Le porte-parole du gouvernement calédonien, Christopher Gygès, a fait le point, ce mercredi 26 mars, sur le contenu de la séance collégiale. L’exécutif a notamment procédé au renouvellement de membres au sein d’organismes publics, l’OPT -dont Naïa Wateou devient la présidente-, l’Adanc et la SIC. L’occasion également de faire le point sur plusieurs sujets d’actualité. Détails de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Naïa Wateou à la tête de l’OPT
Le gouvernement a procédé à plusieurs nominations au sein de conseils d’administration d’établissements publics, mercredi 26 mars. « Un point qui a nécessité un certain nombre de discussions », rapporte Christopher Gygès, porte-parole de l’exécutif.
L’élue Les Loyalistes Naïa Wateou a été désignée présidente du conseil d’administration de l’Office des postes et télécommunications (OPT), qui compte 1 200 agents, jusqu’à présent mené par Yoann Lecourieux. « Je crois que c’est la première femme à ce poste. Il y aura beaucoup de travail, et il s’agit d’un renouvellement important qui va permettre à l’OPT de pouvoir fonctionner normalement », indique Christopher Gygès.
Parmi les autres désignations qui ont fait débat, celles concernant l’Adanc (Agence pour la desserte aérienne de la Nouvelle-Calédonie), dont le conseil d’administration était présidé par Gilbert Tyuienon. « Le sujet de la desserte aérienne est animé », glisse le porte-parole, en référence à l’audition d’Aircalin par les élus du Congrès mardi 18 mars. Quatre personnes rejoignent le CA, Alcide Ponga, Philippe Dunoyer, Milakulo Tukumuli et Christopher Gygès, qui doit désormais élire son président.
Ces changements ont-ils des conséquences ? « La question d'Aircalin doit être réexaminée au sein du conseil d'administration de l'Adanc vu la nouvelle majorité qui est en place. Une chose est sûre, c'est que les choix devront être faits en toute transparence vis-à-vis du gouvernement et du Congrès, et non pas à quelques-uns en conseil d'administration ». Enfin, Naïa Wateou, Philippe Michel et Vaimu’a Muliava rejoignent la SIC.
Export de minerai
L’exécutif a renouvelé à la Société des mines de Tontouta (SMT) l’autorisation d’exporter vers le Japon à Sumitomo Metal Mining pour une durée de dix ans. « C’était quelque chose qui était attendu par les petits mineurs de la SMT », avance le porte-parole. La SMT est le troisième exportateur de minerai de Nouvelle-Calédonie en 2023 (16 % des exportations totales de minerais bruts). Sumitomo est un importateur historique de minerais calédoniens, également client de SMGM (Société minière Georges Montagnat) et actionnaire du groupe Ballande à hauteur de 10 %.
Cette nouvelle autorisation permet à la SMT de « pérenniser la relation contractuelle historique avec son partenaire privilégié et de maintenir les travaux miniers des sites de la côte Est », a expliqué le gouvernement dans le relevé des décisions. La SMT dispose également d’une autorisation de cession de minerai à destination de la Chine, au bénéfice de plusieurs sociétés chinoises via son trader, la société Glencore International AG.
Aircalin : de 4 à 3 rotations hebdomadaires vers Singapour
Le gouvernement a approuvé le programme d’exploitation de la compagnie à l’hibiscus jusqu’au 25 octobre. La liaison vers Singapour passe de quatre à trois rotations hebdomadaires « pour s’adapter au plus près à la demande ».
Celle vers Bangkok est maintenue à deux rotations hebdomadaires, explique l’exécutif dans le relevé de décisions hebdomadaires. Aircalin continue de proposer en code share avec Air Tahiti Nui une liaison aérienne hebdomadaire vers Los Angeles via Auckland et Papeete le dimanche au départ et le jeudi à l’arrivée de La Tontouta.
Concernant la desserte de l’Australie, la ligne Nouméa - Sydney est relativement stable, « avec une légère inflexion de l’offre à la baisse pendant les périodes de moindre fréquentation pour l’adapter au plus près à la demande prévue ». L’offre de sièges vers Brisbane reste à deux rotations hebdomadaires.
La desserte de la Nouvelle-Zélande, assurée seulement par Aircalin depuis les événements de mai 2024, augmente pour la saison IATA été 2025 d’une à deux rotations hebdomadaires à destination d’Auckland. Concernant le Vanuatu, Aircalin maintient une rotation le vendredi vers Port-Vila (avec un délestage sur dix semaines).
Enfin, la desserte de Nandi reste à deux rotations hebdomadaires les mardi et samedi, avec une continuation opérée par Aircalin jusqu’à Papeete le mardi, en code share avec Air Tahiti Nui, et jusqu’à Wallis le samedi.
