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« Harmony » : les secrets de fabrication de la première série originale de Canal+ Antilles-Guyane
La série "Harmony" casse les codes habituels de la fiction ultramarine en plaçant la haute gastronomie au cœur de son intrigue © Canal+

Actuellement en tournage en Guadeloupe jusqu'à la fin juin 2026, Harmony est la première série originale de Canal+ Antilles-Guyane. Ce projet de huit épisodes mobilise durant cinq semaines les talents locaux autour d'une intrigue dédiée à la gastronomie. Un sujet de notre partenaire RCI. 

Une plantation de cacao à sauver, une passion pour la gastronomie et une histoire de famille. C'est l'univers d'« Harmony », la première série télévisée originale de Canal+ Antilles-Guyane. Si la chaîne est à la fois co-productrice et diffuseur, il s'agit de la toute première création originale des territoires ultramarins. Le tournage du show est actuellement en cours en Guadeloupe pour un total de cinq semaines jusqu'à la fin du mois de juin 2026.

La Guadeloupe sous un autre regard

L'hôtel Saint-Georges, à Saint-Claude, a notamment accueilli une partie des séquences gastronomiques dans ses cuisines. La suite du tournage se poursuit au Beverly. Au-delà de la fiction, la série « Harmony » veut aussi mettre en lumière une Guadeloupe sous un autre regard.

Une ambition saluée par le comédien Édouard Montoute, qui incarne Théo Bernard, un homme de 64 ans au charisme imposant, restaurateur et homme d’affaires chevroné : « C'est une série que j'aime beaucoup, car elle permet de parler de l'outre-mer sans passer par la case plage ou la case commissariat, et ça change. Je ne dis pas ça pour tacler mes amis de "Tropiques Criminels" avec qui j'ai travaillé avec grand plaisir, mais c'est vraiment sympathique d'être sur une série française d'outre-mer qui se déroule plutôt dans le milieu de la restauration. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup. C'est l'histoire d'une jeune femme qui reprend le flambeau de sa mère et essaye d'intéresser le guide Michelin pour obtenir une étoile. C'est intéressant de se poser la question, car j'ai découvert que dans tous les territoires d'Outre-mer, il n'y a aucun restaurant étoilé. Est-ce à dire qu'on est moins bons que dans l'Hexagone ? Je ne pense pas. C'est juste une question d'intérêt, il faut attirer la curiosité de cette institution qu'est le guide Michelin. Je pense que ce film y répond et pose de vraies questions ».

L'onigiri revisité à la sauce locale

Dans cette fiction, les assiettes ne sont pas de simples accessoires. Derrière chaque création, le chef du restaurant Le Canopy, Ayanns Grandisson, imagine et prépare les plats qui apparaîtront à l'écran : « C'était un peu comme un défi personnel. Je me suis dit : si demain je devais avoir une étoile, qu'est-ce que je sortirais ? Il a fallu créer trois cartes en très peu de temps. Il y a un vrai décalage entre ce qu'on fait pour un film et la réalité, car il faut que les visuels tiennent. Les températures ne sont pas les mêmes pour les mousses et il faut aussi respecter un budget, puisque c'est une réalité économique. Nous avons travaillé des produits à la croisée de l'Asie, de la Guadeloupe et de la France. Par exemple, nous avons revisité l'onigiri, cette boule de riz que l'on a présentée en rectangle, emballée comme un cadeau. À l'intérieur, nous avons mis du cochon roussi, des haricots rouges et du lait de coco. C'est un mix entre les plats d'ici et les techniques d'ailleurs, car c'est ça, mon truc. J'aime la créativité et inventer des choses. Nous avons fait des trompe-l'œil au cacao, puisque la série tourne autour des produits locaux, mais aussi en forme de fèves de café. C'est la grande mode du trompe-l'œil actuel, à la Cédric Grolet, que nous avons retravaillée avec nos propres produits ».

Un défi budgétaire et humain

Derrière les caméras, la réalisation de cette série de huit épisodes a demandé une organisation minutieuse et des choix parfois contraints par le budget. Le réalisateur Fabrice Pierre a dû composer avec un rythme intense et des contraintes budgétaires serrées pour donner vie à ces huit épisodes : « C'est très intense. Le budget est un peu serré, donc il faut faire rentrer beaucoup de choses dans une contrainte de temps. Je crois que nous sommes entre 1,4 et 1,6 million d'euros. Sur un projet comme celui-ci, idéalement, on serait plutôt à 2,5 millions, mais c'est une première. J'ai cette pression d'ouvrir la voie pour les autres. C'est un modèle économique qui n'existait pas encore. Canal+ a cette volonté de vouloir raconter des histoires locales avec des talents locaux. C'est inédit et j'ai envie de paver le chemin pour ceux qui arriveront derrière. Nous avons une belle équipe et des comédiens très impliqués, qui se sentent valorisés dans des rôles qui leur ressemblent et leur parlent. Tout se passe magnifiquement bien grâce à cela, parce que tout le monde a envie de voir cette histoire exister ».

RCI