérir fait partie de ses émissions », avait dit Emmanuel Kasarhérou, l’actuel président du musée du quai Branly, il y a quelques années. Pour Hinatea Colombani et Moeava Meder, cette acquisition marque « une reconnaissance majeure de leur travail ».
Avec ‘A Fano Mai, titre de cette création artistique, les artistes ont « exploré la cosmologie polynésienne à travers le dialogue entre Te Po, le monde des origines et des potentialités, et Te Ao le monde la lumière et du vivant ». Le diptyque, qui se compose d’un tapa de 3m sur 2m et d’un cercle d’un mètre de diamètre, évoque la transformation, « la circulation entre le visible et l’invisible » et les liens entre les hommes et la nature.
Actuellement à Paris, ce duo d’artistes, qui forme également un couple à la ville, a été invité à présenter son travail au salon du lecture du musée jeudi à Paris, racontant leurs dix années de recherche sur le tapa dans les îles de la Société. Dix années marquées par des expositions internationales en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et en France, des rencontres avec d’autres experts du tapa dans le Pacifique, des découvertes dans les collections des plus grands musées et des expérimentations pratiques. Un travail de longue haleine qui est récompensé avec la vente de leurs plus belles œuvres à des musées ou des mécènes prestigieux, comme le quai Branly aujourd’hui, mais aussi la Fondation Cartier en 2024.
C’est au centre Arioi Expérience à Papara créé par Hinatea Colombani que tout a commencé. D’abord une école de danse, la structure s’est ensuite transformée au fil des années en centre culturel puis en espace d’expérimentation. Depuis la culture de aute, le mûrier à papier, dans le jardin jusqu’aux recherches sur les teintures naturelles, en passant par la préparation de l’écorce. C’est ici, que sont nés les premières œuvres de Hinatea Colombani et Moeava Meder.
Aujourd’hui, le couple se consacre entièrement à son projet Tapa Tahiti. Une plateforme « dédiée à la recherche, à la création, à la transmission et au rayonnement international du tapa tahitien ». Ils veulent faire revivre la pratique du tapa à travers la culture du mûrier à papier, la fabrication des étoffes, de pigments naturels, la création d’œuvres contemporaines et la participation aux expositions à travers le monde. Ce projet, nommé Tapa Revival, est présenté en détail sur leur nouveau site Internet qui vient d’être lancé : tapatahiti.com.
Par Radio 1

