Le projet CARIBS (Coopération régionale pour la gestion des sargasses et le renforcement des capacités dans le bassin des Caraïbes) a été lancé à Cuba le 17 juin 2026 par l’ambassade de France à Cuba et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD). Financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères via le Fonds Équipe France (FEF), il est déployé à Cuba, au Mexique et en République dominicaine.
L’initiative vise à renforcer la coopération régionale dans la gestion des échouements massifs de sargasses et à améliorer les capacités d’adaptation des populations confrontées à ce phénomène environnemental. Depuis près de quinze ans, ces algues brunes prolifèrent dans les Caraïbes et affectent de nombreux territoires côtiers.
Le projet prévoit notamment d’améliorer les dispositifs de surveillance afin d’évaluer l’abondance de la biomasse de sargasses ainsi que leurs impacts écologiques et toxicologiques sur les écosystèmes cubains. Il entend également développer des solutions de collecte et de valorisation de la biomasse et encourager la participation citoyenne à travers une application de géolocalisation des côtes touchées.
À Cuba, où les arrivées de sargasses sont importantes mais où les outils de suivi restent limités, le CIRAD coordonne un volet consacré à la valorisation énergétique de cette biomasse. Dans un contexte marqué par des difficultés d’approvisionnement énergétique, le projet explore des solutions fondées sur la production de biogaz et de combustibles alternatifs.
« Notre objectif est d’exploiter les sargasses comme ressource principale pour la production de biogaz et de briquettes destinés aux ménages et petites entreprises cubaines, afin de leur proposer une solution énergétique durable, fiable et adaptée à leurs besoins », explique Paula Fernandes, chercheuse au CIRAD basée à La Havane.
Les résidus issus de la méthanisation des déchets organiques pourraient ensuite être utilisés pour fabriquer des briquettes combustibles destinées à remplacer le charbon.
Les travaux sont menés dans deux provinces cubaines à vocation touristique : Matanzas, sur la côte sud, et Ciego de Ávila, sur la côte nord. Les équipes scientifiques y étudient à la fois les aspects techniques du projet, notamment le suivi de certains polluants comme l’arsenic, et les dimensions sociales liées à l’adoption de ces nouvelles solutions énergétiques par les populations locales.
Cette approche vise à évaluer l’adéquation des dispositifs proposés aux besoins des communautés concernées et à analyser leur appropriation des ressources issues de la valorisation des sargasses.
Le projet est financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Son pilotage administratif est assuré par l’ambassade de France en République dominicaine, tandis que sa mise en œuvre est coordonnée par les ambassades de France à Cuba et au Mexique. La coordination scientifique est assurée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) au Mexique. À Cuba, le projet est porté par le CIRAD, tandis qu’en République dominicaine il est mis en œuvre par l’Institut technologique de Saint-Domingue (INTEC).

