Règlement intérieur, statut des collaborateurs, préparation de la mission transpartisane prévue à Paris du 31 août au 4 septembre… Après seulement un mois passé à la présidence, Virginie Ruffenach a présenté, ce jeudi 13 août, un bilan de son action de ces trente premiers jours et dévoilé son intention d'accélérer les procédures. Explications de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
« Actif », « dynamique », « en ordre de marche » … Virginie Ruffenach, présidente du Congrès depuis le 10 juillet, à la faveur du pacte de gouvernance conclut entre Le Rassemblement, Les Loyalistes et l’Éveil océanien, a présenté, lors d’un point presse ce jeudi 13 août, un mois seulement après son élection, un premier bilan. « Les élus sont au travail. On va essayer d’être plus transparents et montrer que cette institution est aussi celle des Calédoniens. »
Dans un premier temps, Virginie Ruffenach s’est employée à réunir une séance publique, afin d’achever la composition des commissions, à la suite du départ de quatre représentants du Congrès au gouvernement : Johanito Wamytan, Milakulo Tukumuli, Nina Julié et Christopher Gygès. « Quand les commissions sont incomplètes, vous ne pouvez pas les réunir, donc on était dans une situation de blocage ». C’est désormais chose faite. À la fois les commissions internes et la commission permanente présidée par Veylma Falaeo ont été complétées.
Cette dernière va ainsi pouvoir se pencher sur le fameux règlement intérieur du Congrès, qui a nécessité sept ans d’élaboration, et dont l’examen, prévu en juin, avait été ajourné. La délibération sera examinée en commission le 17 août, puis en commission permanente, où elle sera « adoptée, je l’espère, le 14 septembre ».
Réduction des délais et bilan de présence
Le principal changement : la diminution des délais administratifs. « Les délais de convocation d’une commission ou d’une séance publique sont très longs, ce qui alimente notamment un stock de textes non examinés », explique la cheffe de l’assemblée législative. Il y en aurait aujourd’hui plus d’une centaine en attente.
Certains mettent plusieurs années à être adoptés, d’autres, à l’image de la réforme du Ruamm, ne l’ont toujours pas été. « J’ai raccourci ces délais, de façon à pouvoir être en phase avec la population, qui attend qu’on agisse rapidement et efficacement ». Dorénavant, un texte déposé sur le bureau du Congrès aura trois mois maxima pour passer en commission.
Autre souhait exprimé : ne pas faire d’obstruction parlementaire. « J’ai proposé comme état d’esprit aux élus de ne pas empêcher que les textes soient programmés ». Le règlement intérieur prévoit également d’afficher, chaque trimestre, un bilan des présences et des absences en commission et en séance publique. Par ailleurs, la présidente planche actuellement sur le statut des collaborateurs. « L’idée est d’avoir un statut uniformisé entre les différentes collectivités. Il faut que leur rôle soit bien cadré et clair. »
Mission transpartisane à Paris
L’autre point à l’ordre du jour : la mission transpartisane Congrès-gouvernement prévue du 31 août au 5 septembre à Paris, marquant « l’entente et la proximité entre les deux institutions ». L’ensemble des groupes politiques de l’hémicycle seront représentés. « On a su dépasser les clivages », se félicite Virginie Ruffenach. En prévision, l’exécutif leur exposera donc, le 19 août, lors d’une commission plénière, l’état des finances publiques.
Le rôle de la délégation ? Discuter avec l’État des versements attendus cette année, afin qu’il « honore les engagements pris » - près de 35 milliards de francs sur les 51 milliards prévus par la loi de finances 2026 n’ont pas été versés -, sachant « qu’il nous faudra un peu plus pour terminer l’année », mais aussi obtenir des assurances concernant le projet de loi de finances 2027.
Là aussi, la somme prévue dans le cadre du pacte de refondation - 44 milliards jusqu’en 2030 - ne suffira pas. « Il faut bien cerner nos besoins, faire en sorte que la Nouvelle-Calédonie ne soit pas oubliée, et que Paris soit au rendez-vous d’un accompagnement indispensable. C’est le moment ou jamais que l’État ne nous abandonne pas ».
Un impératif au vu de la situation économique et sociale. « Certes, il y a un frémissement, on le sent, mais si l’État n’accompagne pas pleinement dans ces deux prochaines années, ça risque de s’effondrer, on en a besoin pour que notre économie puisse redémarrer », insiste Virginie Ruffenach.
En échange, Paris demande à la Nouvelle-Calédonie de réaliser des réformes. Il est question du Ruamm, de la retraite, etc. « Ce sont des sujets sur lesquels nous devrons agir, nous savons que nous allons dans le mur si nous ne réformons pas, reconnaît l’élue du Rassemblement. Mais nous avons déjà produit beaucoup de réformes que l’État n’a pas faites en interne, on n’a pas à rougir. »
L’objectif, aujourd’hui : parvenir au consensus. « Rien n’a été convenu à ce stade, on travaille encore dessus, mais j’espère qu’on pourra élaborer des réformes partagées avec les groupes indépendantistes. » La situation financière, économique et sociale devrait être, à n’en pas douter, au cœur de la déclaration de politique générale du nouveau président du gouvernement, Milakulo Tukumuli, qui aura bien lieu, comme annoncée, le 24 août à 14 heures.
Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes

