La rentrée des classes en Polynésie française débute ce mardi 11 août en Polynésie française. Environ 46 000 élèves sont attendus dans les établissements du premier et second degré du territoire. Une baisse d’effectif qui nécessitera, à l’avenir, une modification de la carte scolaire.
« Nous accueillons près de 46 000 élèves pour cette année scolaire, avec une baisse de 8 % par rapport à l’an dernier. Il faut savoir que si nous remontons en 2023, nous avions 49 000 élèves » a détaillé la ministre de l’Éducation en Polynésie, Samantha Bonet-Tirao, interrogée lundi par nos partenaires de Radio 1 Tahiti.
Cette « baisse progressive » des effectifs, qui devrait se poursuivre les prochaines années, implique nécessairement des travaux sur les cartes scolaires, « menés en lien avec les communes et les directions d’école, mais aussi les inspecteurs de l’Éducation nationale ». « Il y a un comptage qui est effectué à la rentrée, qui va nous permettre d’ajuster les classes : on va décider soit d’ouvrir les classes, soit de les fermer. On essaye au maximum de fermer les classes parce qu’on sait que le travail de l’enseignant est facilité quand il y a moins d’élèves ».
Côté enseignants, « 154 personnels de l’Éducation, dont 121 enseignants du second degré » ont été accueillis cette année en Polynésie. Parmi eux, « 44 Polynésiens sont revenus enseigner » au pays, et « 55 enseignants (sont) venus d’autres territoires, notamment de l’Hexagone et de la Martinique ». « Le travail mené depuis 2023 nous a permis de réserver des places pour les lauréats polynésiens partis effectuer leur stage dans l’Hexagone afin qu’ils puissent revenir enseigner au fenua » a salué la ministre qui souligne toutefois des saturations sur certaines matières comme l’anglais et les mathématiques.
« Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est que nous avons réussi à instaurer un dialogue avec l’Éducation nationale, et plus particulièrement avec la DGRH (Direction générale des ressources humaines, ndlr), pour identifier des berceaux, c’est-à-dire des postes disponibles, afin de faire revenir nos Polynésiens » a-t-elle précisé. Bien entendu, la baisse progressive des effectifs entraînera une baisse du nombre d’enseignants. « C’est une réalité que l’on retrouve sur l’ensemble du territoire national ».
Gratuité dans les cantines et nouveaux calendriers scolaires
Parmi les nouveautés de cette année, le gouvernement local a mobilisé 2 milliards de Fcfp pour rendre les cantines des établissements du second degré gratuites. « L’autre étape, menée notamment avec notre ministre de l’Environnement en charge de l’enseignement agricole, va aussi concerner, bien sûr, nos élèves des lycées agricoles ». La ministre évoque également un élargissement du dispositif aux établissements du premier degré, pour lesquels la cantine est gérée par les communes.
« Des discussions ont déjà été engagées en juin avec quelques tavana (maires, ndlr). On a identifié des possibles et des véhicules juridiques, maintenant il faut qu’on pousse la discussion avec d’autres tavana car, d’une commune à une autre, le fonctionnement peut varier » a expliqué Samantha Bonet-Tirao. « L’objectif n’est pas une mise en œuvre dès cette rentrée, mais de construire, d’ici un an, un partenariat durable. Certaines ont déjà mis en place la gratuité de la cantine, c’est le cas par exemple de la commune de Faa’a ».
Le gouvernement de la Collectivité d’Outre-mer travaille aussi sur les calendriers scolaires des deux prochaines années, 2027-2028 et 2028-2029. Une première concertation a eu lieu le 18 juin dernier, avec « huit réseaux d’acteurs du tourisme, du sport, des transports, notamment Air Tahiti, des représentants du personnel enseignant et non enseignant ». « De nouvelles propositions ont émergé avec des alertes très précises pour qu’il y ait une attention particulière sur le temps de l’élève » indique la ministre.
« Une proposition a été faite dans laquelle le temps de vacances est rallongé. Si c’était le cas, il faudrait soutenir davantage les CLSH (centres de loisirs sans hébergement, ndlr) », a-t-elle ajouté. La ministre doit aussi prendre en compte la « budgétisation » des futurs calendriers, avec notamment l’enjeu des rapatriements des élèves des îles éloignées.
Samantha Bonet-Tirao espère aboutir ces travaux à la fin de l’année. Ce qui paraît pour l’heure acté, c’est le rallongement des prochaines vacances de juillet en Polynésie, en raison des Jeux du Pacifique qui auront lieu à Tahiti. Au lieu des cinq semaines de vacances habituelles, les élèves polynésiens pourraient en bénéficier de sept. « Je vais attendre que ces discussions soient finalisées pour pouvoir donner des éléments plus précis et chiffrés », a toutefois précisé la ministre.

