LFI a présenté mercredi les candidats qu'elle soutient en Outre-mer, provoquant un début de polémique sur son soutien à l'ex-député LREM Olivier Serva en Guadeloupe.
Dans un communiqué, LFI explique que la gauche est présente « dans la quasi-totalité des circonscriptions avec des perspectives de victoire dans la majorité d'entre elles ». Les candidats soutenus par la FI ou la Nupes ont fait de bons scores, notamment en Martinique et La Réunion, où ils sont présents au second tour dans six des sept circonscriptions que compte l’île.
LFI liste ensuite les candidats qu'elle soutient, indiquant qu' « en Guadeloupe, nous soutenons les candidatures d'Olivier Serva (ex-LREM, 1ere circonscription), de Christian Baptiste (DVG, opposé à la secrétaire d'État à la mer Justine Benin dans la 2e circ.) et d'Elie Califer (PS) ». Le député Olivier Serva a démissionné le 1er juin du groupe LREM à l'Assemblée nationale, expliquant que son territoire avait été « inaudible pendant les deux dernières années de crise sanitaire ». Il avait aussi refusé de parrainer le président Macron pour la présidentielle.
Selon la direction de LFI à Paris, Olivier Serva « a dit qu'il s'engagerait sur le programme de la Nupes ». Mais localement, les insoumis de la première circonscription ont jugé dans un communiqué « inconcevable de renvoyer à l'Assemblée nationale quelqu'un qui a soutenu Macron contre les intérêts de la Guadeloupe ». Le PS local a également déploré « la grande confusion générée par le soutien surprenant accordée, depuis Paris, au député sortant », dont « les évolutions récentes méritent d'être appréciées sur la durée ».
En Martinique, LFI soutient Jiovanny William (DVG), Marcellin Nadeau (parti d'extrême gauche Peyi-A) et Jean-Philippe Nilor (député sortant, Gauche démocratique et républicaine). En Guyane, « nous soutenons les candidatures de Yvane Goua » (figure du milieu associatif, et porte-parole du collectif Trop Violans, né des remous des manifestations de 2017) et du syndicaliste Davy Rimane, qui affronte le député sortant LREM Lenaïck Adam.
À La Réunion, LFI soutient le PS sortant Philippe Naillet, la sortante du groupe communiste Karine Lebon (DVG), leur collègue insoumis Jean-Hugues Ratenon, Emeline K/Bidi (LFI), Frédéric Maillot (DVG) et Perceval Gaillard (DVG). Ces candidats sont aussi soutenus localement par la présidente de la Région et ancienne députée GDR, Huguette Bello, qui avait très vite soutenu Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle. Ce dernier était largement arrivé en tête au premier tour en avril dernier.
LFI soutient aussi, pour la Polynésie, Tematai Le Gayic, Steve Chailloux et le député sortant Moetai Brotherson. Tous les trois sont, localement, les candidats du parti indépendantiste qui affrontent, chacun dans leur circonscription, les candidats de la majorité locale du président Édouard Fritch, investis par la confédération présidentielle Ensemble !.

En Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes du FLNKS Walisaume Wahetra et Gérard Reignier ont aussi reçus le soutien de la FI. Jean-Luc Mélenchon s’était par ailleurs, avant le 1er tour de la Présidentielle, engagé à organiser un nouveau référendum d’indépendance s’il était élu, celui du 12 décembre étant contesté par les indépendantistes. Enfin, à Saint-Pierre et Miquelon, ils soutiennent Olivier Gaston (LFI). « Élus, ils pourront siéger au sein des groupes de la Nupes », a précisé LFI.
Au soir du premier tour, alors que la Nupes était donnée en tête, c'est finalement la majorité présidentielle qui avait devancé la gauche unie d'un peu plus de 20 000 voix. La FI a alors accusé le Ministère de l'Intérieur de ne pas avoir pris en compte les résultats de certains candidats ultramarins, notamment Jean-Hugues Ratenon, dans ceux de la Nupes, alors qu'ils étaient soutenus par cette dernière. Dans un décompte, en prenant en compte les voix des candidats ultramarins soutenus par la Nupes ou FI, le journal Le Monde a finalement mis la Nupes en tête des votes dimanche soir.

Avec AFP

