En amont de la cérémonie du 25ème anniversaire de promulgation de la loi Taubira, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville, les parlementaires du territoire Davy Rimane, Jean-Victor Castor et Georges Patient, ainsi que le président de l'association des maires, Michel-Ange Jérémie, ont été reçu par le président de la République Emmanuel Macron pour évoquer avec lui l'évolution institutionnelle du territoire.
« On avait dit au président de la République que nous souhaiterions parler de l'évolution institutionnelle et statutaire de la Guyane. Il a accepté de répondre à cette interrogation » a indiqué Gabriel Serville, interrogé par Outremers360. Le président de la Collectivité se « réjouit qu'après un an d'attente, que le président veuille bien recevoir une délégation d'élus de la Guyane pour parler de cette question ».
D’après l’élu guyanais, le chef de l’État aurait proposé « deux voies » à cette évolution statutaire. En premier lieu, « il y a la voie qui est sollicitée par les élus de Guyane, à savoir un statut « sui generis », un vrai statut, qui emporterait l'écriture soit d'un article spécifique, soit d'un titre spécifique dans la Constitution qui consacrerait le principe de l'autonomie de la Guyane ». Un « chemin qui sera long et difficile » a prévenu Emmanuel Macron.
L’autre voie consiste à intégrer la Guyane dans l’article 74 de la Constitution, au même titre que la Polynésie française, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre et Miquelon. « On a répondu très clairement qu'on n'a pas été mandaté par le Congrès des élus pour parler de l'article 74 » a expliqué Gabriel Serville, bien que, selon nos informations, une partie des parlementaires du territoire y seraient favorables.
« On a le statut « sui generis » chevillé au corps » a insisté Gabriel Serville. En réponse, le chef de l’État « a proposé que soient lancés sans attendre les groupes de travail afin d’aboutir, d’ici septembre, à des propositions d’écriture constitutionnelle et organique » a indiqué l’Élysée à notre rédaction. La présidence de la République assure aussi que « le Président de la République a clairement dit qu’il était favorable à accompagner cette volonté légitime d’évolution institutionnelle pour répondre aux réalités amazoniennes ».
« On a attendu 70 ans pour avoir une évolution institutionnelle qui soit digne de ce nom. Donc, on peut attendre 70 ans plus un an et demi voire deux ans » et ce, en prenant en compte la nécessité de transmettre le dossier à un nouveau chef d’État en mai 2027. « L'idée, c'est que le président de la République tienne une parole forte qui engage l'État, et que quelle que soit la personne qui serait élue en mai 2027, qu'il y ait une continuité de l'action de l'État envers la Guyane, pour que, ce qui n'a pas été fait en 2026 puisse être poursuivi durant l'année 2027 ».
Pour le président de la Collectivité, le plus difficile sera de réunir les 3/5 du Congrès. « À charge pour nous aujourd'hui d'aller voir les différents groupes » parlementaires « pour prendre la température ». « Si jamais c'est positif pour nous, le président de la République s'est engagé à réunir le Congrès pour parler du cas spécifique de la Guyane. Si, a contrario, on sentirait qu'il y a des hésitations de la part des sénateurs et des députés, on va continuer le travail ».
Gabriel Serville s’attend aussi à un « changement de coloration politique » au Sénat dès septembre, « à partir duquel la Guyane pourrait espérer obtenir satisfaction, gain de cause pour aller vers ce processus ».





















