L’observatoire de la qualité de l’air Gwad’Air a annoncé le lancement d’un programme de surveillance des pollens et moisissures allergisants en Guadeloupe. Ce projet, cofinancé par l’Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe, vise à améliorer les connaissances sur les allergènes biologiques présents dans l’air ambiant et à renforcer l’information du public.
Selon Gwad’Air, les maladies respiratoires représentent un enjeu important de santé publique sur le territoire. Les données de l’Observatoire régional de la santé de Guadeloupe (ORSaG) indiquent que 22 157 personnes ont été prises en charge pour de l’asthme en 2023, soit près de 6 % de la population. Les enfants et les jeunes adultes figurent parmi les catégories les plus concernées.
L’organisme souligne également le manque de données de surveillance des pollens dans les territoires ultramarins, un constat relevé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Cette situation intervient dans un contexte où les changements climatiques sont susceptibles de modifier les saisons polliniques et les niveaux d’exposition aux allergènes.
La première phase du projet a débuté le 1er janvier 2026 et doit s’étendre sur une période prévisionnelle de trois ans. Le dispositif repose sur l’installation de capteurs de nouvelle génération permettant le prélèvement hebdomadaire de pollens et de spores allergisantes, avant leur analyse en laboratoire.
Quatre sites ont été retenus afin de couvrir différents environnements de l’archipel : le centre hospitalier de Pointe-Noire, le domaine de Campêche à Anse-Bertrand, le centre hospitalier de Capesterre-Belle-Eau et la ZAC de Providence aux Abymes. Selon Gwad’Air, ce maillage doit permettre de recueillir des données représentatives de la diversité écologique et climatique de la Guadeloupe.
Le projet prévoit notamment l’actualisation du calendrier pollinique de référence de la Guadeloupe, établi pour la dernière fois en 2000. Les données collectées devraient également contribuer à identifier les principales espèces polliniques présentes sur le territoire, à évaluer leur potentiel allergisant et à développer des outils de prévision. Les informations produites seront destinées au grand public ainsi qu’aux professionnels de santé.

Pour Nathalie Laul, Directrice de Gwad’Air : « Mieux connaître les pollens présents dans notre environnement, c’est mieux protéger la santé des Guadeloupéens et anticiper les impacts des changements environnementaux sur les maladies respiratoires ».
« Ce projet nous permettra d’améliorer les connaissances en Guadeloupe et de renforcer les partenariats avec les acteurs de la santé et de la recherche pour mieux accompagner la population, en particulier les personnes vulnérables », affirme Céline Garbin, Responsable du pôle Études de Gwad’Air.
Dans le cadre de cette initiative, Gwad’Air appelle à la participation des acteurs scientifiques, médicaux et institutionnels. L’organisme souhaite favoriser la coopération entre chercheurs, médecins, allergologues, biologistes, botanistes et partenaires publics afin de renforcer les connaissances locales sur l’exposition aux allergènes biologiques et leurs effets sur la santé.
Créé pour assurer la surveillance de la qualité de l’air en Guadeloupe et à Saint-Martin, Gwad’Air est agréé par le ministère chargé de l’Environnement. Sa mission comprend notamment la mesure des polluants atmosphériques, la prévision de la qualité de l’air, l’information du public et l’accompagnement des politiques d’amélioration de la qualité de l’air.





















