ÉCOUTEZ OUTREMERS 360 RADIO

Outremers 360°
Toute l'actualité des Outre-mer à 360°

Deuxième invité de l’émission 360 ÉCO, le nouveau rendez-vous économique d’Outremers360 réalisé en partenariat avec la BRED Banque Populaire, Johann Remaud, directeur du réseau Outre-mer de Business France, détaille les outils mobilisés pour accompagner les entreprises vers de nouveaux marchés, mais aussi pour attirer des investisseurs étrangers dans les Outre-mer. Agence publique chargée de l’internationalisation de l’économie française, Business France intervient dans trois grands domaines : l’accompagnement des entreprises françaises à l’export, l’attractivité du territoire auprès des investisseurs étrangers et le développement du volontariat international en entreprise (V.I.E). Après avoir accompagné 250 entreprises ultramarines en 2025, Business France veut poursuivre cette dynamique en misant notamment sur les services, les savoir-faire spécifiques des territoires et le dispositif V.I.E. Dans des marchés locaux qui se contractent, l’ouverture vers l’extérieur devient, selon lui, un véritable enjeu de développement.

250 entreprises ultramarines accompagnées en 2025

Dans les Outre-mer, Business France agit localement dans le cadre de la Team France Export, qui réunit les chambres de commerce et d’industrie, Bpifrance et les collectivités territoriales. « Le cœur du dispositif, c’est ce que nous appelons la “projection” : accompagner directement l’entreprise sur les marchés étrangers. Cela passe par des mises en relation avec des opérateurs locaux, soit dans le cadre d’un accompagnement individualisé et sur mesure, soit à travers des actions collectives, notamment la participation à de grands salons internationaux sous pavillon France. »

En 2025, la Team France Export a accompagné 250 entreprises ultramarines, de la préparation jusqu’à la prospection à l’étranger. Parmi elles, environ les deux tiers se sont ouverts aux marchés internationaux. Plus significatif encore, près des deux tiers n’exportaient pas ou n’avaient jamais engagé de véritable démarche d’export auparavant.

Des résultats qui doivent néanmoins s’apprécier dans le temps, insiste Johann Remaud. L’exportation est « une démarche au long cours », dont les effets ne peuvent apparaître qu’après deux ou trois années d’investissement.

« L’international, ce n’est plus une option, c’est une obligation »

Pour le directeur du réseau Outre-mer de Business France, la contraction de plusieurs marchés ultramarins modifie aujourd’hui la donne. « L’international, ce n’est plus une option, c’est une obligation », résume Johann Remaud. Pour poursuivre leur croissance, les entreprises doivent davantage rechercher de nouveaux débouchés à l’extérieur de leur territoire.

Cette internationalisation ne passe d’ailleurs pas nécessairement par l’exportation de marchandises. Les produits ultramarins susceptibles d'être exportés restent concentrés sur plusieurs filières historiques ou de niche comme le rhum, les épices, les cosmétiques ou encore les produits à forte valeur ajoutée.

Exporter les compétences et savoir-faire ultramarins

Plus des trois quarts des entreprises accompagnées par Business France proposent des services. Ingénierie, numérique, architecture, construction, transport sont aussi des compétences que les entreprises ultramarines peuvent aujourd’hui vendre à l’extérieur.

« Nous accompagnons de nombreuses entreprises de services dans le secteur de la construction, notamment autour du bâti tropical. » Ingénieurs, bureaux d’études et architectes ont développé des techniques et des matériaux adaptés aux contraintes cycloniques, sismiques ou climatiques.

« Aujourd’hui, ce sont des compétences qu’on peut faire valoir même au-delà des bassins régionaux ». Avec le changement climatique, certaines solutions expérimentées depuis longtemps dans les Outre-mer peuvent désormais répondre à des problématiques qui concernent également l’Europe du Sud ou l'Hexagone.

Des succès ultramarins

En Guadeloupe, des innovations dans l’agriculture connectée peuvent trouver des applications dans l’ensemble de la zone intertropicale. À La Réunion, des entreprises ayant développé des logiciels de gestion des flux de transport sont accompagnées jusqu’en Australie, en Malaisie, en Europe ou au Maghreb.

La Polynésie présente encore un autre profil. Certaines entreprises parviennent à conjuguer image du territoire, fabrication locale et codes du luxe français pour atteindre des marchés très éloignés. « Qui aurait imaginé, par exemple, que des bougies “made in fenua” puissent y trouver leur place au Japon ? Et bien c’est le cas ! » souligne Johann Remaud.

A lire aussi : INTERVIEW. De la Polynésie au Japon : la stratégie internationale gagnante de Linda Temzi, directrice et fondatrice de Tahiti Candles

Le coût de la logistique, principal frein à l’exportation de produits

Les PME ultramarines produisent souvent dans des volumes limités, alors que les circuits maritimes reposent encore largement sur des volumes importants. Faute de solutions de groupage suffisantes, l’expédition de petites quantités peut rapidement devenir trop coûteuse.

©Outremers360

Certaines situations illustrent même les paradoxes auxquels sont confrontées les entreprises : un produit guyanais destiné au Canada ou au Brésil peut être contraint de transiter par un stock situé dans l'Hexagone avant de rejoindre son marché final. À ces contraintes logistiques s’ajoutent des coûts de production généralement élevés. La réponse passe donc, selon Johann Remaud, par la différenciation : « Pour se démarquer, il faut se spécialiser ».

Faire venir les investisseurs vers les Outre-mer

À travers son réseau d’une cinquantaine d’implantations à travers le monde, l’agence identifie des investisseurs susceptibles de développer des projets en France, Outre-mer compris. L’enjeu consiste là encore à mettre en avant les spécificités des territoires. Biodiversité, cosmétique, infrastructures, transition écologique ou adaptation au changement climatique peuvent constituer des facteurs d’attractivité. Johann Remaud décrit notamment les Outre-mer comme de véritables « laboratoires à ciel ouvert » du développement durable.

Le V.I.E, autre levier d’internationalisation

Le Volontariat international en entreprise (V.I.E) permet à une entreprise française de confier à un jeune Français ou ressortissant européen une mission professionnelle à l’étranger pour une durée de six à vingt-quatre mois.

Le dispositif présente un double intérêt. Il permet à une entreprise de pouvoir développer une activité à l’international tout en s’appuyant sur un dispositif sécurisé et pris en charge par Business France. Pour le jeune volontaire, il offre l’opportunité d’acquérir une expérience à l’étranger et d’exercer rapidement des responsabilités importantes.

Aujourd’hui, une vingtaine d’entreprises ultramarines utilisent déjà le dispositif, représentant une quarantaine de V.I.E déployés dans le monde.

Retrouvez l’entretien intégral de Johann Remaud, directeur du réseau Outre-mer de Business France, dans 360 ÉCO, le nouveau rendez-vous économique d’Outremers360 réalisé en partenariat avec BRED Banque Populaire.