Le président de la République a présidé ce jeudi matin une nouvelle réunion de lutte contre le narcotrafic, dans l’Hexagone et en Outre-mer, ces territoires étant des « axes d’action » importants pour le gouvernement, alors que la ministre Naïma Moutchou doit dévoiler vendredi un plan de lutte Antilles-Guyane.
« Le quatrième axe d'action à mes yeux, c'est les Outre-mer » a déclaré le chef de l’État en introduction de cette nouvelle réunion à l’Élysée, après avoir cité la poursuite des actions de terrains, la coopération internationale et la pression sur l’approvisionnement.
« Dès janvier dernier » rappelle Emmanuel Macron, « on a établi un plan d'urgence avec plusieurs axes » pour les Outre-mer. « Il faut accélérer son déploiement et je demande qu'on regarde l'ensemble des territoires ultramarins parce qu'on voit les fragilités qu'il y a aussi évidemment en Polynésie », a-t-il ajouté.
Cette collectivité du Pacifique fait face au fléau de la méthamphétamine, appelée « ice » localement, poussant le gouvernement local à déployer un plan de plus de 2 millions d’euros, essentiellement axée sur la prévention et la prise en charge des personnes dépendantes. Le gouvernement a, lui, promis une enveloppe complémentaire de 2 millions d’euros.
A La Réunion, territoire jusqu’ici préservé mais rattrapé par le narcotrafic, le préfet a récemment présenté un plan de communication et de sensibilisation visant particulièrement qui, souvent en difficultés financières, se laissent tenter par le transport de drogue.
Ce vendredi, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, actuellement en Martinique, doit dérouler, avec Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, un plan de lutte Antilles-Guyane, à l'occasion de la Conférence régionale de sécurité de la zone.
Selon nos informations, ce plan aura d’ailleurs un volet coopération régional conséquent, avec les États partenaires de la zone Caraïbes et Amérique du Sud. Il doit aussi permettre de renforcer la sécurité des points d’entrées, notamment des ports, aéroports, frontières terrestres et côtes, que ce soit de la Guyane, de la Martinique, de Guadeloupe, de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
L’État dit aussi vouloir se mobiliser pour « soutenir les populations et renforcer la cohésion sociale », « donner les instruments supplémentaires pour mieux cibler et frapper les trafiquants et leur réseau », « protéger les agents chargés de la lutte contre le narcotrafic », y compris les protéger contre les tentatives de corruption.

