Énergies : En Guadeloupe, TotalEnergies défend son projet éolien Dadoud face aux contestations des exploitants agricoles

Un parc éolien et solaire de TotalEnergies près de la commune de Saint-François en Guadeloupe ©DR

Énergies : En Guadeloupe, TotalEnergies défend son projet éolien Dadoud face aux contestations des exploitants agricoles

Après une réunion d’information le 30 avril dernier entre TotalEnergies, la préfecture et les élus locaux, le producteur assure poursuivre le dialogue autour de son projet éolien Dadoud à Petit-Canal, projet qui suscite les contestations des exploitants agricoles depuis son lancement en 2022.

« Le projet éolien de Dadoud, situé sur la commune de Petit-Canal, prévoit l’installation de 10 éoliennes pour une puissance installée de 20 MW. Sa production est estimée à 50 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique d’environ 25 000 habitants » explique TotalEnergies dans un communiqué du 20 mai.

« Au-delà de ses caractéristiques techniques, ce projet s’inscrit pleinement dans une volonté de renforcer l’autonomie énergétique de la Guadeloupe en participant à l’augmentation des capacités de production d’électricité d’origine renouvelable, une énergie décarbonée et locale. Il s’inscrit également dans les ambitions fixées par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) en matière de développement de l’éolien » ajoute le producteur d’énergies.

Toutefois, sur place et ce, depuis le lancement du projet en 2022, TotalEnergies se heurte à une levée de bouclier des exploitants agricoles qui, réunis en collectif, réclament l’abandon du projet, dénonçant notamment l’absence de titre de propriété au nom du Département et de bail emphytéotique, les erreurs de la préfecture ou encore la méconnaissance du Plan Local d'Urbanisme (PLU) de Petit-Canal, liste Guadeloupe La 1ère.

Autres inquiétudes des agriculteurs : l’impact environnemental du projet sur des terres « fertiles » et « de qualité », dans un archipel encore marqué par le scandale du chlordécone. « Ces terres ont une forte valeur agronomique et ne sont pas polluées par la chlordécone. Elles devraient être préservées pour les jeunes qui prennent la relève des anciens partant à la retraite » avait estimé le 30 avril Freddy Nomed, président de l’ADREFANOR.

« Le projet a été conçu avec une attention toute particulière portée sur les sujets de cohabitation entre cette production locale d’électricité décarbonée et la production agricole développée sur la zone d’implantation du site » défend de son côté TotalEnergies qui souligne par ailleurs que « l’emprise au sol du parc, et de ses chemins d’accès, représente 2,5 hectares d’une zone d’implantation totale de 75 hectares, soit moins de 3,4% du foncier disponible ».

« Au-delà de l’indemnisation des exploitants concernés, le libre accès aux terrains permettra à l’activité agricole de se maintenir, tout en profitant de la réfection et de l’entretien des chemins y donnant accès » assure encore le producteur d’énergies. « Toutes les autorisations de ce projet sont obtenues ».

« Le choix d’une zone propice au développement d’un projet éolien n’est pas aléatoire, la zone doit répondre à plusieurs critères pour être éligible. Les études de préfaisabilité visant à recenser les principales contraintes techniques ont permis de définir la zone comme étant susceptible d’accueillir les éoliennes » justifie encore TotalEnergies.

Pour Marc Longrée, Responsable de l’agence Antilles-Guyane de TotalEnergies Renouvelables France, la réunion du 30 avril dernier « marque une étape importante pour le développement de ce projet dans un cadre plus apaisé ». « Au regard de la contribution du parc éolien Dadoud à la stratégie énergétique de la Guadeloupe (…), nous poursuivrons notre démarche de dialogue serein et continu avec tous les acteurs du territoire afin d’assurer une reprise du projet, dans de bonnes conditions de sécurité pour les équipes en charge du chantier. »

Toutefois, cette réunion n’a, semble-t-il, pas permis de lever les blocages puisque le collectif a, ce mercredi, adressé une lettre ouverte aux élus et au préfet pour dénoncer, une nouvelle fois, ce projet. « Les échanges n'ont pas fait avancer la cause » avait aussi constaté le député Max Mathiasin, présent à cette réunion.

« Les agriculteurs soutiennent que ces terres fertiles doivent rester destinées à l'agriculture, tout en reconnaissant que la Guadeloupe a besoin d'une autonomie énergétique pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Ils font valoir que ce projet éolien pourrait être installé ailleurs » avait-il poursuivi, interrogé par nos partenaire d’RCI Guadeloupe. « Je proposerai aux autres élus ainsi qu'au président du Conseil départemental de nous réunir pour échanger sur cette question ».