Air Calédonie propose moins de sièges vers les îles
Pour cette saison, Air Calédonie ne propose plus que 38 rotations hebdomadaires sur les quatre destinations de Lifou, Maré, Ouvéa et l’Île des Pins, soit 2 307 sièges contre 2 722 proposés la saison précédente, ce qui représente une baisse de 15 %, sachant que le nombre de sièges avait déjà diminué de 55 % par rapport aux 5 633 proposés à la vente en avril 2024, avant les émeutes. Le transporteur aérien prévoit cependant la possibilité d’augmenter les rotations lors des périodes de plus forte affluence, pendant les vacances et les ponts.
Air Calédonie exploitera également deux vols par semaine à destination de Port-Vila, les lundis et jeudis en fin de journée, soit 140 sièges. Et la location longue durée de l’ATR 72-600 à Air Tahiti est prolongée en 2025.
Précision sur le délai de déclaration de naissance, passé de 3 à 7 jours
Le délai initial de trois jours suivant l'accouchement pour les déclarations de naissance a été allongé à sept jours par la loi du pays du 6 février. Un arrêté du gouvernement vient préciser les règles d'application de ce délai. Il ne commence à courir qu'à compter du jour suivant l'accouchement, et lorsque le dernier jour est un samedi, un dimanche, un jour férié ou chômé, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvré suivant. Cela vise notamment « à diminuer le nombre de cas de déclarations judiciaires, facteur d'engorgement des juridictions », précise le gouvernement.
Et aussi…
Augmentation de la CCS et baisse des charges sociales
Le point presse a été l’occasion d’aborder d’autres sujets d’actualité, parmi lesquelles l’augmentation de la CCS (Contribution calédonienne de solidarité) de 2 à 3 % au 1er avril, une des conditions qui avaient été posées par l’État pour le versement des 27 milliards de francs fin 2024 (dont 18 milliards avaient été octroyés en raison d’une réforme en trompe-l’œil de la TGC adoptée par les élus). Mais cela se fera « concomitamment à une baisse des cotisations sociales », insiste Christopher Gygès.
Selon le porte-parole, le gouvernement va proposer un amendement à la délibération budgétaire qui passe au Congrès vendredi 28 mars. Le texte prévoit « une baisse des charges sociales équivalente au rendement de la CCS, afin que cela soit neutre pour les Calédoniens et qu’il n’y ait pas d’augmentation de la pression fiscale ». Il s’agit « d’une réforme non pas de rendement, mais de baisse du coût du travail ». Un point sur lequel l'État s’est dit être « favorable », ajoute Christophe Gygès, également chargé de la fiscalité, de l’économie, du travail et de l’emploi.
Un bouclier qualité-prix doublé ?
Des discussions ont été entamées avec les acteurs économiques, représentants des importateurs, des industriels, des grossistes et des distributeurs, afin de travailler à étendre la liste de produits à "prix mini". L’idée est de parvenir à un accord interprofessionnel de réduction des prix de 120 références contre une soixantaine auparavant. Les premiers rendus sont prévus d’ici quinze jours, avec « une possible annonce le 18 avril », glisse Christopher Gygès.
Conférence fiscale et sociale
Dans la foulée, une conférence fiscale et sociale doit se tenir du 22 au 25 avril autour de trois thématiques. La première journée sera dédiée à la situation de l’emploi, aux meilleurs moyens de mettre en adéquation les demandeurs et les offres, et à l’amélioration des services de placement, de reconversion et d’alternance. La deuxième journée sera consacrée à la question du coût du travail, du pouvoir d’achat et de la compétitivité, avec « une volonté affichée de baisser les cotisations sociales pour augmenter les salaires », mais aussi de mieux partager la richesse créée au sein de l’entreprise.
« Ce n’est pas normal qu’une entreprise qui distribue 300 millions de francs de dividendes n’ait que des salariés au SMG sans prime d’intéressement, sans rien, on ne peut pas continuer comme ça », estime Christopher Gygès. La troisième journée abordera la fiscalité, et notamment la TGC, une proposition de trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés, la fusion possible entre la CCS et l’impôt sur le revenu, « pour avoir un impôt à assiette très large ». La quatrième journée verra l’ouverture de discussions autour d’un accord de trajectoire fiscale et sociale.
Un nouveau dispositif pour le chômage ?
Des réunions se tiennent avec les partenaires sociaux concernant la refonte du dispositif de régime de chômage. Si aucun nouveau cadre n’a été validé, des propositions ont été faites, portant non pas sur une augmentation des indemnités, mais sur une possible exonération de charges patronales pour les embauches jusqu’à la fin de l’année. « On souhaite favoriser le retour à l’emploi plutôt que d’ouvrir des dispositifs sociaux qu’on aurait peut-être du mal à maîtriser. Mais cela doit être finalisé avec les partenaires sociaux et discuté avec l’État. »
Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes