ÉCOUTEZ OUTREMERS 360 RADIO

Outremers 360°
Toute l'actualité des Outre-mer à 360°
Interview. Migail Montlouis-Félicité : Pêle-Mêle. Ceux qui chantent en moi, « une partition personnelle, écrite avec sincérité, où mon écriture prend le relais de ma voix »
© DR

Femme de radio, journaliste, photographe, l’autrice martiniquaise, Migail Montlouis-Félicité, après avoir exploré les arts sous toutes leurs facettes, passé des décennies à capter les vibrations du monde et recueilli les paroles des autres, a décidé d’ouvrir son album –souvenirs dans « Pêle-mêle. Ceux qui chantent en moi » publié aux éditions Mahury. Celle qui a fait de l’écoute un art de vivre y livre sa propre partition dans un récit inspirant d’une expérience intime où sont rassemblés les échos d’un parcours intense qui dépasse les frontières. Nous l’avons rencontrée pour qu’elle évoque les secrets de la naissance de cet ouvrage, son état d’esprit lors de son écriture, la force qui l’anime, son rapport à la musique très prégnante dans le livre et ses projets futurs. Entretien.

 

On dit « qu’écrire, c’est libérer ces fantômes intérieurs que sont nos secrets », qu’est-ce qui a fait naître vos premiers écrits. Qu’est-ce qui a fait naître « Pêle-Mêle. Ceux qui chantent en moi » ?

Le but de mon écriture n’est pas de dévoiler des secrets. J’écris pour donner une voix à ce qui vit en silence. Mes premiers textes écrits très jeunes sont nés d’une nécessité presque d’un souffle... Pêle-mêle ceux qui chantent en moi est né de ces murmures intérieurs, de mes blessures, de mes joies et de mes espérances. J’écris pour transformer l’invisibilité en lumière, et peut-être toucher, au passage, le cœur de quelqu’un.  En fait j’écris moins pour dévoiler des secrets que pour leur offrir des refuges. Les mots ne les effacent pas, ils les transforment en ce qui peut être partagé, compris…Et de là commence la liberté.

Comment peut-on définir cet ouvrage ? Livre bilan ? Récit autobiographique ou inspiré de votre vie ? Livre mémoire ? Galerie de portraits, de souvenirs ?

En fait je pense que mon titre le définit - un melting-pot d’écrits accumulés au fil du temps, un puzzle rassemblé. Un patchwork de genres littéraires – de la prose à la pige en passant par une nouvelle adaptée au cinéma... Je laisse le lecteur le définir. En tout cas, mon Éditeur Mathias Aubry a composé une nouvelle rubrique dans Éditions Mahury pour le « caser » … Et dans l’ouvrage on trouve un peu de souvenirs, de portraits autrement, un peu de bilan et donc, des moments autobiographiques.

Après avoir recueilli pendant des années les confidences d’un certain nombre d’artistes, vous avez décidé de livrer votre propre partition. Qu’est-ce-à-dire ?

En effet, des années durant j’ai écouté quelques propos confidentiels ou pas de bon nombre d’artistes particulièrement en radio…Ce n’est évidemment pas la raison déclic, mais depuis si longtemps j’avais l’envie d’être lue avec sérieux. J’ai aimé l’idée d’écrire un ouvrage, le faire éditer a été plus long… Pêle-mêle est cette partition personnelle, écrite avec sincérité, où mon écriture prend le relais de ma voix.

Dans votre récit, on sent une grande générosité, de l’empathie voire de l’amour envers ceux que vous avez côtoyés. C’est cet état d’esprit, ces sentiments qui vous ont accompagnés au cours de l’écriture de cet ouvrage ?

Mon quotidien est défini par l’amour… quand il n’existe pas je le sculpte avec ce que j’ai, même peu. J’en ai besoin, un temps c’était pour survivre désormais pour bien vivre. Certaines de mes rencontres ont été scellées par l’amitié et l’estime. Ce qui importe pour moi c’est ce qu’on peut apporter à l’autre pour se faire grandir et ce réciproquement. Dans l’accompagnement de cet ouvrage il y a eu une personne qui compte, j’ai avec elle échanger souvent durant cette période. Alors que j’écrivais, bien qu’elle ne savait pas mon projet, elle fut telle une muse inspirante. Et il y a eu également deux anges gardiens, Gabriel et Galante, l’un bébé d’un an et l’autre ma colocataire kat’pat.

Vous semblez danser sur les paroles et les souvenirs de « ceux qui chantent en vous ». Quelle est cette force qui vous anime ?

Ma force ! C’est absolument de croire que chaque émotion laisse en nous une note. Je danse assurément pour que même les bagarres deviennent des élans de lumière, de chant partagé. Je veux encore croire que nos blessures peuvent devenir des ailes, et que les mors, lorsqu’ils sont sincères, savent encore chanter l’espérance.

La musique est très présente dans votre ouvrage. Est-ce une façon cathartique de surmonter cette frustration de ne pas avoir été vous-même musicienne ?

Je n’ai jamais ressenti de frustration. Bien sûr, j’aurais aimé savoir jouer du piano, du saxophone ou de la trompette comme mon père. La musique a toujours eu un autre chemin pour vivre en moi. Si je ne la joue pas avec mes mains, je la laisse résonner à travers les mots. C’est une autre manière de faire entendre ce qui m’habite.

Peut-on, au final, parler de récit inspirant d’une expérience intime à propos de votre livre ?

Oui, dans le sens où il est profondément ancré dans mon expérience intime. Mais si ce livre peut inspirer, c’est parce qu’il invite à retrouver ses propres résonances. Mon histoire n’est qu’un point de départ ; ce sont les émotions qu’elle éveillera qui lui donneront tout son sens.

Quels sont vos projets futurs ?

Déjà, accompagner ce premier ouvrage lors de différents temps de dédicaces. Un challenge fou puisque me voilà programmée pour une lecture-musicale Pêle-mêle ceux qui chantent en moi à la Petite Chapelle du TOMA au Off d’Avignon. Puis les 24 & 25 juillet : Hommage à Maryse Condé au Parc Floral de Vincennes. Et j’en fais vœu, une escale en outre-mer, chez moi à la Martinique puis en Guadeloupe pour présenter mon premier ouvrage d’abord aux amis puis à ceux qui souhaitent le découvrir.