Ebola : Mayotte mise sous surveillance sanitaire renforcée, des mesures de précaution annoncées par le Premier ministre Sébastien Lecornu

© ONU/Martine Perret

Ebola : Mayotte mise sous surveillance sanitaire renforcée, des mesures de précaution annoncées par le Premier ministre Sébastien Lecornu

Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie de virus Ebola, en cours dans la province d'Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), en « urgence sanitaire de portée internationale », le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 19 mai une série de mesures de précaution centrées sur Mayotte.

La décision a été rendue publique le 19 mai par le Premier ministre Sébastien Lecornu, au lendemain d'une réunion de coordination interministérielle à l'Hôtel de Matignon. Elle réunissait les ministères de l'Intérieur, de l'Europe et des Affaires étrangères, de la Santé, des Transports et des Outre-mer. Mayotte est, à ce stade, le seul territoire français pour lequel Matignon active explicitement un dispositif de précaution renforcé.  "Le gouvernement est très attentif à la situation et a mobilisé immédiatement les autorités sanitaires et diplomatiques afin d'assurer un suivi exhaustif de l’épidémie et a pris de premières mesures de précaution, notamment à Mayotte", a écrit Sébastien Lecornu dans un communiqué.

Si les modélisations conjointes de l'INSERM et de Santé publique France concluent à un risque d'importation très faible, la situation géographique de Mayotte, dans le canal du Mozambique et à proximité de la région des Grands Lacs via les flux migratoires depuis l'Afrique de l'Est et les Comores, justifie pour le gouvernement des mesures spécifiques. Dès dimanche, la Préfecture et l'Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte ont été mises en alerte. La surveillance sanitaire a été renforcée.

Le Centre hospitalier de Mayotte (CHM) et l'ensemble des acteurs de santé du territoire ont été mobilisés pour préparer, en cas de besoin, une prise en charge sécurisée. Les mesures opérationnelles annoncées par le Premier Ministre  couvrent six volets : circuit patient identifié, avec consignes d'isolement précisées, capacités d'hospitalisation sécurisées ; organisation des prélèvements biologiques et envoi sécurisé vers le centre national de référence dans l'Hexagone, activation de l'astreinte zonale d'infectiologie, en lien avec l'ARS de La Réunion ; renforcement du suivi et de la couverture sanitaire des migrants, Communication à destination des professionnels de santé libéraux.

Au-delà de la santé, les ministères des Armées, des Affaires étrangères et de l'Intérieur ont été mobilisés pour renforcer les contrôles liés à l'arrivée de migrants en provenance d'Afrique de l'Est, de la région des Grands Lacs et des Comores, ainsi que pour intensifier la coopération entre pays de la zone.

À ce jour, 131 décès ont été recensés en République Démocratique du Congo, pour 513 cas suspects. Le variant en cause, Bundibugyo, identifié pour la première fois en 2007, présente une létalité de 40 à 50 % et ne dispose d'aucun vaccin ni traitement homologué.