Le pape Léon XIV demande pardon pour le retard avec lequel l'Église a condamné l'esclavage

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Le pape Léon XIV demande pardon pour le retard avec lequel l'Église a condamné l'esclavage

Le pape Léon XIV a demandé « sincèrement pardon » pour le retard avec lequel l'Église a « condamné le fléau de l'esclavage » au cours de l'Histoire, dans sa première encyclique publiée ce lundi 25 mai par le Vatican. 

L'Église a « longtemps toléré l'esclavage et, n'en étant venue qu'ensuite à le condamner de manière absolue », il s'agit « d'une blessure dans la mémoire chrétienne de laquelle nous ne pouvons nous considérer étrangers », écrit le pape américain dans « Magnifica Humanitas » (Humanité magnifique). 

« Il est inévitable d’éprouver une profonde douleur en considérant l’énorme souffrance et l’humiliation que l’esclavage a signifiées pour tant de personnes, infiniment aimées par le Seigneur, en contraste avec leur dignité sans limites », ajoute-t-il. Le souverain pontife précise par ailleurs dans son texte qu'il a fallu attendre le XIXe siècle pour « trouver une condamnation formelle, absolue et universelle de l’esclavage, notamment avec Léon XIII ».

Lors de sa prise de fonction, le pape Léon XIV avait expliqué le choix de son nom par sa volonté de s'inscrire dans les pas de Léon XIII, souverain pontife de 1878 à 1903, qui avait jeté les bases de la doctrine sociale de l'Église. C'est à ce pape que l'on doit en 1888, les premières encycliques qui ont condamné l'esclavage.

Si certains de ses prédécesseurs avaient reconnu la participation de chrétiens dans l'esclavage, c'est la première fois qu'un pape présente des excuses publiques pour le rôle direct joué par l'Église en tant qu'institution. En 1992, Jean-Paul II avait dénoncé cette « tragédie » lors de sa visite à Gorée, au Sénégal.

Au cours de l'Histoire, « le Siège Apostolique romain, sollicité par les demandes des souverains, est intervenu à plusieurs reprises pour réglementer et légitimer les modalités de soumission et, dans certains cas, de réduction en esclavage des « infidèles » », écrit encore le pape américain, qui souligne également que l'Église a possédé des esclaves jusqu'au Moyen-Âge.

« Nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l'Église et la société ont condamné le fléau de l'esclavage », ajoute-t-il. « C'est pourquoi, au nom de l'Église, je demande sincèrement pardon », poursuit-il. Dans ce premier écrit majeur, consacré notamment aux défis éthiques posés par l'intelligence artificielle, il dénonce « de nouvelles formes d'esclavage » à l'œuvre derrière l'économie numérique.

Avec AFP