La collection numérique Guadeloupe-Martinique-Guyane inaugurée au Mémorial Acte en Guadeloupe

Francis Picabia, Portrait de Jenny Alpha (1942), Musée d’histoire et d’ethnographie, Coll. CTM. © Jean-Baptiste Barret/ Joseph Savart, Les femmes créoles ou Quatre femmes créoles (1770) © Musée départemental d’Art et d’Histoire (MUSARTH)/Conseil départemental de la Guadeloupe / © Crédit photoKarl Joseph, Sans titre, série « Les Guyanais » (2011) © Karl Joseph© Crédit photoKarl Joseph, Sans titre, série « Les Guyanais » (2011) © Karl Joseph

La collection numérique Guadeloupe-Martinique-Guyane inaugurée au Mémorial Acte en Guadeloupe

Ce jeudi 30 avril, le Mémorial ACTe a accueilli le lancement officiel de la collection numérique Guadeloupe-Martinique-Guyane. Imaginée dans un élan partenarial, cette Collection réunira près de 250 œuvres issues des trois territoires, grâce à la participation de 23 institutions partenaires. Le travail conjoint des trois commissaires, des DAC Guadeloupe, DAC Martinique, DCJS Guyane et de La Villette a permis de créer la toute première Collection ultramarine du réseau MicroFolie. Précisions avec notre partenaire RCI Guadeloupe.

 

À travers l’art contemporain créole, les héritages des mondes autochtones et des œuvres liées à l’histoire de l’esclavage, la Collection tisse un dialogue vivant entre les cultures, les récits et les mémoires. Elle met en valeur des perspectives diverses qui se croisent et s’enrichissent.

Ce projet est le fruit d'une collaboration inédite entre 23 institutions partenaires : musées, archives et directions culturelles ont dû s'unir pour bâtir ce catalogue commun. David Laporal, commissaire de la collection, a coordonné ce chantier. Il revient au micro de notre partenaire RCI Guadeloupe, sur cette mobilisation humaine et nous explique les avantages du numérique : une technologie qui permet de protéger nos pièces les plus fragiles tout en les faisant voyager sans aucune contrainte : « On a fait appel à des personnes spécialisées dans les domaines du patrimoine, de la culture, de l’art, ainsi que des archives, car c’est important. Elles ont sélectionné les œuvres les plus pertinentes dans une perspective de transmission, de connaissance, de savoir et de valorisation du patrimoine. Ces collections sont accessibles dans chacune des Micro-Folies. En Guadeloupe, il y en a quatre. Ce que nous permet le numérique, c’est d’aller au plus près d’objets qui nous sont parfois inaccessibles, car trop fragiles, trop précieux ou trop rares. Mais grâce au numérique, on peut malgré tout les découvrir pleinement. Le numérique permet aussi d’aller plus loin. Il existe de nombreuses pièces archéologiques visibles derrière les vitrines, mais cela ne suffit pas. Là, on peut presque les manipuler en trois dimensions, tourner autour de l’objet, ce qui n’est pas possible autrement. Il y a donc une réelle plus-value dans tout ce qui relève de la photogrammétrie et de la 3D, qui permet de travailler sur des pièces parfois trop fragiles pour être présentées au public, ou trop complexes pour être directement accessibles.»

La Collection Guadeloupe-Martinique-Guyane souligne la richesse et la pluralité de territoires aux trajectoires singulières. Elle invite à découvrir des cultures à la fois distinctes et reliées, ouvrant des espaces de réappropriation et de transmission. Au fil des œuvres, les spécificités et les similitudes de ces trois territoires sont explorées. 

250 œuvres physiques, des tableaux,  objets historiques et pièces d’archives ont été numérisées en haute définition et intègrent désormais le réseau mondial Micro-Folie.

Pour Réda Safi, Directeur général de La Villette, ce passage au numérique est un outil stratégique, cette collection permet de connecter physiquement nos trois territoires par-delà les kilomètres : « Elle est assez originale dans sa conception, puisqu’elle repose sur un certain nombre de thématiques qui permettent de mettre en valeur le patrimoine autochtone, archéologique, mais aussi le patrimoine immatériel, la biodiversité, ainsi que la création et l’art du XXᵉ siècle. Elle permet donc de regrouper, dans un seul corpus, l’ensemble des œuvres issues de ces trois territoires. Il existe des liens entre ces espaces, au-delà de leur statut ultramarin. Ces liens sont faits de culture et d’histoire. On retrouve la question de la mémoire, notamment celle de l’esclavage, bien évidemment, mais aussi des enjeux liés à la biodiversité. Ce sont des territoires extrêmement riches. Et puis, il y a cette dimension immatérielle du patrimoine qui permet à ces populations, à ces collectivités, de faire société autour de ce travail culturel.»

Maël Lavennaire, Directeur Scientifique du MACTe, estime que ce passage au numérique est une consécration. Il s'agit d'une sélection à la richesse historique, et d'une fierté pour l'institution, de voir des trésors locaux ainsi mis en lumière : « Cette rencontre est vraiment importante pour le Mémorial ACTe, car les Micro-Folies sont un dispositif qui permet d’étendre la culture, de la faire voyager, de la numériser et de la rendre accessible jusque dans les foyers les plus éloignés. C’est un honneur, une fierté et une responsabilité de pouvoir être présents sur ce type de support, afin que dans des espaces très éloignés, des foyers qui n’ont peut-être pas la possibilité d’accéder au musée sur place, cette connaissance puisse voyager et leur parvenir. L’idée est de balayer, sur le plan chronologique, les peuples autochtones : il y a à la fois les Kalinas, les Taïnos, et on arrive jusqu’à notre période contemporaine. C’est toute une richesse de collections, allant de matériaux comme des instruments utilisés par les Taïnos, jusqu’à de la photographie du début du XXᵉ siècle ou des pièces d’art contemporain. L’objectif est effectivement de continuer à étoffer cette collection.»

Les deux prochaines inaugurations de la collection Guadeloupe-Martinique-Guyane auront lieu le 4 mai 2026 au Centre culturel Antoine Tangamen, à Basse-Pointe (Martinique) puis le 7 mai 2026 au Camp de la Transportation, à Saint-Laurent du Maroni (Guyane).

Avec RCI Guadeloupe