Du 17 au 20 juin, le salon VivaTech 2026 réunit à Paris des milliers d’entreprises, investisseurs et acteurs de l’innovation venus du monde entier. À l’occasion de cette 10ème édition, plusieurs territoires ultramarins ont fait le déplacement avec une ambition commune : démontrer que les Outre-mer ne se résument pas à leur attractivité touristique mais qu’ils sont aussi des terres d’innovation, capables de développer des solutions technologiques à portée internationale.
La Nouvelle-Calédonie mise sur un écosystème tech en pleine structuration
Pour la quatrième année consécutive, la Nouvelle-Calédonie participe à VivaTech avec son « New Caledonia Pavilion ». Cette édition 2026 marque une montée en puissance de la délégation calédonienne qui réunit huit startups et seize partenaires institutionnels et privés sur un stand agrandi de 50 à 70,5 m².
À travers cette présence, les acteurs économiques du territoire souhaitent renforcer l’attractivité internationale de la Nouvelle-Calédonie, développer de nouvelles opportunités d’affaires et favoriser les partenariats avec des investisseurs et entreprises du monde entier.
Parmi les entreprises présentes figure notamment Firetracking, l’une des startups les plus emblématiques de la délégation. La société a développé une solution permettant de détecter les départs de feux en moins de trois minutes jusqu’à vingt kilomètres de distance. Déjà utilisée en Nouvelle-Calédonie, sa technologie poursuit aujourd’hui son développement dans l'hexagone, notamment en Indre-et-Loire, illustrant la capacité des innovations ultramarines à trouver des débouchés bien au-delà de leur territoire d’origine.
La délégation calédonienne compte également Testeum, spécialisée dans les tests participatifs, Watom, qui développe des solutions de serious games numériques, OPS Insight, plateforme d’intelligence artificielle conversationnelle dédiée à la conformité aéronautique et spatiale, Spirit, spécialisée dans les solutions de paiement adaptées au Pacifique français, Santeo dans la prévention et l’éducation à la santé (et qui travaille déjà sur place avec l'Office des Postes et Télécommunications), So’Bloo dans la gestion d’entreprise assistée par l’IA, ainsi que Digibarre, dédiée à la gestion des barreaux et des professions juridiques.
Cinq startups réunionnaises à la conquête de nouveaux marchés
La Réunion participe également pour la quatrième année consécutive au plus grand salon européen de la technologie. Pour cette édition, la Région Réunion accompagne cinq entreprises innovantes sélectionnées à l’issue d’un appel à candidatures.
Le territoire met en avant des solutions couvrant plusieurs secteurs stratégiques. Agent Vox développe des agents conversationnels basés sur l’intelligence artificielle afin d’automatiser les processus métiers et améliorer la relation client. Eyako présente une plateforme dédiée au pilotage de la cybersécurité, destinée aux responsables de la sécurité des systèmes d’information.
La startup FIT-AI mise quant à elle sur les technologies de Smart City avec des outils de stationnement prédictif et de gestion intelligente de l’espace public. MediaBy développe une plateforme d’achat média alimentée par l’intelligence artificielle permettant d’optimiser les campagnes publicitaires multicanales, tandis que Mositouch travaille sur des solutions biotechnologiques innovantes pour lutter contre les moustiques invasifs grâce à la production et au lâcher de mâles stériles.
Au-delà de la visibilité offerte par le salon, la Région Réunion voit dans VivaTech une opportunité de renforcer les liens entre les entreprises locales et la diaspora économique réunionnaise, afin de favoriser les investissements, les partenariats et l’internationalisation des entreprises du territoire.
Mayotte présente son premier stand à VivaTech
Pour Mayotte, l’édition 2026 marque une étape symbolique. Si le territoire participait déjà au salon en tant que visiteur, c’est la première fois qu’il dispose de son propre stand au sein de VivaTech.
Présente à Paris, Naomi Behanzin, responsable du pôle communication de l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM), voit dans cette participation une occasion de changer le regard porté sur le territoire. « Jusqu’à maintenant, Mayotte venait visiter, s’inspirer, mais aujourd’hui Mayotte a un stand. Nous sommes ici avec des startups et l’idée, c’est de montrer qu’effectivement nous sommes un territoire qui aussi peut innover », explique-t-elle.
Trois entreprises accompagnées par l’Agence ont fait le déplacement : MaoreDev, qui développe une solution numérique de terminal de paiement destinée aussi bien au marché local qu’à l’international, Idephi, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée notamment au secteur du BTP et de la reconstruction et Sirel 976, qui développe des applications mobiles et web.
Au-delà de la présentation de leurs innovations, les représentants mahorais souhaitent mettre en avant un territoire tourné vers l’avenir malgré les difficultés auxquelles il est confronté. « On parle souvent de Mayotte d’un point de vue des difficultés, des défis, des challenges. Mais Mayotte n’a rien forcément à envier aux autres et l’idée, c’est de montrer qu’elle a toute sa place dans un salon qui parle d’innovation et de technologie », souligne Naomi Behanzin.
Depuis l’ouverture du salon, le stand mahorais attire de nombreux visiteurs venus découvrir les opportunités économiques du territoire et les solutions développées localement.
Un message partagé par l’ensemble des délégations ultramarines présentes à VivaTech : les Outre-mer entendent désormais être identifiés non seulement pour leurs paysages et leur attractivité touristique, mais aussi pour leur capacité à innover, entreprendre et exporter leurs technologies au-delà de leurs frontières.

