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Yannick Bérezaie nommé à la tête de Syntec Océan Indien, fédération du numérique, du conseil, de l'ingénierie, de la formation et de l'événementiel

La Fédération Syntec, qui représente les entreprises du numérique, du conseil, de l'ingénierie, de la formation professionnelle et de l'événementiel, poursuit son ancrage dans les territoires avec l'ouverture d'une première représentation en Outre-mer. À travers la création d'une délégation régionale en janvier 2026, couvrant La Réunion et Mayotte, elle confie à Yannick Bérezaie, dirigeant d'ISODOM, membre du Bureau et secrétaire du Medef Réunion, la mission d'accompagner les entreprises face aux grands enjeux de transformation, de compétences et d'innovation. Pour Outremers360, il détaille les ambitions de cette nouvelle représentation régionale et sa feuille de route pour structurer les filières, renforcer l'emploi et accompagner les mutations économiques dans l'océan Indien.

Un entrepreneur réunionnais aux commandes de la Fédération Syntec Océan Indien

À la tête d'ISODOM, entreprise de services numériques basée à La Réunion, Yannick Bérezaie accompagne depuis plusieurs années les organisations dans leurs projets de transformation digitale, environnementale et organisationnelle. Si la data et le numérique constituent le cœur de son activité, il insiste sur la dimension humaine de ces mutations, qu'il qualifie de principal enjeu.

Également impliqué dans plusieurs instances économiques locales, notamment au sein de l'écosystème numérique et du Medef, il voit dans cette nomination une opportunité de renforcer la structuration des filières du conseil, du numérique et de l'ingénierie dans l'océan Indien. 

Au-delà de la représentation des professionnels du secteur, la Fédération Syntec Océan Indien aura pour mission d'accompagner les entreprises dans leurs évolutions et de mieux porter les réalités ultramarines auprès des instances nationales. « Il y a vraiment l'idée d'être acteur, de prendre en main notre destin », affirme-t-il.

Avec Marion Lainé, chargée de mission pour accompagner le déploiement de la feuille de route de Syntec Océan Indien

Syntec, des métiers de services à haute valeur ajoutée 

Peu connue du grand public, la Fédération Syntec représente pourtant un large pan de l'économie des services en France. Elle regroupe cinq grands secteurs : le numérique, le conseil, l'ingénierie, la formation professionnelle et l'événementiel. C'est également elle qui porte la convention collective Syntec, très répandue dans les métiers du numérique et du conseil.

Historiquement, ces syndicats professionnels défendaient surtout les intérêts de leurs propres filières. Mais pour Yannick Béerezaie, le rôle de Syntec évolue aujourd'hui vers une approche plus transversale. « Le principal enjeu, c'est désormais la transformation numérique de l'ensemble de l'économie et de la société », explique-t-il.

Selon lui, le numérique n'est plus seulement un secteur économique parmi d'autres : il est devenu une ressource essentielle, au même titre que l'eau ou l'énergie. « Après un événement climatique, les premiers réseaux qu'on reconnecte, ce sont l'eau, l'électricité et les communications numériques », rappelle-t-il.

Une délégation régionale pensée pour les réalités ultramarines

La création d'une délégation régionale dans l'océan Indien s'inscrit dans la volonté de Syntec de renforcer son ancrage dans les territoires. Mais pour Yannick Bérezaie, il ne s'agit pas seulement de relayer des orientations décidées à Paris. « L'idée, c'est de faire remonter les réalités du territoire », insiste-t-il.

L'ambition est de mieux intégrer les spécificités ultramarines dans les réflexions nationales, qu'il s'agisse des politiques de formation, des enjeux d'emploi ou encore de l'adaptation de la convention collective à un tissu économique largement composé de petites et moyennes entreprises.

Avec Laurent Giovachini, Président de la Fédération Syntec Nationale

La délégation porte une autre priorité, celle de renforcer les liens entre les territoires eux-mêmes. Le nouveau délégué régional plaide pour davantage d'échanges et de coopérations entre régions, sans passer systématiquement par l'échelon national. Des initiatives développées dans le Grand Est ou en Normandie autour du numérique et de l'emploi ont ainsi inspiré des dispositifs aujourd'hui adaptés à La Réunion.

« Les territoires ont tout intérêt à partager leurs expériences et leurs bonnes pratiques », souligne-t-il. Une manière de faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales tout en enrichissant les réflexions menées au niveau national.

La Réunion peut-elle devenir un hub numérique régional ?

Au-delà de la seule échelle française, Yannick Bérezaie défend une vision plus large de faire de La Réunion un acteur régional du numérique dans l’océan Indien. « On a un enjeu d’intégration régionale », estime-t-il.

Il évoque notamment les coopérations possibles avec Maurice, Madagascar ou Mayotte autour de l’intelligence artificielle, de la formation ou encore de l’hébergement des données. Pour lui, aucun territoire de la zone ne peut avancer seul sur des sujets aussi stratégiques. « Si on veut parler de souveraineté numérique ou d’autonomie stratégique, il faut qu’on soit acteurs de notre destin », affirme-t-il.

La Réunion pourrait ainsi servir de « laboratoire » pour les Outre-mer, avec l’ambition que cette organisation régionale inspire ensuite d’autres territoires ultramarins.

Emploi, recrutement et formation : une étude de conjoncture avec l’Apec

Parmi les priorités affichées figurent l'emploi, la formation et l'adaptation des compétences aux besoins des entreprises. Si les secteurs du numérique, de l'ingénierie ou encore du conseil rencontrent des difficultés de recrutement, Yannick Bérezaie nuance le constat : « Des candidats, il y en a. Le problème, c'est parfois la connexion entre les entreprises et les talents. »

Pour répondre à ces enjeux, la Fédération Syntec Océan Indien prévoit notamment une étude de conjoncture avec l'APEC, des travaux sur l'évolution des métiers et des compétences, ainsi que plusieurs actions consacrées aux grandes transformations qui touchent aujourd'hui les entreprises. Intelligence artificielle, responsabilité sociétale des entreprises (RSE), formation continue ou encore adaptation de la convention collective aux réalités des TPE et PME ultramarines figurent parmi les principaux chantiers de la nouvelle délégation.