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Polynésie : Feu vert pour le rachat de Tahiti Nui Helicopters par le groupe Brasserie
©Grégoire Le Bacon / Tahiti Nui Helicopters

L’autorité polynésienne de la concurrence a autorisé la vente par Air Tahiti Nui de sa filiale spécialisée dans les hélicoptères à la SAS Tavake, une société du groupe Brasserie de Tahiti. Une opération encore en cours, et qui ne devrait aboutir qu’à la fin du mois d’octobre. Si c’était le cas, elle constituerait, pour le directeur général d’ATN, Lionel Guérin, qui souhaite recentrer la compagnie sur son corps de métier, « une très bonne nouvelle, pour le personnel de TNH, pour le personnel d’ATN et pour le pays ». Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Bientôt la fin d’une parenthèse pour Air Tahiti Nui, qui avait été mobilisé par le Pays en 2017 pour pallier la fermeture du dernier opérateur d’hélicoptères de Polynésie. Tahiti Nui Helicopters avait été lancée l’année suivante en partenariat avec le leader français du secteur, HBG. 

Depuis, la filiale a développé ses activités : vols panoramiques à Tahiti ou aux îles sous-le-vent, charters privés interîles, prestations de travaux aériens, par exemple sur les entretiens de pylônes électriques qui traversent Tahiti… Et surtout vols médicaux, au travers du service médical d’urgence par hélicoptère et les évacuations sanitaires, assurés dans la société et au sein de l’archipel des Marquises. 

Une activité qui était encore rentable en 2024, avant un important trou d’air l’année dernière, lié à l’indisponibilité prolongée de certains appareils, et des complications réglementaires. Bien avant la vente, il a donc fallu redéfinir le cap de TNH. Et lancer le renouvellement de ses appareils, rendu nécessaire entre autres par les obligations réglementaires des evasans. 

En juin, le directeur général d’ATN et président de la filiale, Lionel Guérin, signait un bon de commande pour quatre biturbines H135 d’Airbus Helicopters, facturées environ un milliard de francs pièce, et qui doivent profiter d’une défiscalisation. C’est autour de ce renouvellement de flotte – TNH opère actuellement 5 appareils, dont 4 en leasing, qui seront remplacés – qu’a été construit un « business plan sur 5 ans » de la société.

« Très bonne nouvelle » pour ATN

D’après le dirigeant, c’est « avec ce business plan » que Tahiti Nui Helicopters a trouvé un acheteur. La compagnie du Pays, en turbulences financières depuis plusieurs années, et dont il a été noté à Tarahoi qu’elle avait eu des difficultés à trouver des financeurs pour renouveler les appareils de TNH, y voit un moyen de recentrer son activité. 

« Ça n’était pas dans le core business d’ATN, qui est le long-courrier international, en concurrence avec des grandes compagnies mondiales », expliquait ainsi Lionel Guérin mi-août. Un acheteur de renom, puissant localement et notamment dans le tourisme, a trouvé que ce plan était intéressant et s’est porté acquéreur. C’est une très bonne nouvelle pour le personnel de TNH, pour le personnel d’ATN et pour le pays.

« L’acheteur de renom », c’est la SAS Tavake, présidée par Jean-Pierre Fourcade et dirigée par Mathieu Béchonnet, ancien directeur général délégué d’ATN, qui connait bien TNH pour en avoir été un temps le président. Tavake est une filiale du groupe Martin/Brasserie de Tahiti, effectivement bien implanté dans la filière touristique, notamment au travers de sa chaîne hôtelière Pearl Resorts.

L’autorité de la concurrence a donné, la semaine dernière, son feu vert à cette « prise de contrôle exclusive », dont les conditions financières n’ont pas été révélées, et qui n’est pas encore actée. Tavake n’a pour l’instant fait qu’une entrée minoritaire au capital de TNH, et le reste des opérations suit son cours pour une prise de contrôle complète qui pourrait, si tout va bien, être effective fin octobre.

En 2025, avant les premiers échanges de parts de cette opération, TNH était détenu à 68,5 % par ATN, à 14,8 % par le Pays, 9,1 % par HBG et à 7,6 % par la Sofidep. Elle comptait en fin d’année dernière 26 salariés dont 8 pilotes.

Charlie René pour Radio 1 Tahiti